The Quantum Theory of Id

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Nom du groupe Inquisitor (LTU)
Nom de l'album The Quantum Theory of Id
Type Album
Date de parution 02 Avril 2010
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1. Infimum
2. Pricipia Mathematica Philosophiae Naturalis
3. Die Welt als Wille und Vorstellung
4. Corpus Hermeticum
5. The End of Certainty, Supremum

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Inquisitor (LTU)


Chronique @ Matai

28 Novembre 2011

#process

Le black avantgardiste aura toujours le don de nous étonner, année après année, et ce depuis un bout de temps maintenant. De part son originalité et ses thématiques étranges, il aura toujours su se faire une place et proposer quelque chose de différent, en témoignent certaines formations telles qu'Arcturus en Norvège ou Blut Aus Nord en France.
En Lituanie, ce n'est pas vraiment le cas, non seulement parce que les groupes de black metal se font rares, mais en plus parce que le pagan et la culture locale sont les plus grandes inspirations des groupes de metal du coin. Qui aurait donc pu croire qu'une petite formation de Vilnius arriverait à mettre le feu aux poudres en sortant des sentiers battus ?

Inquisitor fait partie de ces formations culottées désirant mettre le paquet dès le départ en proposant un univers des plus inadapté, sans que cela ne paraisse trop exagéré. Composée de cinq membres, créée en 2002, la bande a plus d'une corde à son arc, en dénotent une certaine expérience musicale et une inventivité sans faille. Pour le coup, Inquisitor, mené par Lord (chanteur/claviériste) se dote d'un concept particulier et inattendu sur le combat entre déterminisme et indéterminisme, ceci mis en avant par des paroles basées sur le combat des paradigmes dans le comportement humain, les divergences entre les deux courants pré-cités, et ce qu'est la réalité. Ainsi, on se retrouve avec quelque chose d'assez théâtral, les quatre morceaux (hormis l'introduction) se découpent en trois parties, la deuxième partie étant en général plus calme que les deux autres. En leur sein, des personnages font leur apparition, tels que Zeroth A, Traveler, l'infini, ou encore 'Gadget', le programme informatique, qu'on peut aussi voir comme un algorithme, histoire de coller au concept. A savoir aussi que ces personnages sont interprétés par le même chanteur, c'est à dire Lord, qui n'hésite pas à jouer les rôles jusqu'au bout, par exemple en prononçant de drôles de lorsqu'il s'agit de 'Gadget'. Le pari est osé en tout cas, non seulement ce n'est pas forcément facile de parler le langage informatique mais en plus, cela peut être étrange d'entendre ces termes au sein même d'un black metal mélodique. Enfin on se retrouve avec un livret des plus complets, mettant en valeur ce côté théâtral, notamment avec le listing des personnages au tout début, avec leur ordre d'apparition, mais aussi avec le découpage des parties, des actes si on peut dire, tous portant un nom. Le décor se veut très cybernétiques, des rouages, des machines, la déchéance de l'être humain, bref...rien de bien positif mais vous en conviendrez, Inquisitor ne fait pas les choses à moitié avec un concept pareil.

Il aura en tout cas fallu plus de deux ans à l'album pour sortir chez un nouveau label lituanien Forgotten Path Records. Non seulement la session d'enregistrement aux Thrigger Studios s'est passée en 2008, mais le mastering et mixage s'est fait entre 2008 et 2009, et enfin la sortie officielle s'est effectuée en 2010. Inquisitor n'aura pas perdu son temps, prenant non seulement son temps pour mettre en place les idées et les morceaux mais s’évertuant en plus à rendre ce concept le plus intéressant et riche possible. Le fonctionnement aura été plutôt rigide, étant donné que le quintet a décidé de faire quatre/mouvements, comme dans une symphonie classique.

Pourquoi donc suivre l'organisation d'une symphonie classique ? Tout d'abord pour relever, une fois de plus, le côté théâtral, mais surtout parce que le clavier n'est autre qu'un grand piano. Ce dernier est quasiment omniprésent, agissant en fil conducteur. Puissant, il intervient toujours lors de passages importants, maîtrisé par Lord (pianiste de son état). Ses compositions sont donc riches et virevoltantes (« Die Welt als Wille und Vorstellung » par exemple) et font preuve de technique, notamment lorsque le piano arrive à imiter les riffs, eux-mêmes (« The End of Certainty, Supremum »). Vous l'aurez compris, cet instrument fait partie des pièces maîtresses de la musique d'Inquisitor.

Allons dans le vif du sujet et découvrons ensemble et concrètement la musique d'Inquisitor. Ce « The Quantum Theory of Id » démarre avec une introduction « Infimum » où les seuls sons que l'on peut entendre sont des bruits industriels, un bruit blanc parfois, et une narration prise dans la distorsion d'une radio pour un résultat assez synthétique. Cette narration tente de nous expliquer le concept, même si l'ensemble peut forcément paraître abstrait. Mais les vraies explications se retrouvent avec les quatre morceaux suivants. « Pricipia Mathematica Philosophiae Naturalis » propose un dialogue entre l'algorithme 'Gadget' et le philosophe Zeroth A sur une musique black dotée d'un chant tout ce qu'il y a de plus caractéristique. Les mélodies à la guitare sont difficiles à appréhender (sans pour autant dire qu'elles sont absentes) à cause de leur complexité et de leur côté tordu, symbolique même du crash du programme. Le piano renforce encore plus ce côté alambiqué et étrange, même lors d'accélérations du plus bel effet. Rien de très agressif en tout cas, tout se base littéralement sur la maîtrise et la technique des instrumentations, afin de nous livrer quelque chose de relativement progressif, futuriste et particulier. Pas besoin d'effets sonores électroniques, tout est fait grâce aux guitares et au piano et lorsque les pauses apparaissent, ces dernières ne peuvent que soulever cet effet de combat entre deux avis bien opposés.

Les morceaux sont très longs (plus de neuf minutes en général) et cachent leur dose de mystère, d'ambiances et de surprise. « Corpus Hermeticum » et son ensemble bien black jouit d'une excellente progression, mise en lumière par de très bon riffs, une bonne panache, un chant torturé, et une atmosphère sombre et dramatique instaurée par l'apparition du piano en duo avec les guitares. Après la pause, propre à chaque titre, tout se dote d'un grain de folie supplémentaire, pour nous octroyer d'atmosphères black typiques avant de passer aux mélodies tordus aux consonances death et à une fin en apothéose.

« The Quantum Theory of Id » prend tout son sens lors de son écoute intégrale, chaque titre étant la continuité de l'autre, histoire de nous narrer les événements liés à cet affrontement déterminisme/indéterminisme. Jouissant d'une production et d'un concept musical en béton, cet album pourra sans doute en réconcilier plus d'un avec l'avant-garde, tant l’œuvre livrée ici est riche et maîtrisée, de bout en bout. Complexe et bien ficelée, elle embarque l'auditeur dans un univers particulier mais recherché, offert par un combo privilégiant la qualité à la quantité. Une très bonne découverte , pour le moment disponible sur le site du label Forgotten Path.

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