Patricio Spalinger est le chanteur-guitariste de
Ripper. C'est un nom que les fans de thrash/death (et plus largement d'extrême) devraient apprendre à connaître tant le dernier album des Chiliens fut une des grosses sorties de 2016 dans le style. Sans doute extrêmement actif entre deux sorties de son groupe principal, Patricio Spalinger a monté
Venus Torment quasi one-man-band inconnu ou presque dans nos contrées, jusqu'à ce que le label Iron
Pegasus l'exhume du petit monde des démos version K7 dans lequel il vivotait depuis sa récente création.
Sans doute pas étrangère au succès récent de son groupe principal, l'exposition de
Venus Torment en devient du coup fortement améliorée. Accompagné d'un certain
Rotten à la batterie, Spalinger sort douze titres d'un style où l'on retrouvera quand même quelques accointances avec
Ripper, notamment dans la mise en place de certains breaks et accélérations. Néanmoins, la musique de
Venus Torment ne s'arrête pas à un thrash/death bordé, mais s'approprie (au delà d'un visuel très réussi) plusieurs influences de styles (plus ou moins, et c'est là que ça devient intéressant) voisins. Tour à tour violent, simple et efficace à la fois, les compositions empruntent avec une production à la fois sale et croustillante des riffs empruntés à d'autres styles, mais appropriés (voire même totalement détournés) avec talent. Citons par exemple celui, quasiment hard-rock, de "Ultrasensible
Anatomy" joué à vitesse grand V pour sublimer cette composition. Et c'est loin d'être le seul morceau remarquable d'un album truffé de grands moments (le solo de "Astraphobia", dantesque, ou ceux qui parsèment la progression prenante de "The Daywalker", les breaks de l'implacable et subtil "
Sex In The
Cemetery"). Un assemblage réussi s'il en est, au rendu finalement simple pour l'auditeur.
Loin donc de constituer une pâle copie de
Ripper,
Venus Torment offre un album assez difficile à catégoriser, bien que ses racines soient bien évidemment les deux pieds dans l'extrême ("
The Overdose of Suffering" que ne renierait pas un
Necrowretch, "Lunatic Somnophilia" qui bourre aveuglément sur ses deux premières minutes, le génial "Sacred Ectoplasm" au début Vektorien, avec une partie centrale instrumentale à aller chercher chez... Experiment Of
Existence dès 1'45"). Moins occulte que le logo du gang de Talagante le laisse supposer de prime abord,
Venus Torment propose un disque accrocheur, aux compositions inspirées et au riffing varié, pas la moindre de ses qualités. Notons un chant plus monocorde et aboyé de Spalinger, faisant encore si besoin était le distingo avec son groupe principal. Ainsi, passé un début d'album plutôt conventionnel (les trois premiers titres),
Venus Torment se lâche et pond des titres courts mais tous efficaces avec des petits emprunts inattendus, et écrits à la première personne ("I am happy only in my dreams, when i wake up i want to finish all... a gun, my only friend" extrait du poignant "Before
Suicide").
Quand on a du talent, on a du talent. Spalinger avec son rejeton mono-parental en rajoute une couche. La surprise n'en est que plus inattendue. Avec ce
Overdose Of Suffering, Spalinger montre, si besoin était, que le Chili, encore une fois est bien LA scène qui monte en cette décennie. Quand on se permet de mettre en dernière position de son album le thème de soli de "The Typewriter Of
Creation", c'est qu'avec une telle dose d'ingéniosité dans la maîtrise de ses expérimentations,
Venus Torment ne restera pas longtemps quasiment inconnu de côté-ci de l'Atlantique.
Je connaissais de nom...il va me falloir ecouter maintenant car cette chronique est allechante.
Merci le moustre de creer des depenses en vue
Je sais pas si c'est bien distribué encore, par contre. A la sortie de cette chronique je l'avais commandé sur leur bandcamp. Excellent album.
Dispo chez Osmose en Cd et season of mist en vinyle.
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