Thirst of Oblivion

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14/20
Nom du groupe Fausttophel
Nom de l'album Thirst of Oblivion
Type Album
Date de parution 31 Octobre 2013
Style MusicalBlack Mélodique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Feather - Hanjar
2. Looking for Lights
3. Spell
4. Part of You
5. Thoughts (Kollaps Cover)
6. Thirst of Oblivion

Chronique @ Eternalis

25 Novembre 2013

De nouveaux vampires transylvaniens ont soif de sang ...

Un courant d’air glacial parcours mon échine. L’obscurité est presque complète, à peine brisée par les apparitions furtives et maigrelettes de feu follets aux reflets argentés offrant une dimension surnaturelle à la scène. Devant moi, se dresse, je le sais, les hautes tours de l’un de ces anciens châteaux de Transylvanie, abrités par les nombreuses légendes liées au lieu et à la période historique.
L’atmosphère est lourde et suffocante, je sens comme des regards posés sur moi, pendant qu’à l’inverse, je suis toujours perdu dans les méandres d’une noirceur totale. Cependant, j’entends quelques crépitements lointains, et les bruits caractéristiques d’une plume grattant avidement un papier parcheminé. Je m’approche de l’architecture, je vois la lumière faiblarde de quelques chandelles…puis entends des voix. Une langue slave, que je ne comprends pas, s’élève. A qui parle-t-elle ? A qui est-ce destiné ?
Un coup sourd résonne, ma boite crânienne explose…

"Looking for Lights" retentit. Les réminiscences inévitables de Dimmu Borgir ou Carach Angren sont évidentes, voir même Arcturus avant qu’il ne devienne aussi théatral que spatial sur "Sideshow Symphonies". Fausttophel est la créature de deux hommes, deux vampires ukrainiens souhaitaient faire revivre les légendes anciennes et vampiriques que chéries tant Cradle of Filth. Adams et Mau sont deux multi-instrumentistes, le premier se chargeant de toutes les cordes, la batterie ainsi que le chant black tandis que le second tisse les atmosphères à l’aide de ses claviers ainsi qu’un chant définitivement plus death et hargneux, moins cérémonial et obscur que celui de son compère. Étonnamment, l’expérience est de mise puisque cette entité existe depuis près de quatorze ans, bien que "Thirst of Oblivion" n’en soit que la première offrande, les décès des uns et des autres ayant visiblement ralenti le processus de procréation de la bête. Initialement plus mélodique, Fausttophel a agrémenté son spectre sonore d’influences doom plus marquées afin d’alourdir les compositions et de conférer à l’ensemble une dimension plus tragique. De même, on ne pourra qu’être agréablement surpris par la véritable qualité sonore de "Thirst of Oblivion", propre et puissant, comme le prouve aisément l’introduction tout en nuance de "Spell", passant d’un lead mélodique à un blast beat effréné intensifiant la composition très rapidement. Le chant black, extrêmement bien exécuté, évoque bien entendu la jeunesse de Shagrath mais également les contours plus sales d’Abused Majesty. Les claviers, très présents et audibles, souffrent sensiblement d’un manque équivoque de moyen mais nous ne pourrons à aucun moment reprocher la fluidité de leurs apparitions et la volonté d’atmosphérique qui s’en dégage. Les riffs apportent la mélodie au groupe, ils sont la lumière de l’album et résonnent comme les éclaircies à travers l’extrémisme de la musique.

Relativement court (à peine quarante minutes pour quatre compositions, une introduction et une reprise), "Thirst of Oblivion" gratifie tout de même l’auditeur d’un morceau éponyme de douze minutes faisant éclater des influences et des ambitions bien différentes. Tout d’abord, l’apparition de claviers clairement progressifs, d’une baisse non négligeable de tempo et surtout d’une multitude de lignes vocales conférant une richesse insoupçonnée lorsque l’on découvre un artwork aussi cheap et un livret clairement inutile et minuscule. Fausttophel développe une ambiance fascinante sur ce dernier titre, laissant parfois exploser les éruptions maladives d’un black metal vindicatif tout en revenant ensuite dans les contrées presque expérimentales d’une musique progressive relativement inédite. Un chant clair malade et torturé à la Devilish Impressions fait même furtivement son apparition, ainsi qu’une intervention féminine, comme autant de pistes d’avenir pour un futur essai que l’on espèrera plus long, mature et distribué à travers le vieux continent.

Le duo ukrainien attise clairement une certaine curiosité de la part des adorateurs de black metal mélodique ou symphonique. Possédant une grande expérience de la scène à travers d’autres projets et un vécu lourd, Fausttophel se distingue aisément d’un groupe affichant une moyenne d’âge adolescente. Le groupe est déjà adulte et haineux, mature et prêt à dissiper son malaise sur le monde. Si "Thirst of Oblivion" passera surement trop inaperçu pour une telle ambition, gageons qu’il en sera différent pour un futur opus. De nouveaux vampires transylvaniens ont soif de sang…

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