The Spooky Gloom

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15/20
Nom du groupe Sempiternal Deathreign
Nom de l'album The Spooky Gloom
Type Album
Date de parution 1989
Style MusicalDoom Death
Membres possèdant cet album23

Tracklist

1.
 Creep-O-Rama
 08:47
2.
 Resurrection Cemetery
 02:16
3.
 Devestating Empire Towards Humanity
 10:53
4.
 Dying Day
 05:23
5.
 Unperceptive Life
 01:55
6.
 The Spooky Gloom
 06:02

Durée totale : 35:16

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Sempiternal Deathreign


Chronique @ ShubNiggurath

28 Septembre 2016

Une relique oubliée... mais ô combien importante!

1986, trois gamins originaires de Gouda (Hollande) décident de se réunir pour partager leur passion débordante pour le Thrash Metal. Frank Faase opte pour la guitare et assure également le chant, Misha Hak prend place derrière les fûts et enfin la basse est tenue par Victor Van Drie. La sortie en 1987 de « Scream Bloody Gore » de Death va avoir un fort impact sur le récent trio. L’influence de ce disque est tellement importante que le groupe décide de prendre la même direction musicale, en faisant évoluer leur style avec des compos beaucoup plus lourdes et sombres. L’année suivante Sempiternal Deathreign accouche de « Creepshow », sa première véritable démo. Cette dernière reçoit un accueil très favorable dans l’underground grâce à l’échange de cassettes (tape trading) et profite en parallèle d’un bon soutien de la part des fanzines.

Fort de cet intérêt, le jeune combo décroche rapidement un contrat avec le petit label Foundation 2000 et rentre en studio. Remo van Arnhem de Thanatos assure des parties de batterie en tant qu’invité spécial pour ce premier album. C’est Willem Steentjes qui se retrouve aux manettes pour capter le son de Sempiternal Deathreign. Totalement novice dans le style (avec le seul EP « Coup de Métal » d’H-Bomb d’inscrit sur le CV) et handicapé par des moyens dérisoires, Steentjes a bien du mal à comprendre et à restituer toutes les subtilités de la musique des Hollandais. Pour ne rien arranger, Franck tombe malade et rencontre des soucis avec sa gorge. Il est contraint de faire une pause de plusieurs jours avant de reprendre l’enregistrement des vocaux. L’ingénieur du son arrive finalement à sauver les meubles et fournit un travail plus que correct au vu de ces conditions compliquées. Une superbe illustration de Gustave Doré est retenue pour servir de pochette, l’œuvre est un peu rognée pour s’adapter au format du CD. « The Spooky Gloom » est distribué en 1989, cette sortie devance ainsi nombre de groupes des Pays-Bas encore au stade des démos. Et sans en avoir conscience à l’époque, Sempiternal Deathreign vient d’enfanter d’une nouvelle sensibilité pour la musique extrême, en posant les fondations de ce qui va devenir le Death Doom. « The Spooky Gloom » rayonne sur la scène locale et s’imprime profondément dans les esprits des compositeurs. Delirium, Mystic Charm, Spina Bifida, Mourning et beaucoup d’autres formations vont poursuivre dans la voie tracée par Sempiternal Deathreign. Martin Van Drunen va reconnaître également l’influence de « The Spooky Gloom » sur son groupe post-Pestilence, le puissant Asphyx ! Malheureusement, l’alchimie entre Franck, Misha et Victor n’existe plus depuis la sortie du studio. Le jeune combo ne parvient pas à aller de l’avant malgré quelques concerts et « The Spooky Gloom » reste dans la sphère de l’underground. La séparation est inévitable, Misha et Victor se dirigent dés lors vers un nouveau projet, Eternal Solstice

