Motivés par une impérieuse envie d'en découdre à l'international, il est des formations metal symphonique à chant féminin qui ont opté pour un rapide enchaînement de leurs travaux en studio et de leur prestations en live. C'est précisément dans cette dynamique que s'inscrit
Red Masquerade, jeune combo italien créé à Bologne en
2012. En effet, à l'issue de la sortie de leur introductive et discrète démo «
Red Masquerade » en 2013, le groupe multiplie ses apparitions scéniques à l'échelle locale. Mais le collectif trans-alpin en veut plus...
Après un changement de line up et son retrait temporaire de la scène, il se consacrera exclusivement à l'écriture de son premier album full length « The
Seventh Room » ; auto-production metal symphonique gothique et progressif dans la lignée d'
Amberian Dawn,
Lacuna Coil,
Draconian, où se succèdent 9 titres sur les 43 minutes de l'opus. La galette bénéficie, en outre, d'un enregistrement de bonne facture et d'un mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation, et ce, même si une impression de compression sonore peut s'observer et atténuer le confort auditif sur la durée.
Le combo retient tout d'abord l'attention sur l'un de leurs passages les plus enfiévrés. Ainsi, dans la lignée d'
Amberian Dawn (seconde période), « Le Masque » interpelle tant par son caractère enjoué et son lyrisme que par son fin legato à la lead guitare et les claires inflexions de Marika. Dans cette énergie, l'offensif «
Lost Days » octroie des couplets bien customisés mais n'offre pas la luminescence mélodique requise sur les refrains. En proie à d'inextricables répétitions, l'effort aura quelques difficultés à faire illusion auprès des aficionados du genre. Et ce ne seront pas les bien ternes harmoniques de « Edgar's Madness » qui relèveront la sauce.
Dans une perspective symphonique progressif, nos compères complexifient leurs gammes et leurs arpèges, ce qui peut s'avérer déconcertant pour une oreille non avertie. Ainsi, s'il jouit d'une belle gradation du corps orchestral, le tonique «
Da Vinci » multiplie les ponts technicistes qui ne s'imposaient pas, sans pour autant nous caler sur une sente mélodique sécurisée. De plus, les palotes modulations de la belle peineront, cette fois, à encenser le tympan.
Parfois, nos acolytes assombrissent l'atmosphère de leur propos, rendant ces passages aussi énigmatiques que troublants. Dans cette énergie, les ''draconiens'' mid tempi symphonique gothique «
Lord of Nothingness » et « My Prisons » se plaisent tous deux à prendre des chemins de traverse tout en ne desserrant que rarement la bride. Et ce, au risque de nous égarer d'un cheminement mélodique au demeurant empreint de linéarités.
Quand il ralentit un tantinet la cadence, le collectif trans-alpin trouve néanmoins quelques clés pour nous rallier à sa cause. Ainsi, on retiendra les ''lacunacoilesques'' mid tempi syncopés « The
Portrait » et «
Casanova » à la fois pour leurs riffs roulants, leurs soudaines accélérations et les chatoyantes impulsions de la frontwoman. Dans cette dynamique rythmique et en raison de ses séries d'accords aux enchaînements mal assurés, l'impulsif « Shame » ne jouira pas de la même attractivité que ses voisins.
On ressort de l'écoute de la rondelle quelque peu déconcerté, étreint par un frustrant sentiment d'inachèvement. Peu varié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, dénotant également une perfectible ingénierie du son, le message musical reste en-deçà de ce que l'on serait en droit d'attendre dans ce registre. Pourtant doté d'un potentiel technique à ne pas mésestimer, le groupe devra prendre le temps de sculpter plus finement ses lignes mélodiques, et ce, afin de ne pas risquer la désaffection d'un auditorat déjà sensibilisé aux travaux de ses maîtres inspirateurs. On l'aura compris, nos valeureux gladiateurs devront patienter encore pour espérer se hisser au niveau de leurs concurrents de l'actuelle scène metal symphonique à chant féminin. Peut-être à l'aune d'un second album full length ?...
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