Starquake, c’est le bébé de Mikey Wenzel, fan de ce qui se faisait de mieux dans les années 70 et 80. Ce multi-instrumentiste, aussi chanteur de son état (et surnommé The
Voice), a une liste de projets passés et présents longue comme le bras : ex-Socks, ex-Chikeria, ex-
T-Bone, ex-SixPack, ACCA/DACCA, Boxhead, Timerunner,
Spiritus Mundi. Il s’est quand même entouré de musiciens chevronnés et d’un musicologue afin de mener à bien ce nouvel opus qu’est
Times That Matter. On peut ainsi retrouver aux guitares Alex Kugler (ex-Get Back Band, ex-SixPack, ex-Blues District, ACCA/DACCA), Joe Wagner (ex-Redlight Sheeder, ex-Liquorstore, ex- she said alright, Timerunner) et Michael "Wopsi" Wopshall (
Spiritus Mundi). La batterie est tenue par Jan "Donkey" van Meerendonk (Boxhead, Big Band Dachau), le violon par Corinna Reif et l’orgue Hammond par Andi Pernpeintner (Boxhead).
Aaaahhh, L’orgue Hammond...
Ceci étant dit, et avec toute l’expérience acquise par des années de scènes diverses, le groupe a de quoi impressionner. Rodney Matthews l’a tellement été qu’il s’est proposé pour l’artwork qui, on peut le dire sans problème, surclasse la plupart de ce qui se fait actuellement. Matthews est bien sur connu pour avoir fait des pochettes d’albums pour
Magnum (Chase The
Dragon, The Eleventh Hour, On A Storyteller's
Night, Sleepwalking,
Escape from the
Shadow Garden),
Thin Lizzy, Tygers of Pan
Tang (Crazy Nights),
Diamond Head (Am I
Evil,
Borrowed Time),
Praying Mantis (Time Tells No
Lies,
Predator In
Disguise),
Nazareth (No Mean City), etc. Sa patte est reconnaissable entre mille et ce
Times That Matter ne déroge pas à la règle. Dans les tons rose et violet, on retrouve les bestioles et les mondes futuristes chers à l’auteur.
Tout ceci étant bien alléchant, passons aux choses sérieuses.
D’emblée effectivement, l’orgue Hammond vous saute à la gueule dans une intro bien stylée 70‘s. C’est d’ailleurs l’un, voir même l’instrument prépondérant dans la musique de Starquake. Car, chers amis, l’orgue Hammond est omniscient, omniprésent, omnipotent. Il est partout. Dans les intros comme on l’a déjà dit, mais dans les rythmiques, les ponts, les mélodies, les soli ou en support du reste. Je suis même sur que Matthews en a caché un dans l’artwork.
Pour le reste des instruments, ce sont les années 70 qui semblent là aussi prédominer. Les soli de guitares sont gorgés de feeling et sont étonnement sobres par rapport à l’orgue Hammond qui lui n’a pas l’air de connaitre de limites comme au bon vieux temps des John
Lord,
Ken Hensley ou encore Keith Emerson et Manfred Wieczorke (
Eloy). Le coté plus moderne viendra des rythmiques des guitares et de leur son. C’est d’ailleurs sur la deuxième partie de l’album que le propos se durcira lorsque l’on aura enfin trouvé le bouton
Off sur l’orgue. Sur Here I Go
Again, on fait dans le Heavy qui tache, une sorte de Maiden époque Bayley (et de l’orgue Hammond sur la fin). On se remémorera aussi les plus belles heures de
Kansas avec
Close Encounter et son départ survitaminé ou l’instrumental Goodbye My Friend. On aura une pensée pour Maiden encore une fois et ses twin guitars sur
No More Hate et son refrain à la Wasted Years. The Needle
Lies est peut être le titre le plus déroutant avec un coté limite technoide sur un break et sa voix trafiquée. En gros un ovni dans un album connoté Prog, fallait quand même le faire.
Le coté acoustique n’est pas oublié comme sur l’intro de Rise and
Fall (Pink Floyd), ou l’ensemble du titre éponyme qui en profitera pour servir de ballade à la
Nothing Else Matter sans la partie saturée. Mais c’est à Whatever que reviendra la palme du titre le plus diabétique. Il reste toutefois de bonne facture mais un peu fade comparé au reste de l’album.
La voix de Wenzel n’est pas sans rappeler celle de
Bruce Dickinson tirant souvent dans les aigus. On sent quand même quelques petites difficultés de temps en temps de ce coté mais l’ensemble s’avère plus que satisfaisant. Quelques menus effets viendront aussi s’incruster sur le chant (The Needle
Lies).
Les choeurs proviennent eux aussi de la machine à remonter le temps, qu’ils soient classiques (Rise and
Fall) ou en canon (I'm Goin' Mad).
La voix féminine aigüe qui assure le chant principal sur le départ de I'm Goin' Mad n’est pas mal non plus et contrebalance bien avec celle de Wenzel.
Le groupe n’hésite pas à utiliser des bruitages ou des dialogues afin de théâtraliser encore plus son propos et faire basculer le tout un peu plus vers le Prog (
Scenes from a Revolution). Les morceaux étant assez longs, Starquake a su poser des ambiances particulières à chaque titre avec tous ces ajouts.
Par contre le groupe a eu l’étrange idée de coller son magistral pavé de plus de 21 minutes en plein milieu de l’opus. Et comme souvent cet exercice de style est le résumé parfait de tout ce qui compose l’album (enfin résumé...). C’est le morceau Prog par excellence avec son lot de changement de rythmes, d’accélérations et de ralentissements, d’envolées, de soli, avec aussi un poil de Glam et ses choeurs clownesques à la
Slade (07:00), de l’orgue Hammond, de faux spectateurs live, du Pink Floyd, de l’orgue Hammond, du
Savatage, de la guitare saccadée, du gros Heavy des cavernes limite Thrash (
Megadeth?)...Mais malgré tout l’ensemble passe comme une lettre à la Poste (un jour sans grêve).
On terminera l’album avec un Fairytale relativement classique avec plein de Hammond dedans et une fin lourde et saturée.
Si l’on ne devait ressortir qu’un seul album de ces derniers temps qui reprend l’ensemble des codes des années 70 dans son ensemble et à la perfection, c’est ce
Times That Matter qui sortirait en premier du chapeau. On y retrouve à la fois toute la folie de ces années là mais aussi une maitrise totale de tous les aspects de la musique. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, rien n’est laissé au hasard. Avec un ou deux titres en moins, on était proche de la perfection...
Après quelque chose me chiffonne assez dans la démarche du groupe.
Je me trompe peut-être, mais je trouve que ses derniers temps beaucoup trop de formations reviennent à un son vintage et je crains que cela devienne plutôt une mode plus qu'un style, un peu comme les clones de Led Zeppelin vers la fin des années 80.
En tout cas, un grand merci pour la découverte Hells!
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