Akin est un groupe Lyonnais s'orientant vers un Rock/
Metal entre l'atmosphérique et le progressif. Il fut les beaux jours de la catégorie « espoirs » de la scène française. On se souvient notamment de leur premier album : «
Verse », dont la sortie en novembre 2001 fût accueillie par de très belles critiques élogieuses. On se souvient également de cet EP encourageant sorti deux ans plus tard. On se souvient également des premières parties de groupes plutôt prestigieux qu'ils ont effectuées (dont
Within Temptation pour ne citer qu'eux).
Akin était alors ce qu'on appelait la relève du
Metal à chanteuse en France. Et puis le groupe a tout bonnement disparu. Certains se sont dits que le groupe s'était brûlé les ailes, d'autres ont simplement pensé qu'
Akin ne désirait pas de ce succès vers lequel ils semblaient inéluctablement se diriger. Toujours est-il que les rumeurs les plus folles ont circulé en 2009, annonçant un retour du groupe en studio. Rumeur très vite confirmée par le groupe lui-même. Huit ans plus tard, voilà donc le tardif successeur de «
Verse », j'ai nommé «
The Way Things End ».
Auréolé d'une très belle pochette, semblant représenter l'explosion d'une forme plutôt indécise, ce titre et surtout cette image semblent pourtant présager ce qui ressemble à une sorte d'adieu... Pour cet album, le groupe a vu les choses en grand et les sept membres de la formation se sont fait accompagner par plusieurs membres du conservatoire de Lyon pour les parties à cordes. Une présence totalement bienvenue.
«
The Way Things End » reprend les choses où elles se sont arrêtées huit ans plus tôt. Ainsi « The 92nd Flight » et « Cassandra », deux titres déjà présentés sur l'EP «
Forecast » ouvriront le bal, mais dans des versions bien sûr remasterisées, le groupe ne se contentant pas de faire un vulgaire copié-collé de leurs œuvres passées. Le premier est une remarquable entrée en matière, ou l'instrumentalisation se mouvant dans un matelas confortable, emmené par la voix angélique et sensiblement sincère d'Adeline Gurtner, qui distille une atmosphère de douceur et de mélancolie. Le second quant à lui, laisse la part belle aux mélodies des instruments classiques et d'une guitare sèche des plus planantes jusqu'à ce très beau solo de quasi-conclusion.
La force principale de «
The Way Things End » est de nous proposer quinze titres pour une heure de musique que l'on ne voit pas passer tant ces compositions se veulent très différentes. Entre mélodies Rock, riffs plus agressifs, facettes volontairement complexes et progressives des morceaux, dé
Versements classiques voire folk (notamment sur le surprenant « Enter Spaceman ») ou jazz («
Coma » et son bruitage d'électrocardiogramme plat concluant une chanson où la basse fait un travail merveilleux, accompagnée de cette guitare s'imbriquant de par de très courts riffs très rapide ou plus longs mais plus aigus, ou même de cette batterie semblable à un cœur qui bat de plus en plus vite avant de s'éteindre), voir quelques relents pop-électro (« No Second Ride » et son rythme extrêmement entraînant accompagné d'une voix électrisée avant de laisser place à la lenteur de ce solo et de la beauté du classique), ainsi que douceur à la guitare sèche, le tout mélangé à une technique variée et irréprochable et à un chant des plus envoûtants, vous risquez de vous surprendre plus d'une fois à remettre cet album en boucle.
Une certaine mélancolie saute directement aux oreilles sur des titres volontairement sobres comme « Falling Deeper » où la voix d'Adeline s'accorde sans problèmes à une tristesse uniquement servie par le classique alors que les instruments dits rock restent finalement très en retrait tout le reste de la chanson pour surtout laisser place à une tristesse palpable. Certaines voix masculines prennent également place, notamment sur « Miller's
End » où un mystérieux parleur à la voix lente et grave, pesante autant que délicate, accompagne une ligne discrète d'instrumentalisation minimaliste. Quand enfin la musique prend le pas sur les textes, c'est pour laisser place à des sonorités extrêmement pesantes et menaçantes, comme un danger que l'on ne peut voir mais qui nous surveille sans jamais agir. Et puis cette tristesse glacée laissera ensuite place à une chaleur accompagnant des rythmes semblant venir tout droit du Moyen-Orient.
Cet album n'est clairement pas du
Metal à proprement parler, mais les riffs plutôt secs et agressifs de «
Resilience » permettent de secouer un peu l'auditeur, tout en approfondissant volontairement le côté mélodico-dramatique de l'œuvre.
Des guitares techniques offrant une bonne dose de solo sans être grandiloquentes, une basse lourde apportant son lot de profondeur aux morceaux, une batterie présente et suffisamment variée pour plaire à n'importe quel type d'auditeurs, voilà ce qu'on demande d'un bon groupe de Rock. Mais si le tout est accompagné d'une flûte envoûtante (qui a dit qu'apprendre la flûte au collège était inutile ?), d'un violon profondément émotionnel, ainsi qu'en « guest » d'un djembé et sans doute d'un tas d'autres instruments que mon oreille n'a pas encore retenus, nous avons un groupe désireux de nous transporter en une terre inconnue faite de joie de vivre et de tristesse palpable mélangés...
Mais le tout est surtout magnifié par Adeline Gurtner qui soulève à elle seule de sa voix angélique (oui je l'ai déjà dit) cet album déjà splendide. La demoiselle ne force jamais sa voix, n'étant donc jamais dans le « too much » que certaines chanteuses utilisent un peu trop parce que « ça l'fait quoi » (hem). Toujours juste et sincère, il suffit d'écouter sa performance sur «
Resilience » pour être fixé.
Le plan d’
Akin est parfaitement louable. Ils n’ont aucun désir de proposer des arrangements à trois francs six sous pour servir un grandiloquent
Metal Symphonique, le groupe veut seulement proposer le meilleur du rock et le meilleur du classique pour jouer la musique qu’il aime sans aucun désir commercial ou autre. Non, pas du tout. Huit ans, le temps d’acquérir une maturité peut être nécessaire et de nous servir un album tout simplement splendide.
Pas parfait, certes, la multitude de compositions et leurs grosses différences rebuteront ceux qui préfèrent les compos direct de trois minutes chrono. De plus, une belle maîtrise est présente, certes, mais de très légères hésitations semblent ressortir de certaines pistes. Toutefois, rien ne viendra gêner une écoute plus que correcte de cet album comme on en fait de plus en plus rarement dans le monde du Rock/
Metal.
Akin a dorénavant toutes les cartes en mains pour nous servir un troisième album proche de la perfection. En espérant seulement ne pas devoir attendre huit ans pour y avoir droit.
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