« The Spooky Gloom » n’est composé que de six titres. Si Resurrection Cemetary & Unperceptive Life sont plus dans la mouvance Death Metal et n’offrent rien d’audacieux, les titres restants s’avèrent être de véritables pièces de Death Doom, apportant leur lot de surprises et bénéficiant d’un caractère novateur et unique pour l’époque. L’album s’ouvre sur les notes épiques de l’ambitieux Creep-O-Rama. La production est assez crue et rêche, mais au lieu d’apparaître comme un véritable défaut, on perçoit comme un parfum d’innocence et de spontanéité. Les vocalises de Frank semblent arrachées dans la douleur et prennent l’aspect d’une véritable complainte sur les parties les plus lentes. Arrive la surprenante seconde moitié du morceau, avec ce coup de frein brutal, plombant l’atmosphère d’un coup et écrasant le rythme jusqu'à en devenir suffocant. Une mélodie lugubre s’élève, renforçant cette sensation de malaise, la musique devient dérangeante et oppressante. Nos Hollandais réutilisent les mêmes ingrédients sur les très lourds et massifs Devestating Empire Towards Humanity, Dying Day et l’éponyme The Spooky Gloom. L’alternance de passages pesants et d’accélérations déroutantes transforment ces morceaux en de véritables labyrinthes, résolument dépourvus de structure classique. Sempiternal Deathreign s’amuse de façon sournoise à perdre l’auditeur au travers des dédales de sa musique atypique. Totalement désorienté, on se laisse envahir par ce climat sépulcral et épais. Un insidieux mal-être s’imprègne pendant que s’écoulent les 35 minutes que dure l’album. La touche finale laisse un goût âpre et une sensation de profonde souffrance…

Outre le caractère historique du disque, l’intérêt se situe principalement dans le développement de ces ambiances sinistres et funestes. Comparativement, la musique de Sempiternal Deathreign peut sembler très rustique par rapport à celle de ses compatriotes de Pestilence avec « Consuming Impulse » sorti la même année par exemple… Première pierre édificatrice d’un sous genre, « The Spooky Gloom » demeure très attachant, ses tâtonnements et ses expérimentations définissent les contours d’un Death Doom encore en état de gestation en 1989. Cet état de fait confère le statut de groupe culte à Sempiternal Deathreign, son album est incontournable pour les personnes désireuses de cibler les disques importants et innovants, œuvres qui ont donné le caractère si riche et varié au Death Metal au sens large du terme.

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Chacal - 28 Septembre 2016: Belle chro sacrément documentée, très intéressante à lire, même si, je ne sais pas pourquoi, je ne vais pas pousser jusqu'à l'écoute, j'ai peur d'aimer (non je déconne :))
Merci l'ami !
ShubNiggurath - 28 Septembre 2016: Ha ha ha! Merci David! Tu peux tenter une petite écoute quand même... il n'y a pas de gros blasts assommants chez nos Hollandais, le seul risque c'est d'y laisser ta santé mentale! :-D
samolice - 07 Octobre 2016: Merci Dom', chro très instructive. Puisque groupe bien évidemment inconnu me concernant.
A la lecture du début de la première phrase ("1986, trois gamins originaires de Gouda") j'ai commencé à me marrer. C'est con comme parfois un simple mot peut nous faire réagir bizarrement. Mais j'ai su reprendre mon sérieux rapidement, l'honneur est sauf.
ShubNiggurath - 07 Octobre 2016: Ha ha ha! Merci Sam!
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Chronique @ Fabien

08 Fevrier 2011

Deathdoom Godfather.

En regardant bien, le nombre de formations deathmetal ayant sorti un album dès la fin des années 80 reste relativement restreint, et particulièrement sur le territoire européen. A ce titre, la hollande peut se vanter d’être entrée dans l’histoire grâce au terrible Consuming Impuse de Pestilence sorti en fin d’année 1989, alors que de nombreux groupes n’en étaient qu’à leurs balbutiements ou premières démos. Devançant Thanatos, Delirium & Asphyx, Sempiternal Deathreign répond également présent cette année avec son premier album The Spooky Gloom paru dans les mêmes temps que le disque de la bande de Patrick Mameli, mais souvent injustement oublié dans l’aventure.

Sempiternal Deathreign se forme autour de Frank Faase et Victor van Drie dès l’année 1987, puis compte rapidement dans ses rangs le batteur Rémo van Arnhem, officiant également au sein de la formation voisine Thanatos de Stephan Gébédi. Une rehearsal et une démo plus tard, le groupe signe avec le tout jeune label hollandais Foundation 2000 qui produit alors sa première réalisation, quelques années avant de lancer les groupes nationaux Gorefest et Mourning. Le trio s’embarque ainsi en juin 1989 aux Stonesound Studios pour les sessions de The Spooky Gloom, tandis qu’au même moment Pestilence rejoint le fameux Harris Johns au Music Lab de Berlin pour la capture de Consuming Impulse.

