The Passage

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18/20
Nom du groupe Heathen Foray
Nom de l'album The Passage
Type Album
Date de parution 24 Avril 2009
Style MusicalFolk Death
Membres possèdant cet album25

Tracklist

1. Fading Tree 05:19
2. Northstar 03:34
3. Winterking 04:56
4. Fortress of Faith 04:18
5. Chants 04:12
6. Dragon's Eyes 04:33
7. Ancient Secrets 03:40
8. Wolkenbruch 03:58
9. Theatre of Battle 05:06
10. Wilderness Lore 03:47
Total playing time 43:23

Chronique @ AlonewithL

02 Août 2015

Heathen Foray ne nous vient pas d’Allemagne, mais d’Autriche. Et pourtant...

En 2005, sortait l’album de « Falkenbach » « Heralding: The Fireblade ». Celui-là débute avec un titre intitule « Heathen Foray ». Cette même année dans la ville de Graz en Autriche apparaissait la formation « Heathen Foray » à l’initiative des guitaristes Daniel Koinegg et Jürgen Brüder. Coïncidence ? Bien sûr que non. Il est clair que l’illustre titre de « Falkenbach » a subjugué nos jeunes hommes. Le batteur C. Michael Hofbauer rejoint rapidement la troupe. Vient s’y ajouter Markus Engert à la basse en 2006. Cette année marque le départ de Daniel Koinegg pour raisons personnelles, son remplacement par le guitariste Safet Pehlic et l’arrivée du chanteur Robert Schroll. L’équipe au complet la création d’une première démo est mise sur plan. Celle-ci devra néanmoins attendre à cause du départ précoce de Safet Pehlic vite remplacé par Zhuan. En sa compagnie, l’enregistrement de la démo est lancé en 2007 aux Rockstudios de Leoben, il durera entre le printemps et l’été, pour être ensuite publié à l’automne.

Sobrement nommé « Forest », la démo en question, bien que souffrante de quelques tares (grésillement de guitare rythmique, mauvaise production, chœurs mous et déprimants) permet tout de même au groupe d’affronter la scène. Même la grande scène. Ainsi, malgré le départ de Markus Engert compensé par l’arrivée de Markus Wildinger, « Heathen Foray » a pu jouer le 4 avril 2008 en marge du Paganfest à Graz aux côtés d’ « Ensiferum », de « Korpiklaani », de « Moonsorrow », d’« Eluveitie » et de « Tyr ». C’est quelques mois après, quasiment dans la foulée, et enorgueillis de ce grand moment, qu’ils rejoignent les Rockstudios en vue d’y élaborer « The Passage », leur premier long volume. Pour celui-là est choisi un artwork de Jonas Jakobsson (alias Yonaz), que vous retrouverez sur Deviantart, intitulé justement « Passage ». Oui, ce volume est un point de passage. Il permettra à la formation « Heathen Foray » de franchir un couloir vers un autre monde, un monde où on bâti des gloires et où naissent les héros.

C’est à la découverte de « Fading Tree » que nous découvrons le fort penchant de « Heathen Foray » pour le pagan metal allemand, au premier chef, par sa fermeté rythmique, celui de groupes comme « Adorned Brood » ou encore « XIV Dark Centuries », avant que cela n’amorce une accélération sur les refrains, prenant en vivacité et en mélodie pour devenir une sorte de petit-frère de « Black Messiah ». Cette proportion mélodique, ce soupçon latent de power metal, ne trompent à priori personne. C’est ce qui fait d’ailleurs l’attrait de ce morceau. Un attrait qui parvient à combler les manques d’une batterie un peu trop pâteuse et sonnant de manière très artificielle. Cette dimension mélodique n’est pas majoritaire dans l’album, pour autant c’est celle que l’on retiendra avec le plus d’attention ; notamment, à travers le furieux et virevoltant « Winterking » contenant une forte quantité de power metal, et s’assimilant très directement à « Black Messiah », mais également par bribes au power extrême d’un « Wintersun ».

