Pour celles et ceux qui ne les connaissent pas, The
Melvins est un groupe difficilement classable car mélangeant avec talent, et ce, depuis plus de 30 ans pratiquement tous les styles de metal et bien d'autres musiques. En plus d'avoir un talent fou, le groupe fait preuve d'une inspiration incroyablement féconde, sortant en général plus d'un album par année. En effet, en 33 ans de carrière, ils doivent bien avoir une soixantaine d'albums à leur actif, en comptant les diverses collaborations, au demeurant, rarement décevants bien que pas toujours faciles d'accès à la première écoute.
En cette année 1999, le groupe est, à mon avis, au sommet de son art, ne sortant pas moins de trois albums magnifiques et totalement différents les uns des autres en dix mois à peine:
The Maggot;
The Bootlicker et
The Crybaby.
On va s'intéresser ici à la première partie de la trilogie, à savoir:
The Maggot. Bien que je n'ai pas encore écouté la totalité de leur imposante discographie, il se pourrait bien que l'on détienne là leur album le plus sombre, violent et torturé.
The Maggot, donc, vous fait voyager dans des ambiances variées, allant du punk au hardcore, en passant par l'indus ou encore le metal minimaliste apocalyptico-psychédélique. Au sein de cet opus, les morceaux s'enchaînent avec une cohérence folle.
Côté production, le son est gras, sale et poisseux, comme si l'album avait été enregistré en live, dans une cave, tout en témoignant d'un super mixage qui laisse entendre bien distinctement chaque instrument.
D'un point de vue technique, les riffs sont originaux, ravageurs et entêtants; la basse ronflante vous entre dans la tête pour tout emporter sur son passage; la batterie est simplement fabuleuse (Ah, ce
Dale Crover, quel artiste!); le chant du maître
King Buzzo est incisif, rageur, torturé, malsain, désabusé. De temps en temps, une réverb sur la voix vous emmène en apesanteur sur une musique oppressante à souhait.
Fermez les yeux et laissez-vous entraîner dans l'apocalypse selon The
Melvins. Mythique, mystique, tribal, magique, un chef-d'oeuvre, tout simplement.
Quelques mois plus tard, ils surprendront tout le monde en sortant
The Bootlicker, leur album le plus calme et lumineux. Mais ceci est une autre histoire...
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire