To a New Eternity

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Nom du groupe Lux In Tenebris (FRA)
Nom de l'album To a New Eternity
Type EP
Date de parution 30 Octobre 2018
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Divine Mankind
Ecouter08:16
2.
 Chaos in Beauty
Ecouter03:25
3.
 Mystic Euphonia
Ecouter04:44
4.
 Temple of the Soul (Interlude I)
Ecouter02:43
5.
 Triangle of Light
Ecouter05:22
6.
 The Imperator's Arrival (Interlude II)
Ecouter01:56
7.
 The Grand Design (ft. Liv Kristine)
Ecouter08:08

Durée totale : 34:34

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Lux In Tenebris (FRA)



Chronique @ ericb4

23 Novembre 2018

Quand un capiteux parfum d'Orient vient enivrer nos sens...

C'est à un paysage de notes enchanteur, tout en nuances et un brin orientalisant, auquel nous convie l'auteure/compositrice et soprano française Marion-Lamita Peubey, créatrice de ce projet né en 2016. Aussi pénètre-t-on au sein d'une œuvre metal mélodico-symphonique dotée de textes philosophiques et teintée de touches opératiques, cinématiques et roots, avec un regard résolument tourné vers l'Egypte. Ce faisant, l'empreinte de quelques cadors du genre plane, dont Nightwish (première période), Epica et Xandria, et ce, même si le message musical insufflé par le combo ne s'y réduise pas exclusivement. Ce dont témoigne précisément « To a New Eternity » ; introductif EP accouché quelques deux années suite à ses premières ébauches. Le temps d'asseoir une logistique difficile à prendre en défaut et de peaufiner chacune des 7 compositions égrainées sur une bande auditive généreuse de ses 35 minutes.

Pour la mise en œuvre de son projet, notamment au niveau des sessions d'enregistrement et en fonction des titres, la belle a sollicité les talents d'Alexandre Boise, aux guitares et à la programmation ; Jean-Philippe Ouamer, à la programmation et aux orchestrations ; Alexandre Warot, aux guitares, à la programmation et aux arrangements ; Matthieu Vermorel, à la programmation, aux orchestrations et aux arrangements. Parallèlement, y apparaissent Tony Erzebeth (grunts et récitatifs) et surtout le guitariste et programmeur Krastyo Jordanov (Metalwings), ce dernier ayant d'ailleurs composé deux des sept pistes de la galette, à savoir :« Chaos in Beauty » et « The Grand Design », titre où l'empreinte vocale de Liv Kristine (Midnattsol, ex-Theatre Of Tragedy, ex-Leaves' Eyes) vient lui donner ses lettres de noblesse.

Dans ses moments les plus offensifs, le collectif n'a nullement tari d'inspiration, nous octroyant quelques instants aptes à éveiller d'authentiques plaisirs. Ainsi, le ''xandrien'' up tempo « Triangle of Light » lâche les chevaux tout en sachant desserrer la bride au moment opportun. Aussi, nous imprègne-t-il de ses refrains immersifs à souhait mis en exergue par les charismatiques volutes de la soprano. Dans cette énergie, non sans rappeler Metalwings, le chevaleresque et tonique mid tempo « Chaos in Beauty » décoche ses riffs corrosifs adossés à une rythmique qui, peu ou prou, s'ensanglante au fur et à mesure de sa progression. Dans ce champ de pression évoluent les fines et néanmoins puissantes modulations de la belle, et ce, corrélativement à une muraille de choeurs samplés du plus bel effet. Quant au vivifiant et ''nightwishien'' « Mystic Euphonia », alternant savamment phases d'accélérations et de ralentissements, il offre d'insoupçonnés et ensorcelants effets de contraste. Mis une nouvelle fois en habits de lumière par les impulsions haut perchées de la frontwoman, et enjolivé par l'éblouissant solo de guitare signé Alexandre Warot, le fringant manifeste happera le chaland d'un battement de cils.