Le morceau « Chants » s’inscrit un peu dans le même esprit, dans la même veine, par ses afflux mélodiques, qui ne ménagent aucunement l’auditeur une fois passé la belle et tendre entame acoustique. C’est furieux, limpide, et tout proprement régalant. On lui préférera cependant parmi les formidables décharges électriques que l’album peut produire, le fameux « Ancient Secrets ». Celui-là est caractéristique par un riff principal particulièrement entêtant et pour sa richesse mélodique. Il n’est pas à comparer cependant au sombre et troublant « Theatre of Battle », alternant parfois, et assez curieusement, entre power metal et heavy speed. Un grand champ s’ouvre aux guitares électriques, ce qui permet de relever le niveau purement technique et de renforcer la sensation de pression. Pour le coup, le growl hargneux de Robert Schroll est donc mis quelque peu de côté. On le retient mieux, mais de manière plus haletante, à travers un solide « Fortress of Faith », qui donnera toutefois quelques signes de surchauffe à force de répétition.

On remarquera que le volume est fait de telle façon, que l’on passe d’un extrait au suivant, d’un pagan fort en mélodies à un pagan plus renfrogné et rude. Dans le dernier cas, on peut retenir un revigorant « Northstar », dont la cavalcade épique nous remet « Wolfchant », groupe allemand à l’époque en pleine ascension. Tout comme d’ailleurs, « Dragon’s Eyes », mais dans une tonalité plus mid tempo. Là, où cette recette typiquement allemande, bien rugueuse, montre ses limites et perd en efficacité, c’est avec « Wolkenbruch ». Le titre est difficile à assimiler à cause de ses riffs massifs, de la fermeté trop vivement affichée, qui nous font craindre l’étouffement. Il n’y a que le refrain qui permet de libérer un peu de cette pression cumulée. Toutefois, le résultat reste potable dans son ensemble, meilleur que celui du rude « Wilderness Lore », qui est d’abord alléchant si on s’en tient à la seule entame, mais au bout d’une minute, on pressent le risque de redondance, par manque de subtilité, et parce que les instruments et le chant ne sont plus du tout aussi inspirés que sur les autres morceaux. Mais comme on dit, les exceptions confirment la règle.

« Heathen Foray » ne nous vient pas d’Allemagne, mais d’Autriche. Et pourtant, cette jeune formation serait à rapprocher de la nouvelle vague de pagan germanique représentée alors par les « Black Messiah », « Wolfchant » et autre « Equilibrium » (quoique ce dernier soit à considérer un peu à part du fait de ses accointances avec le pagan finlandais), qui a pris ses marques à partir du milieu de la décennie 2000, et qui n’hésite pas parfois à puiser allégrement dans le power metal (parfois extrême) pour façonner ses mélodies. « Heathen Foray » était alors chez les allemands de Black Bards, label qui couvrait alors « Adorned Brood ». Les amateurs ont rapidement eu une révélation à la découverte de ce groupe et de cette production, au point de l’ériger dès lors en véritable prodige. Cette euphorie doit particulièrement aux compositions les plus nobles et les plus dynamiques de « Heathen Foray », mais semble ne pas retenir quelques imperfections de débutant et les sonorités un peu "cartons" du dit ouvrage. Quoiqu’il en soit c’est un bon début, et certains titres donnent vraiment à rêver. Derrière eux, les portes se sont refermées, nos héros sont lancés dans l’aventure.

15/20

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Thorkil - 20 Juillet 2020:

Quelle bombe cet album, de loin le meilleur d'Heathen Foray ! Winterking est dans mon top 10 des meilleurs tubes metal, les autrichiens m'ont bluffé. fading Tree, Northstar, Wolkenbruch.... das gefällt mir ! Ca n'est que mon avis, mais d'année en année les albums d'Heathen Foray baissent en qualité, hélas.

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