En ces temps de prospérité pour le métal progressif, les amateurs auront pu apprécier pleinement le degré de qualité et la variété des productions. Alors que certains comme
Steven Wilson semblent opérer un retour aux sources, d’autres comme
Haken ou
Scale The Summit s’en détachent et s’affranchissent des codes pour faire entrevoir de nouveaux horizons. Face à cela, les nouveaux arrivants n’avaient pas le droit à l’erreur. Pour trouver leur place, il fallait certes fournir un travail de qualité, mais aussi trouver la créativité nécessaire pour sortir du lot. Sacré défi qu’avait à relever
Imperial Gates, qui officie de plus dans la sphère particulière du métal instrumental. Peu de groupes s’aventurent dans ces contrées hasardeuses. C’est donc un petit événement que de voir une formation, française de surcroît, oser le pari. Première offrande du trio, «
The Sound of Human Fate » a donc déjà sa part d’originalité. Reste à savoir si le groupe possède les armes pour rivaliser avec la concurrence…
Alors qui sont-ils, ces 3 musiciens qui pour leur premier album signent chez Brennus Music ? D’ordinaire, les labels importants ne prennent pas de risques, et privilégient les valeurs sûres aux nouveaux venus. Sans doute ont-ils changé d’avis à l’écoute de «
The Sound of Human Fate », qui s’ouvre sur un lumineux «
Morning Universe ». L’ensemble est fluide et bien cadencé par une structure binaire qui produit un effet de balancement, de rebond sur le fond du temps. Des riffs aériens sont secondés par des accords de pianos qui véhiculent une impression de grande sérénité. La guitare basse prend ensuite les devants avec un long riff mis en valeur par d’importants contrastes dans l’intensité sonore. Ces longues lignes de basses ne cessent jamais d’être et font partie intégrante des compositions d’
Imperial Gates. Elles sont présentes dans la majeure partie des titres, leur donnant une dimension technique appréciable ainsi qu’une véritable personnalité. C’est une idée originale et intéressante que de mettre en valeur un instrument trop souvent relayé au second plan. Autant dire que le concept fait mouche.
Tout au long de l’album,
Imperial Gate utilise et s’approprie des structures assez traditionnelles. Les titres ne sont pas ambigus. Difficile de voir en « My destiny » ou en « Lightfull journey » quelque chose de révolutionnaire et de vraiment déroutant ! Il n’y a pas de grosses surprises, simplement une foule de petits éléments qui font que la musique est bien celle d’
Imperial Gates, et pas un medley de diverses influences. Les titres s’inscrivent dans une logique de recherche et d’expérimentation qui leur donne toute leur identité. Le groupe revisite les grands classiques et incorpore à ses morceaux des sonorités peu communes. L’utilisation du saxophone quoique brève et assez banale dans « My destiny » ou l’association entre percussions indiennes et un jeu de guitare basse très pincé dans «
Forgotten Legacy » donnent à ces titres à priori ordinaires un caractère qui leur est propre. Et même si, à la base, l’album est assez simple, cela ne veut pas dire que le côté technique a été mis au placard, bien au contraire. Le niveau individuel des musiciens est tout à fait appréciable, et s’exprime dans des titres plus dynamiques comme «
Awake in Space ». On appréciera la qualité du jeu entre les trois musiciens. Moh amorce le morceau avec un long riff de basse, puis Sed fait son entrée et prend le dessus sur la basse, laquelle par finit repasser au premier plan dans des passages moins endiablés. Le jeu de contre-chant de basse au milieu de morceau est une belle trouvaille. La musique s’emballe ensuite dans des solos éclatants, de basse d’abord, puis de guitare et enfin de piano, le tout dans une synergie totale et avec un très bon travail du percussionniste.
« Déjà fini ? »
Et oui, malgré ses innombrables qualités, l’album est court, très court même, à peine trente cinq minutes. Ces musiciens économes auraient gagné à rajouter au moins un ou deux titres, afin que l’auditeur ne reste pas sur faim. C’est dommage, surtout quand la musique est de qualité, de se heurter à tant d’avarice ! Bien entendu je force démesurément le trait, mais il est regrettable de ne pas avoir un petit quelque chose en plus à grignoter. Bref, Faute de mise en bouche, c’est là une très bonne mise en jambe que ce « Sound of
Human fate ». On mange bien chez
Imperial Gates, mais c’est fromage ou dessert…
Un dessert, siou plait !
16/20
Sinon, merci à toi :)
merci à toi:)
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire