J'ai acheté
The Inevitable End sans savoir qui était au juste
Smothered. C'est cette pochette faite de plusieurs teintes de rouge qui a capté mon attention. On devine au logo, au titre de l'album et à la pochette que nous sommes face à un
Death Metal dont on espère une bonne surprise. Et quelle surprise en effet ! Il s'agit du premier album du quator, après une démo en 2011 composée de trois titres, présents sur cette production, et il annonce clairement un avenir rassurant pour le groupe.
Retournons voir cette pochette qui avait tant piqué ma curiosité : un ciel rouge apocalyptique dans lequel semble danser une pluie de braises. Au premier plan, quatre disciples offrent en sacrifice un homme squelettique et agonisant au Nyarlathotep. Il s'agit de cette énorme créature présentant trois yeux et d’innombrables tentacules. Surnommez-le « The Crawling Chaos », puisqu'il est ainsi présenté dans le titre du même nom. A l'arrière-plan, on perçoit une ville, métaphore de la civilisation, en feu, annonçant clairement la fin des temps. De nombreux artworks sont proposés dans le livret, tous étant l’œuvre de Olli Hihnala et de qualité irréprochable. Visuellement, c'est fait, passons à l'écoute.
A la vue des disciples au premier plan de la pochette je m'attendais à un
Death Metal limite occulte. L'introduction « The
Ritual » est parfaitement dans le trip. Un orage, quelques "Ia Ia Chthulhu fhtagn" et un sacrifice à Cthulhu, autre enfant de Lovecraft que l'on entend rugir. Et alors, quelques 45 secondes d'un
Death Metal s'ouvre à nous. Aussitôt, on peut reconnaître le son typique dont seuls les Suédois semblent avoir le secret : ce son lourd, pesant, agressif et raw. C'est ce son dont font preuve les grands
Entombed,
Unleashed,
Bloodbath, Grave,
Dismember, Entrails ou encore
Gluttony. Ici,
Smothered nous montre rapidement que l'album sera d'une qualité sonore idéale pour tout bon amateur de la scène suédoise.
L'introduction finie laisse place au violent «
Dead But
Dreaming ». Plutôt court, seulement 3 minutes. On entre dans un
Death Metal bourrin et gras aux blasts infinis, délivrant quelques soli. Le morceau s'achève sur un fondu, puis laisse "
Sovereign" vous sauter à la gorge. A partir de là vous commencerez sûrement à scander les paroles avec M.Erickson, notamment les terribles "We Are
Legion, I Am
Sovereign".
Les deux morceaux suivants sont personnellement mes préférés. Le premier, "Re-Animated" s'ouvre par une voix grinçante "I live... again", annonçant la couleur du titre. Des paroles ultra-prenantes, telles que "There's nobody home except maggots" ou encore "For every one who dies, one new is born" soutenues par des rythmiques à vous en briser la nuque. "
No One Left
To Kill" est dans la même veine, traduisant une folie meurtrière, au refrain révélant cette pathologie à travers ces "
Kill!" scandés inlassablement.
"The Crawling Chaos", inspiré par la créature de Lovecraft qui s'ouvre sur les hurlements de guitare de Martin Norman, décrit l'horreur de la créature dictatrice éradiquant le monde. Une ambiance fortement ressentie à travers les riffs rapides et ces longs solos qui parsèment le morceau. L'album enchaîne sur "
Phlegethon", mythique fleuve infernal maintenant en agonie les âmes damnées. Il semble d'ailleurs avoir fait surface. On ressent des émotions semblables au morceau précédent, composé d'un solo hypnotisant et même vénérateur.
"Madness Take Me" est un hymne à la folie tout comme "
No One Left
To Kill". Les derniers vivants sont victimes de leurs pires cauchemars. Toujours des rythmiques très efficaces, un batteur rapide au jeu varié laissant bonne part à sa ride, un vrai régal.
Pour "
Green River Anthem", je me demande s'il est fait référence au tueur nécrophile dit de la
Green River, Gary Ridgway, personnage on ne peut mieux adapté à la situation. C'est toujours cette même claque auditive, et vous vous prendrez sûrement au jeu de hurler "
Green River Anthem!!" au milieu du morceau.
Enfin, le rideau tombe sur cette pièce incroyable qu'est "
The Inevitable End", qui s'ouvre sur cette fameuse alarme atomique, avant d'entendre l'explosion au sol de cette arme. L'artwork associé au morceau est extrêmement parlant : un champignon nucléaire régnant en maître au milieu des ruines, escorté de deux avions bombardant les bâtiments encore debout au milieu des flammes. Une atroce vision apocalyptique qui, pourtant, n'est pas hors de portée de l'humanité. Une atroce vision parfaitement retranscrite en musique : Erickson nous lâchera un terrible "Learn To Love The Bomb" avant un dernier solo chaotique, surmonté par un dernier refrain qui conclura l'album. Et le silence s'impose à présent...
Smothered nous livre donc ici un album riche en ambiances, puisant son inspiration du "Mythe de Cthulhu" de Lovecraft. J'ai toutefois l'impression de ressentir, au-delà de l'imaginaire, une réelle menace qui pèse sur nos têtes, celle entre autres de l'arme atomique, qui s'avérait clairement apte à mettre un terme à la vie sur Terre.
Pour son premier album,
Smothered nous montre que la scène
Death suédoise se porte toujours à merveille, héritant du prestigieux son des grands géniteurs du genre du pays. Alors certes, l'album n'est pas des plus innovants musicalement, mais l'ambiance qu'il contient en fait une production remarquable, qui nous laisse impatients d'entendre la suite du quatuor. Si vous aimez la scène suédoise, ne passez pas à côté de
Smothered.
Vu ton com Jéjé qui s'ajoute à cette chro très accrocheuse ! Je me dis mais putain où je peux trouver cet album !! Il me le faut !
Merci pour le papier Grindkiller.
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