Lorsqu'elle nous plonge dans de longues tirades symphonico-progressives, la maîtresse de cérémonie le fait avec délicatesse, livrant également de sereins enchaînements intra-pistes, et souvent l'envoûtement de nos sens est au bout du chemin. D'une part, la pièce en actes « Divine Mankind » jouit d'arrangements d'excellente facture et d'une saisissante et prégnante gradation du corps orchestral. Au fil des 8 minutes d'une fresque résolument opératique et orientalisante, aux faux airs d'un Epica estampé « The Divine Conspiracy », s'immiscent les grunts caverneux de Tony Erzebeth, ceux-ci venant donner le change aux troublantes envolées lyriques de la sirène. Un sculptural et magnétique face à face, s'il en est. Et ce n'est pas le vibrant solo de guitare signé Alexandre Boise qui nous fera lâcher prise, loin s'en faut. D'autre part, on effeuille un frissonnant méfait à l'aune de « The Grand Design », corpulent et complexe effort mélodico-symphonique où se dessine une véritable osmose entre les chatoyantes patines de la déesse et les cristallines et ondulantes inflexions de Liv Kristine. On ne saurait non plus éluder ni le fringant legato de Krastyo Jordanov à la lead guitare ni l'opportun récitatif de Tony Erzebeth, contribuant ainsi à conférer à cette rayonnante offrande un petit supplément d'âme. Sans nul doute la pépite de la rondelle...

Par ailleurs, sous couvert d'énigmatiques et pénétrants instrumentaux, nos compères nous offrent deux regards alternatifs. Tout d'abord, nos gladiateurs nous font voyager en d'orientalisants espaces dunaires. Ainsi, un vent de sable souffle sur « Temple of the Soul (Interlude I) », l'ondoyant paysage de notes nous projetant dans un vaste et torride désert égyptien. Aussi, tel un mirage, par-delà les percussion tribales, on croirait entendre une suave voix féminine s'élever des entrailles de l'épaisse masse sablonneuse. Plus qu'un interlude, cet instrumental sonne comme une respiration nécessaire, un appel à l'apaisement de nos sens. C'est dans une ambiance plus cinématique mais non moins grandiloquente que s'inscrit le bref et altier « The Imperator's Arrival (Interlude II) ». Un exercice de style parfaitement maîtrisé, témoignant en outre de finitions passées au crible.

On ressort de l'écoute de la galette avec un agréable sentiment de plénitude, nos acolytes ayant lissé leur ingénierie du son tout en livrant une œuvre à la fois épique, énigmatique et enivrante. Soit, un charismatique et envoûtant message musical, aux portées savamment concoctées, susceptibles de retenir le pavillon déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs. De plus, soucieux d'ouvrir le champ des possibles, le combo a veillé à diversifier son offre sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal. En outre, tant les sentes mélodiques esquissées que les phases technicistes investies, sans omettre quelques prises de risques consenties, cristallisent un réel potentiel chez nos valeureux gladiateurs. Bref, un premier et grisant mouvement plaçant d'ores et déjà le collectif français parmi les sérieux espoirs du metal symphonique à chant féminin. Affaire à suivre, donc...

5 Commentaires

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ericb4 - 24 Novembre 2018:

Merci à toi pour ton observation. Heureux également d'avoir pu porter un regard complémentaire à ton analyse sur une oeuvre qui m'a fait forte impression. Si Marion passe par là...

 
David_Bordg - 25 Novembre 2018:

Oui je lui transmets ton message. Merci et à bientôt.

MarionLamita - 27 Novembre 2018:

Je vous remercie ericb4 pour cette jolie chronique ! 

Une belle surprise! Heureuse que cela vous ait plu et c’est encourageant pour la suite! A bientôt

ericb4 - 28 Novembre 2018:

Dans l'espoir d'un album full length pour la prochaine livraison... Bonne continuation à vous.

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