Voyant le jour en 1989, notamment mis sur pieds par des ex
Sempiternal Deathreign,
Eternal Solstice accroche en route le wagon Death
Metal batave des
Pestilence,
Thanatos ou
Asphyx, proposant tout d’abord un split avec les death / doomsters de Mourning. Leur premier album
The Wish Is Father to the Thought (
1994) parait sur le tard sur leur propre structure, dans une période de vaches maigres pour le Death
Metal. Le soutien de Displeased Records qui réédite le disque sur leur éphémère subdivision
Poseidon Records, va toutefois leur permettre une exposition plus large.
God In the
Flesh et son Death teinté de reflets thrashy trahissent d’entrée les racines anciennes d’un combo formé à la fin des 80’s. Dragged
Down to
Sempiternal Deathreign et ses guitares Death / Thrash façon
Messiah (époque Choir of Horrors) ne laisse également aucun doute à ce sujet, des passages se révèlent même crusty sur ce morceau (rien à voir avec le fameux clown cependant). La reprise Outbreak of
Evil de Sodom qui clôt cette rondelle démontre mon argumentation…
Benediction /
Bolt Thrower /
Deicide /
Obituary sont aussi des groupes qui viennent à l’esprit à l’écoute de ce TWIFTTT, d’ailleurs le riff à 0 : 34 est presque le copier / coller du morceau
Rotting Ways des frères Tardy. A première vue rien de bien révolutionnaire, à deuxième vue non plus d’ailleurs, mais le Death
Metal de
Eternal Solstice ne se veut pas innovant, il perpétue simplement la tradition avec honneur.
Principalement cantonné dans le mid tempo, le riffing de Philip Nugteren mise beaucoup sur l’efficacité et la puissance, d’ailleurs la production simultanément épaisse et précise de Hans Pieters (qui n’est pas sans rappeler celle du Franky’s Recording Kitchen où a enregistré notamment leurs compatriotes de chez
Altar) est un atout pour la musique de E. S. Le combo hollandais ne dénigre pourtant pas quelques accélérations salvatrices, comme sur
Sleep of Death ou les plans lents et lourds succèdent aux tempos épidermiques.
Le chant hargneux de Ramon Soeterbroek est à mi chemin entre
Barney et Edwin Kelder (
Altar), accompagnant parfaitement les morceaux, même si son timbre n’est pas aussi caractéristique que celui de ses légendaires voisins Patrick Mameli et Martin van Drunen.
Malgré un certain conformisme, des titres comme Chamber of
Morpheus, Dragged
Down to
Sempiternal Deathreign ou l’excellente instrumentale
Demonic Fertilizer entraînent l’auditeur dans un headbanging incontrôlé, gage indéniable de qualité.
Arrivé dans le monde du Death
Metal trop tard pour prendre une part de marché importante,
Eternal Solstice sait pourtant écrire d’excellents morceaux, mais débarque à une époque où le style se ringardisait, et où l’on commençait à qualifier péjorativement de « old school » les groupes qui « n’évoluaient pas ».
Faisant figure d’excellent second couteau et sonnant parfois comme du
Benediction énervé, ce disque intéressera sans nul doute les aficionados de l’époque,
Dark Descent l’a bien compris et a repressé The
Wish if Father to the Thought en
2012 dans une version vinyle, qui reste la seule réédition contemporaine à ce jour. Donc si vous ne possédez pas la version CD comme votre serviteur, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
BG
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