Muni d’une superbe illustration de Gustave Doré, The Spooky Gloom bénéficie toutefois d’une production et d'une promotion limitées faute aux faibles moyens de son label, à l’inverse de l’album de Pestilence idéalement enregistré par l’un des ingénieurs du son les plus redoutables du moment et distribué par la puissante écurie Roadrunner, qui vient tout juste de sortir cette même année les invincibles Slowly We Rot et Beneath the Remains d’Obituary et Sepultura.

The Spooky Gloom est articulé autour de six morceaux majoritairement longs, à l’exception de Resurrection Cemetary et Unperceptive Life avoisinant quant à eux les deux minutes. Ces deux titres expéditifs représentent d’ailleurs la facette la plus brutale de l'album, bâtis sur des rythmes tantôt entrainants ou tapageurs, des guitares incisives, sans compter le chant guttural de Frank Fasse profond et rageur.

Si le morceau Creep-O-Rama en ouverture suit la même logique sur ses premières minutes, Sempiternal Deathreign ralentit rapidement la cadence pour s’orienter vers des tempi et sonorités bien plus doomy. Cette tendance vers des rythmes plus posés et des riffs tout en lourdeur prend toute son ampleur sur Dying Day et le titre éponyme, longues plages où le trio navigue habillement entre doom et deathmetal. Le morceau central Devastating Empire dépasse quant à lui les dix minutes, débutant sur des lignes de guitare acoustique ponctuées par une intervention au piano, pour s’enchainer sur un riffing pachydermique supportant le chant guttural de Frank.

Non seulement Sempiternal Deathreign peut ainsi se vanter d’avoir assisté aux premières heures du deathmetal néerlandais, pour ne pas dire européen, mais il peut aussi légitiment être considéré comme l’un des pères du death/doom, se situant parfaitement entre les deux styles pour un résultat quasiment inédit en 1989. En revanche, si les faibles moyens du label Foundation 2000 peuvent expliquer le fâcheux manque de reconnaissance du trio, la modestie de l’enregistrement de The Spooky Gloom, la séparation du groupe peu de temps après la sortie de l’album, et enfin une technique et un génie moindres face au monstre Pestilence du moment, sont d’autres arguments tout à fait recevables.

Fabien.

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Fabien - 09 Fevrier 2011: Effectivement, je confirme la rareté de l'objet que j'avais pour ma part en K7 durant mes jeunes années. A la recherche du CD depuis pas mal de temps, je me suis régulièrement cassé les dents sur des enchères aux prix plus que déraisonnables avant de trouver enfin un beau jour un vendeur proposant un prix immédiat que je ne pouvais refuser. Bien content quoi. Ce disque renferme une partie de l'histoire.

Fabien.
Constantine - 12 Fevrier 2012: Un tres bon album de DeathDoom comme je l'aime, en effet difficile à posseder en cd......! Merci pour cette chronique....
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Chronique @ Vinterdrom

04 Novembre 2012

Une reconnaissance tardive, mais pleinement méritée

Pendant longtemps et pour beaucoup, citer les pionniers du doom/death s’est résumé à avancer des noms issus d'outre-Atlantique (Goatlord, Winter) et d'outre-Manche (Paradise Lost, Cathedral). C'était compter sans l'existence d'une scène prolifique dès la période charnière de la fin des années 80 : la scène néerlandaise.
La Hollande, l'autre pays du doom/death (comme dirait la pub), avec des précurseurs tels que Sempiternal Deathreign, Delirium et Necro Schizma ayant très tôt œuvré à la création de ce style hybride, quelque part entre gore et malédiction. Par la suite, c'est tout sauf un minuscule groupuscule qui s'est engouffré dans la brèche : Mourning, Spina Bifida, Sad Whisperings, Mystic Charm, Castle, Maleficium, Perpetual Demise, Stentorian, sans compter les groupes n'ayant pas dépassé le stade de la démo / EP. Tout autant de formations ayant repris le flambeau en restant paradoxalement dans l'ombre, pour la plupart.
Si le syndrome dit "du mono-album et de l'existence éphémère" qui les a tous frappé sans exception constitue une part de l'explication à une telle réclusion, la signature avec des labels de très petit gabarit et confinés à une diffusion ultra-restreinte en est une autre. Et ce n’est qu'avec le déploiement massif d'internet, en début de nouveau millénaire, que cette scène a commencé à gagner la reconnaissance qu’elle mérite, les pièces d’époque ayant désormais acquis le haut statut de collector sur les divers sites d'enchères et autres ventes d'occasion.

