Du Postcore. En deux mots, j’ai perdu la moitié de mes lecteurs… Pour les autres, voilà Enola, groupe Toulousain qui n’a su stabiliser son line-up que tardivement pour nous sortir ce «
The Light Fröm Below », premier EP, cinq titres, mais déjà trente-cinq minutes pour se faire une vive idée de la tenue du combo. Autant le dire tout de suite, nous serons en terrain rapidement connu, qui plus est pour ceux ayant lu ma récente chronique de
Lessen.
«
The Light Fröm Below »-titre est un apéritif de circonstance. Il y a toutes les composantes classiques du mouvement : un rythme plombé, fait de guitares empruntées au
Doom, une voix beuglée et éraillée, classique, mais bien fichue, des transitions avec des parties plus mélodiques et atmosphériques… Concrètement, rien qui ne sortira de l’ordinaire. Des riffs plus techniques et rapides se font entendre régulièrement, laissant parfois la place à un chant clair en demi-teinte. Ici, il est plutôt dans le ton, se relayant notamment avec des cris strident et des riffs pesants. On retrouve la même composante avec «
Desolated Landscapes », titre plus court et direct, tout en beuglerie et plombage divers. Une chose est évidente : c’est bien le travail de composition. Même si l’on est en terrain assez connu, misant de ce fait beaucoup sur les montées et descentes assez téléphonées, le groupe n’effectue pas de sorties de routes majeures.
Dans les titres plus longs, du travail est également à remarquer. « A Pilot » propose de belle dualité de passage Doomisant et d’instants plus émotionnels dans la teneur des hurlements, très sombre sur certains passages. On y trouve également quelques instants de riffs plus psychés et rapides, permettant au chanteur d’exprimer un peu plus de folies dans des vocaux en manquant cruellement par moments, diversifiant le tout sur une piste qui aurait peut-être gagné à se raccourcir quelque peu. Les délicats arpèges au démarrage de « The Door » permettent de se poser une petite minute avant de se retrouver encore une fois ensevelie sous ses rythmiques Postcore gardant des pointes mélodiques, mélangeant un chant clair parfois hasardeux (notamment dans ses intonations) et à d’autres instants bien plus puissants quand il s’emplit de hargne. Les ascenseurs musicaux se marient assez bien, notamment en insistant bien plus sur les passages ambiants à la voix aérienne. Les redémarrages sont, également, extrêmement réussis, ne sacrifiant aucunement l’émotion.
« Fog », long titre de clôture, permet de se faire un aperçu très général de ce qui va (et inversement) dans ce disque. Il y a de l’intro lourde et plombée. Il y a des riffs rapides et stridents sur des voix écorchées et assourdissantes. Il y a des passages toujours dissonants et gueulés avec maitrise. Il y a des moments plus lents et ambiants, avec une voix calme et planante. Il y a même des cris d’outre-tombe sur des redémarrages progressifs. En clair, il y a tout ce qu’il faut pour faire un bon disque de Postcore.
Donc pas grand-chose de nouveau. Enola démontre un bagage très sérieux et une maîtrise plus que correct de tous les éléments nécessaires à ce voyage sombre qu’est «
The Light Fröm Below ». Après, c’est clairement comme toutes les premières productions, les groupes de Postcore ayant tendance à énormément se ressembler. Encore une fois, il ne s’agira pas de descendre n’importe qui, mais de se montrer patient pour observer la manière qu’aura le groupe pour développer sa musique.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire