Le parcours des Italiens de
Dragonhammer est somme toute assez classique. Débutant une carrière en 1999 sous la forme d'un trio, avec Max Aguzzi au chant et à la guitare, Gae Amodio à la basse et
Marino Deyana à la batterie, il s'affirme comme un groupe lambda défendant un mélange de Heavy
Metal et de
Power Metal épique aux accointances transalpines évidentes. Dans une certaine parenté lointaine avec à la fois
Rhapsody et
Stratovarius, la formation affine son art au fil du temps. Le parant de quelques atours supplémentaires légèrement plus Progressifs, et trouvant un équilibre plus juste entre ces deux aspirations principales, ils nous offrent un deuxième album intéressant (Time to Expiation (2004)). Ou du moins bien plus que ce premier pas très modeste que fut
The Blood of the Dragon sortis en 2001.
Avec ce troisième effort baptisé
The X Experiment et paru en cette année 2013, malheureusement, l'affaire s'annonce bien plus délicate et les promesses entrevues autrefois semblent s'éloigner tant ce disque n'est pas vraiment à la hauteur de nos attentes légitimes.
Mais qu'a-t-il de si condamnable? Un propos très proche de ce que fit, et fait,
Labyrinth dans ces heures les plus sombres. Moyennement inspiré, et à l'instar du dernier
Vision Divine, ces 9 titres seront, certes, parfaitement maîtrisés, soignés et nous offriront la prestation d'un groupe appliqué mais le tout manquera cruellement de surprise, d'âme, de vie et, in fine, d'intérêt. Tout ici, en effet, se complaît dans une banalité sans relief monotone et superbement attendu.
Pire encore, après deux premières pistes confondantes de classicisme (
The End of the World dont Rob
Tyrant (Roberto Tiranti) et ses comparses pourraient sans problème revendiquer la paternité et Seek in the Ice), le quartette romain semble même avoir déjà fait montre de ses limites créatives. Un constat amer que rien, ou si peu, ne viendra bouleverser.
D'aucuns pourraient d'ailleurs, à juste titre, considérer ma critique comme exagérée arguant qu'une oeuvre, aussi modeste fut elle, aura toujours quelques moments encourageants à nous proposer. Évidemment. Ils sont cependant ici tellement rares et infimes qu'il nous faudra faire preuve d'une vigilance à toute épreuve pour ne pas les manquer. Nous tirant quelques peu de ce profond ennui dans lequel nous plonge l'ensemble de ces morceaux convenus, citons donc
Escape dont certains passages parviennent à nous procurer une échappatoire nous écartant, un peu, de la tragédie qui se joue là.
Toutefois, invariablement, l'inventivité la plus ordinaire de ces musiciens reprends son bon droit et nous pousse à nouveau dans les affres de cette expression effroyablement conventionnelle au chant épouvantablement ordinaire et aux claviers extrêmement communs. Rien n'y fait en somme,
The X Experiment, troisième album des Ultramontains de
Dragonhammer est une épreuve terriblement accablante dont seuls les plus acharnés irréductibles pourraient se satisfaire.
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