The Resurrection of Lilith

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16/20
Nom du groupe Defacing God
Nom de l'album The Resurrection of Lilith
Type Album
Date de parution 02 Septembre 2022
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1.
 Black Moon
 02:10
2.
 Invocation Part I - Lilith
 04:40
3.
 The Resurrection
 04:31
4.
 Invocation Part II - Jezebel
 03:06
5.
 Invocation Part III - Abyzou
 03:08
6.
 Rise of the Trinity
 04:38
7.
 The End of Times
 04:13
8.
 Echoes from Fulda
 04:29
9.
 Death Followed Like a Plague
 04:07
10.
 Enslaved
 05:17
11.
 In the Land of Rain and Sorrow
 04:41
12.
 Into the Mist of Memories
 04:02

Durée totale : 49:02


Chronique @ MaxSosa

19 Septembre 2022

Defacing God nous livre ici un album sombre d’une qualité assez exemplaire

Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir qui furent les premiers êtres humains sur Terre ? Si on se base sur la religion chrétienne, on pense tout de suite à Adam et Ève, mais en grattant un peu plus loin, on peut parfois entendre parler d’une certaine Lilith. Selon les interprétations, elle aurait été la première femme d’Adam avant qu’elle ne prenne la fuite à cause d’une dispute avec ce dernier, laissant ainsi sa place à Ève. Elle se fit alors maudire par son créateur, causant alors la mort chaque jour de cent de ses enfants. Depuis, elle serait devenue une sorte de démone tueuse d’enfants, motivée par son désir de vengeance. Mais quel est le rapport avec cette chronique me direz-vous ? Eh bien, le groupe à l’honneur aujourd’hui a décidé d’articuler son œuvre autour de ce mythe !

Après sept ans de travail acharné, plusieurs reports, et une pandémie mondiale repoussant constamment l’avancement du projet, Defacing God parvient enfin à sortir son premier album « The Resurrection of Lilith ». La formation danoise a donc eu le temps de peaufiner sa production, réalisée auprès de Jacob Hansen, connu pour avoir produit des groupes comme Epica ou The Black Dahlia Murder. Assez alléchant donc, d’autant plus que les musiciens opèrent dans un death mélodique jouant assez souvent avec les frontières du black symphonique. Ce n’est de ce fait pas surprenant de le voir aborder des thèmes qui tournent autour de la sorcellerie et de l’occultisme. Le groupe a d’ailleurs poussé son concept à l’extrême puisqu’il a souhaité réaliser les cessions d’enregistrement à proximité de Ribe, l’une des plus anciennes villes du pays, connue pour ses procès de sorcières. Defacing God nous fait donc la promesse d’un voyage musical, au travers d'un paysage brutal et sinistre.

L’album commence avec le prélude "Black Moon", qui nous immerge rapidement dans une atmosphère sombre et surnaturelle grâce à ses chœurs. On arrive assez aisément à imaginer une scène de rituel, ce qui tombe bien puisque la piste s’enchaîne avec "Invocation Part 1 -Lilith". Ce second titre est assez représentatif du genre d’ambiance que le groupe propose, et annonce directement la couleur pour la suite de l’œuvre. Le martellement de la batterie instaure un réel sens de l’urgence dès le début du morceau. Le côté symphonique y est déjà particulièrement présent dans les refrains, et l’atmosphère qui s’en dégage sert vraiment bien le propos puisqu’on a l’impression qu’un événement funeste est sur le point de se produire, faisant écho aux paroles narrant une scène de rituel pour invoquer Lilith. Parfait donc, car l’album se poursuit avec le titre "The Resurrection".
Et déjà, on constate que Defacing God n’a pas choisi un chemin aisé, car, au travers des paroles et des mélodies qui nous sont proposées, on y retrouve indéniablement une cohérence et une narration travaillée. Si le morceau précédent avait pour objectif d’appeler Lilith à rejoindre le monde des vivants, "The Resurection" permet d’assister à la renaissance de cette dernière à la première personne. Le chant de Sandie Gjørtz est alors parfaitement adapté puisque ses grognements laissent transparaître une hargne profonde. Côté instrumental, on sent une grosse influence Arch Enemy avec des riffs rapides ainsi que des refrains et solos qui, à titre personnel, me font fortement penser aux compositions de Deceiver.