Sempiternal Deathreign fut le premier groupe batave en activité, dès 1987, et le premier aussi à avoir sorti un full-length en 1989, baptisé "The Spooky Gloom". Précurseur au niveau national, et dans le peloton de tête au niveau mondial, juste devancé par "Journey into Mystery" (œuvre des américains de Dream Death en 1987) mais un an avant les références que sont "Into Darkness" (Winter) et "Lost Paradise" (Paradise Lost). Cela dit, cet exploit digne du Guinness Book du parfait metalleux n’aurait qu’un intérêt limité si l'album en question n’était pas bardé de qualités musicales et d’inventivité, ce qui est le cas.
Les racines du duo Victor Van Drie / Frank Faase, épaulé pour l’occasion par le batteur de session Remo Van Arnhem, se situent dans le death metal naissant, portant encore nettement la marque du thrash metal des eighties, comme en témoignent certains soli rapides et aiguisés, quasi-épileptiques. Le pur growl abyssal n'est pas encore arrivé, ce sont des vocaux déments et barbares qui sont de mise, imposant l'image d'un boucher dépeçant de la chair humaine. Les sauvages et expéditifs "Resurrection Cemetery" et "Unperceptive Life" sont un manifeste sans concession de ces racines. D'ailleurs, le second morceau apparaissait déjà sur leur démo "Creepshow" datant de 1988.
Certes, les limites de la violence musicale avaient déjà été repoussées dans le death metal, avec les œuvres fondatrices de Possessed et Death, et on pourrait donc reprocher à Sempiternal Deathreign une certaine carence d'un point de vue technique dévastatrice. Mais ce n’est manifestement pas l'objectif que le groupe recherche avec "The Spooky Gloom". Car quand on parle de doom, on parle avant tout d’ambiances, de feeling, de scènes funèbres. De créatures revenant d’entre les morts pour jeter la malédiction sur ceux qui ont le malheur d’être en vie. D’entités d'outre-espace débarquant sur la planète pour y apporter la désolation. La fin du monde sans rémission ! The sempiternal deathreign ! … Tout est dit dans le nom du groupe comme dans l’illustration de la pochette, empruntée à Gustave Doré. Et c'est exactement ce que l’on ressent à l’écoute des quatre pavés constituant l'essentiel de l'album, alternant habilement le côté gore du death à la menace du doom dès l'entame "Creep-O-Rama".
Le morceau central "Devestating Empire Towards Humanity" est particulièrement marquant par son ouverture au piano retranscrivant l’imminence du désastre et ses longs passages rampant lourdement tels des abominations malfaisantes, révélateurs de cette recherche d'atmosphères. Quant à "Dying Day", il s'agit d'un modèle de lente et douloureuse putrescence. Enfin, on ne sait si les vocalises bestiales et souffreteuses achevant le morceau-titre proviennent du persécuteur ou du persécuté.
Les paroles baignent complètement dans l’esprit du Père des Pères du Doom, à savoir Black Sabbath, dont l'influence s'était déjà perpétuée au travers d'héritiers tels Pentagram et Saint Vitus. Les descriptions appuient efficacement le substrat musical pour dépeindre un climat d’horreur et de mauvais présage. De savoureuses histoires comme on peut en lire du côté des Tales from the Crypt et autres Crypt of Terror.

Malgré un niveau d’aboutissement encore rare à l’époque (si ce n’est les démos de Winter, Necro Schizma, Goatlord et l'album de Dream Death, ne l'oublions pas), Sempiternal Deathreign et "The Spooky Gloom" sont pendant longtemps restés relégués aux oubliettes, à l’image de la scène doom/death de leur pays. Leur reconnaissance tardive n’en est donc que d’autant plus méritée, et par-dessus tout légitime.

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