Tides

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17/20
Nom du groupe Leverage
Nom de l'album Tides
Type Album
Date de parution 09 Août 2006
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album26

Tracklist

1. Fifteen Years 05:31
2. Superstition 03:49
3. Horizon 04:24
4. Dreamworld 05:38
5. Follow Down the River 04:15
6. Stranger 05:39
7. Sails 03:52
8. Marching for War 05:06
9. Twilight Symphony 04:25
10. Gone 04:50
Total playing time 47:29

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Leverage


Chronique @ edenswordrummer

07 Août 2014

Si Leverage n'est pas forcément un groupe à suivre, son petit havre musical en comblera plus d'un.



A l'écoute d'un groupe comme le discret Leverage, il est légitime de bouder son plaisir à l'écoute d'une musique si innocente, sage et modeste. Comment accorder de l'interêt à une formation qui laisse les choses où elles sont et baigne dans une redondance perpétuelle ? Mais, en faisant fi de ces arguments si chers aux chroniqueurs, il est impossible de ne pas être touché par tant de sensibilité. Leverage fait partie de ces discrètes formations qui composent le cruel genre power-symphonique. La majorité des groupes de seconde zone du genre peinent à sortir leur tête de cet océan de similitudes, et même si leur volonté est perceptible, le résultat est souvent décevant. Là où Leverage se démarque, c'est qu'il compose ses titres avec légèreté, tant au niveau structurel qu'instrumental. Ainsi, le résultat est une musique dénuée d'originalité et d'ambition, mais qui oeuvre dans un registre lyrique, doublé d'une innocence de composition touchante. On se retrouve alors avec un metal symphonique plutôt frais qui livre sans prétention ses mélodies personnelles. Sans présenter une densité instrumentale, ni des capacités techniques élevées où des passages vraiment mémorables, Leverage tient en haleine par sa polyvalence, son imagination et sa capacité à ne pas se laisser influencer excessivement par les géants du genre, excès qui ont menés bien de petites formations sur la voie de la damnation.

C'est ainsi que le groupe en est actuellement rendu à son troisième album, restant dans la même veine que Tides, son premier essai ici chroniqué. A quoi faut-il s'attendre ? Un plagia des plus grands du genre ? Une ligne de double grosse-caisse ininterrompue qui laisse parfois la place à de pompeux et usés refrains ? Non car chez Leverage, aucune volonté de coller aux géants du symphonique, juste l'envie de se lancer dans la musique, et de jouer pour satisfaire l'indispensable besoin d'expression artistique. Ce que l'on retiendra de cet album sera un moment de pur plaisir, impliquant de bons musiciens et de bonnes compositions. Ce sera un moment tout simplement beau, ponctué de bonnes idées comme ces moments privilégiés où nous contemplons un paysage, une mélodie personnelle en tête. Ce sera un monde accueillant, qui ouvre ses portes à qui se sent la curiosité de l'explorer, entièrement spécifique, sans étiquette: De l'art, juste de l'art.

“Fifteen Years” ouvre l'album par des lignes de pianos sincères et nostalgiques, avant d'enchaîner sur un riff gras accompagné de quelques samples, rendant le tout très expressif tout en gardant à l'esprit une certaine légèreté. Le chant se montre de qualité, sans présenter de timbre particulier. Il reste toujours juste et retranscrit les sentiments avec brio. Ainsi, le refrain est une véritable claque, expressif, mélancolique et dépaysant. Pour la structure, on reprochera un certain conformisme volontaire, Leverage prenant finalement le schéma conventionnel comme support pour y exprimer innocemment (et sans prise de tête) son art. Quoi qu'il en soit, le solo ne fait preuve d'aucune prétention, il est juste là car le musicien a quelque chose à dire. Chaque titre laisse la place à qui veut s'exprimer, d'où la force et la faiblesse de cette petite formation.

Certes, on pourra reprocher à l'album une certaine linéarité (“Twilight Sympony” ), mais Leverage n'en a cure. N'accordant aucune importance aux ingrédients d'un album novateur, il parle sans hurler, et nous auditeurs pourtant vite lassés de l'absence d'expérimentations, buvons toutes ses paroles. Il suffit d'écouter “Stranger”, un bon titre qui ne décolle pourtant que rarement. Mais on ne peut qu'approuver la direction prise par ce groupe qui ne tombe pas dans les pièges de l'ambition. Le titre est donc un concentré de sincérité qui laissera l'auditeur froid comme il pourra le subjuguer. Et que dire en écoutant “Gone”, à la mélodie d'une beauté rarement atteinte.

Tout en restant dans sa touchante volonté d'expression pure, la formation nous comblera de superbes riffs, de parties instrumentales addictives et vraiment bien ficelées, et de refrains inoubliables. “Dreamworld” se démarque par sa superbe cohésion entre les guitares et l'orgue, et par un riff que l'on pourrait qualifier avec modestie de superbement bien foutu, la guitare accentuant la mélodie pour la rendre percutante malgré la linéarité et la légèreté instrumentale. Le refrain donne vraiment la pèche, tout comme celui de “Follow Down That River” qui s'accompagne en plus d'un riff génial.

D'autres fois, la formation explore les périlleux sentiers du symphonique épique par “Marching to War”, avec grand succès ! Le riff guerrier aguiche d'emblée, et le titre ne tombe pas une seconde dans la surenchère. Il conserve une certaine légèreté, une fluidité qui découlent simplement d'une inspiration immédiate. Ce morceau enchaîne pourtant les moments de bravoure instrumentale, qui, sans nous éblouir par leurs techniques, parviennent quand même à se montrer imaginatifs et percutants.

Par Tides, Leverage met les points sur les I, il n'est là que parce que son inspiration l'y a guidé. Il nous propose de partager son monde, que les plus critiques pourraient qualifier de “convenu” ou “conventionnel”, ce qui est en partie le cas. Pourtant, devant un tel concentré d'émotions, on ne pourra que se laisser guider. Si Leverage ne trônera sans doute jamais aux côtés des maîtres du genre, il sera toujours là avec ses titres simples et accrocheurs. Le fait est là: Leverage possède un talent certain qui comblera de bonheur les auditeurs en quête d'un endroit où couler trois quart d'heure de quiétude.

7 Commentaires

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ericb4 - 07 Août 2014: Bonne chronique! Je ne connaissais pas cet album et visiblement il s'avère agréable, mélodieux et bien inspiré, à défaut d'être transcendant. Un beau 15/20 et une analyse bien menée qui me donnent envie d'aller l'écouter. Merci!
edenswordrummer - 07 Août 2014: Merci à toi eric :)
LeLoupArctique - 08 Août 2014: La manière dont tu présentes cet album est pour le moins originale, ça attise ma curiosité. Merci pour la chro.
edenswordrummer - 08 Août 2014: Oui c'est une formation asser étrange...ingrédients très simples, mais une innocence qui fait plaisir à entendre. Ca passe ou ça casse :)
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