Le moins que l’on puisse dire, c’est que Krvna est un jeune groupe productif : fondé en 2021 à peine, le one-man-band du mystérieux Krvna Vatra a déjà sorti deux albums longue durée de très bonne qualité qui ont bien accroché l’oreille de nombre d’amateurs du genre. Fort d’un nouveau deal avec Zazen Sounds, l’Australien revient désormais avec un EP nommé
The Rhythmus of Death Eternal comprenant trois titres originaux ainsi que deux reprises pour une durée totale de 30 minutes. Dans une industrie musicale complètement chamboulée par internet où il est impossible de suivre le fil des sorties tant les groupes abondent, il faut pour ne pas se faire oublier battre le fer tant qu’il est chaud, et notre artiste semble l’avoir bien compris…
On retrouve donc sur cette nouvelle sortie tous les ingrédients qui avaient fait le succès de
For Thine Is the Kingdom of the Flesh, à savoir un black rapide et mélodique à la fois parfaitement immersif et admirablement composé, mais ces trois nouvelles compositions sont servies par un son plus puissant qu’auparavant et semblent hausser l’intensité d’un cran. Ce n’est en tous cas pas
Endless Monument qui me fera mentir, malgré une entrée en matière assez lente et atmosphérique, flottant sur ces notes mélancoliques, car le titre explose bientôt en un brûlot imparable, aussi furieux que mélodique, une pluie de blasts impitoyable nous imposant un matraquage rythmique sans relâche qui galvanise ce riffing à la pureté immaculée aussi envoûtant que majestueux. Un sentiment épique et grandiose se dégage du refrain, un superbe solo très mélodique vient un peu dissiper les ténèbres dès 5,16 minutes, amorçant une reprise en mid tempo qui nous permet judicieusement de respirer avant un final pied au plancher qui reprend l’excellent riff de départ. Ce premier morceau, extrêmement rapide et accrocheur, un peu dans la veine de groupes comme
Karne, Ferriterium ou du Candles des Grecs de
Diablery est effectivement un monument sur lequel Krvna tutoie les sommets et on se prend à rêver à ce que pourrait être le futur album si Krvna parvenait à maintenir cette intensité tout en conservant sa facette la plus atmosphérique...
C’est justement cette facette que l’on retrouvera sur A
God’s Work, composition plus lente et mélancolique majoritairement construite sur un mid tempo traînant mais tout aussi réussie, grâce à un excellent riffing. Le son, puissant, immersif et au rendu légèrement étouffé, renforce la noirceur de l’ensemble, nous enveloppant complètement dans ces ténèbres grises et maussades pour un titre très accrocheur à la beauté désolée. Encore une fois, un long solo superbe aux plaintes déchirantes vient sublimer le morceau qui vient enfin s’emballer sur une reprise blastée du plus bel effet, apportant une conclusion déchirante, puant la résignation, la noblesse et la souffrance.
Parlons maintenant un peu des reprises : si As
Astral Images Darken Reality est assez logique, s’intégrant bien au répertoire à la fois rapide et mélodique et à l’aura presque romantique de Krvna, le choix de Man of Iron peut paraître plus surprenant. Ceci dit, boostée par l’excellente production et une prestation black metalisée qui n’hésite pas à sortir les guitares et la double pédale, la composition folk de
Quorthon se voit réellement transformée et offre une fin d’EP plus posée et contemplative, ne déparant finalement pas tellement avec les passages mid tempos du one-man-band australien.
Pour conclure,
The Rhythmus of Death Eternal est un très bel EP qui confirme le potentiel d’un jeune groupe en pleine ascension et nous aidera à patienter agréablement avant son prochain album. Espérons juste que le rythme de cette mort éternelle soit un peu moins rapide que la cadence effrénée des sorties de Krvna, en quel cas, le titre de cette sortie pourrait malencontreusement annoncer la fin prématurée d’un groupe très inspiré qui semble avoir encore beaucoup de belles choses à dire…
Icare, t'es vraiment trop fort pour dénicher de ces petits groupes talentueux (monte ton label) ! Et ça me fait d'autant plus plaisir que je suis un des deux seuls Somiens à avoir mis KRVNA dans ses groupes préférés.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, une interview en français vient d'être publiée sur le net : THRASHOCORE :: KRVNA : Entretien avec 2024 : Krvna Vatra Smrt (Interview)
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