Revival Thrash, revival Old-school Death
Metal, revival Heavy
Metal. A croire que nos jeunes metalheads sont nostalgiques d’une époque « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » et cherchent refuge dans ce qu’ils estiment être les valeurs essentielles et les fondamentaux de ces styles musicaux chers à nos cœurs.
In Solitude se forme donc en 2002 avec la ferme intention de suivre strictement le chemin balisé par
Mercyful Fate et son dyptique «
Melissa / Don’t Break the
Oath » en proposant un heavy metal sombre, torturé et vaguement occulte à la manière des
Portrait, Ram,
Sinister Realm et
Attic.
Faisant suite à l’éponyme supporté par
Pure Steel Record et fort d’une signature sur le réputé label
Metal Blade, c’est en 2011 que nos jeunes passéistes délivrent leur seconde véritable offrande au Tentateur , produite par Fred Etsby et constituée de huit odes aux forces obscures comme autant d’invocations et rituels occultes.
Dès les premières mesures du titre éponyme « The World, The
Flesh… » on perçoit aisément l’hommage rendu à
Mercyful Fate et l’influence prégnante de la paire Shermann/Denner sur les guitares de la formation d’Uppsala : chorus de guitares archi mélodiques et riffing précis sur des rythmiques vraiment proches d’un M.F de la grande période. On évite le rip-off mais la marge de manœuvre est vraiment réduite entre l’hommage pieux et l’imitation trop manifeste comme l’attestent les titres « We Were
Never Here », le plus rapide du disque, et le somptueux « To Her
Darkness », véritable chef d’œuvre de l’album, aux rythmiques obsédantes se logeant inextricablement dans l’esprit de l’auditeur des jours durant, et pouvant aisément être signé du
King et ses acolytes des débuts.
In Solitude sait créer l’ambiance et susciter les atmosphères avec brio en partie grâce au travail solide du frontman, Pelle Ahman dont le chant évocateur use d’un registre similaire au
King sans toutefois se risquer au « falsetto », exercice périlleux s’il en est un. Il délivre une prestation convaincante sur l’ensemble du disque à l’image du sublime « To Her
Darkness » mais semble parfois bien seul sur les titres « Dance of the
Adversary » et « On
Burning Paths » titre-fleuve avec ses 13 minutes 44 secondes qui, en dépit d’une science du riff évidente, montre par endroits les limites du combo. Reproche imputable à une basse globalement peu présente, une batterie peu inspirée et un Pelle aux placements vocaux trop prévisibles.
Prévisible…
Voilà! nous avons mis le doigt sur le point noir de ce disque. Obsédés par l’hommage au maître nos apprentis suédois se cantonnent quasi-perpétuellement au cahier des charges imposé et effectuent le « job » de manière appliquée mais tellement scolaire que cela en devient vite lassant et, malgré des qualités indéniables, des titres comme « Demons » ou « Dance of the
Adversary » - au riffing plus que correct et aux arpèges finaux hypnotiques - ne marqueront pas l’auditeur d’une empreinte indélébile. Dommage…le potentiel est pourtant bien présent.
Là ou Ram et
Portrait développent des personnalités affirmées malgré des influences évidentes,
In Solitude s’empêtre dans ses propres gimmicks et ne paraît pas capable de se défaire des limites qu’il semble s’être imposé. Quitte à consommer du revival autant se rabattre sur les deux formations précitées et s’écouter de temps à autre cet album inégal ni foncièrement bon ou mauvais.
Si l'occasion se présente, why not?
Merci Mike.
bon..après de multiples écoutes...je révise mon jugement. Cet effectivement un très bon album mais un poil en deça du premier et du magnifique "Sister".
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