La suite de l’album adopte peu à peu une atmosphère plus sombre avec l’ajout d’éléments black metal, allant chercher ses inspirations auprès de groupe tels que Cradle Of Flith ou encore Dimmu Borgir. Vient alors "Rise of the Trinity", qui s’impose comme l’une des compositions phares de l’œuvre. Le morceau s’ouvre sur une introduction assez lugubre avant de se poursuivre avec un riff en mid-tempo à l’ambiance de ce fait plus pesante. L’ajout d’éléments symphoniques lors des refrains apporte également une dimension épique au titre, permettant d’amorcer un solo maîtrisé bien que classique. "The End of Times" est, quant à lui, plus brutal et rapide, ce qui va de pair avec ses textes racontant comment le monde meurt suite au ravage de Lilith.

Si on avait une sorte de fil conducteur durant la première partie de l’album, il est surprenant de constater que celui-ci semble avoir disparu dans la seconde moitié de la production. On y retrouve, certes, toujours les thématiques liées à l’occultisme, mais les morceaux sont devenus indépendants les uns des autres, comme si le groupe ne nous proposait qu’un demi-concept album. Les autres pistes restent malgré tout dans la même veine que les précédentes, apportant quelquefois de nouveaux éléments à se mettre sous la dent afin d’émousser la répétitivité de l’album. J’aurais toutefois tendance à sortir du lot le morceau "Death Followed Like a Plague" avec son riff principal qui a paradoxalement un petit côté malaisant et dansant à la fois. L’album se conclue sur "Into the Mist of Memories" qui assume pleinement son influence black metal, et qui jouit d’une orchestration symphonique aux petits oignons et d’un solo débordant de virtuosité, qui ajoute une dimension épique au morceau, parfait pour finir l'album.

Si ce premier essai ne réinvente rien et que les morceaux qui le composent peuvent parfois paraître assez répétitifs, on sent que les musiciens ont mis leur âme dans ce projet et maîtrisent malgré tout leur sujet. Alors quoi penser ? Si vous n’êtes pas en froid avec des groupes comme Arch Enemy ou Dimmu Borgir, il y a sans doute une chance que vous y trouviez votre compte avec cette nouvelle sortie. Defacing God nous livre ici un album sombre d’une qualité assez exemplaire, qui demandera cependant une certaine concentration lors de l’écoute pour en tirer toutes les bonnes idées. Même si rien n’est réellement transcendant selon moi, j’avoue être assez intrigué de voir la suite, en espérant que le groupe arrive à affirmer davantage son identité !

2 Commentaires

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Icare - 20 Septembre 2022:

Une chronique intéressante et bien rédigée qui donne envie de se pencher sur ce groupe, d'autant plus que les influences citées me parlent bien. Merci !

fufupue - 27 Septembre 2022:

Une belle chronique qui a fait en sorte que j'aille écouter l'album sur youtube alors que le death mélodique n'est pas mon abreuvoir principal loin de là. Déjà on est d'accord: l'album est super, franchement je suis conquis et prêt à franchir le pas.

C'est toujours question de perception personelle, mais la case death mélodique ne me semble pas appropriée ... Symphonic dark/black metal peut-être ... Il faut avouer que niveau influences ils ratissent large.

Faites une petite comparaison entre le riff d'entrée de the invocation pt3: Abyzou et celui de Rotting Christ sur l'album Kata Ton Daemona Eaftou (2013) sur le titre d'intro In Yumen/Xibalba à 2.23 ... on rajoute ensuite des orchestrations soft à la Septic Flesh et voilà. Et ce type de riffs assez martiaux reviennent assez souvent dans l'opus, mais pas que car comme je disais plus haut, ça ratisse large niveau influences pour un album bien digéré que je me verrai bien acheter. Merci pour la découverte! 

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