The Heart of the Matter

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17/20
Nom du groupe Triosphere
Nom de l'album The Heart of the Matter
Type Album
Date de parution 07 Novembre 2014
Labels AFM Records
Produit par Jens Bogren
Style MusicalPower Progressif
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1. My Fortress 04:43
2. Steal Away the Light 03:53
3. The Sentinel 04:04
4. Breathless 05:18
5. Departure 04:46
6. The Heart's Dominion 05:01
7. As I Call 04:07
8. Relentless 04:14
9. The Sphere 04:37
10. Remedy 05:29
11. Storyteller 04:58
12. Virgin Ground 03:09
Total playing time 54:19

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Triosphere


Chronique @ LeLoupArctique

06 Janvier 2015

Bien composé, bien interprété et bien produit : ce troisième Triosphere a tout pour plaire

Tiens, il semblerait que la Norvège n'ait pas fini de faire parler de ses groupes de metal progressif ! On se souvient de cette fabuleuse année 2013, où les groupes norvégiens à tendance progressive se sont illustrés par paquet de dix (Leprous et Ihsahn en tête) et créant une véritable scène nationale de plus en plus reconnue. Les sorties ont été un peu plus timides en 2014, mais le phénomène se poursuit tout de même, avec notamment Subject Delta, Teardrown, Sarpedon, Kraken, et le très attendu troisième album de Triosphere.

Triosphere est donc comme son nom ne l'indique pas un quatuor, au line-up inhabituel pour un groupe de progressif, puisqu'il comprend un batteur, deux guitaristes, et une bassiste-chanteuse. À vrai dire, nos norvégiens ne jouent pas exactement du metal progressif stricto sensu. On parle alors de "power progressif" mélange hybride de power metal à l'européenne très mélodique et de metal progressif basique. Cette étiquette est un peu fourre-tout puisque de nombreux groupes se l'approprient alors que leur musique ne contient pas grand chose de progressif.
En ce qui concerne Triosphere l'analyse diffère légèrement, puisque si le groupe ne joue pas du progressif comme on pourrait le comprendre au premier abord, à la Dream Theater, il ne s'agit pas non plus d'un Heavy/Power simple et basique. Chez Triosphere il y a une certaine recherche de la mélodie et des harmonies qui lui font mériter l'adjectif progressif, mais cela est toujours fait avec une certaine retenue. À part une fois sur le premier full-lenght, les norvégiens n'ont composé aucun titre de longue durée, et on tourne autour de longueurs standards. J'écris plus haut que ce troisième album est très attendu ; en effet, le quatuor a tendance à prendre son temps pour sortir un album, quatre années en moyenne. L'opus précédent, The Road Less Travelled (2010), est véritablement l'album qui leur a permis de percer, en partie grâce à la signature avec AFM Records ; et c'est aussi un album de très grande qualité, doté au passage d'un artwork magnifique. Sorti fin 2014, ce troisième effort sera-t-il celui de la confirmation ? Celui qui assoira définitivement leur réputation ? Ou au contraire le groupe opte-t-il pour un changement de direction ?

Un simple coup d’œil à l'artwork peut faire penser à une volonté de moderniser les choses, avec ce gris froid et lisse, mais il n'en est rien, et Triosphere a plutôt choisi de continuer sur sa lancée, en perfectionnant sa musique. Le ton se fait peut-être plus dur, plus sérieux, et un peu moins "fou" que sur The Road Less Travelled. Les riffs sont plus lourds, et donnent un ensemble très solide ; c'est d'ailleurs une des qualités de ce disque, ces très bons riffs, qui peuvent parfois faire penser à Pagan's Mind histoire de rester parmi les norvégiens. Il n'y a qu'à prendre pour exemple le supersonique Relentless, le plus technique Steal Away the Light ou encore le presque chirurgical My Fortress.
Tant qu'à parler du jeu de guitare, autant évoquer maintenant les soli, car ils ont une grande importance dans la musique de Triosphere. Marius "Silver" Bergesen dévoile un très grand talent, autant lors passages solo très techniques, au bord de la démonstration (The Sentinel, As I Call, Relentless) que lors de moments calmes avec presqu'uniquement de la guitare (Breathless, The Departure). Le guitariste rythmique Tor Ole Byberg aussi s'accorde quelques passages solo, notamment sur les deux premiers morceaux et sur Storyteller avec un long passage instrumental particulièrement technique.

Petite particularité du groupe, Triosphere est ce qu'on appelle en anglais un "female-fronted band", ce qui n'est pas vraiment courant dans le genre Power Progressif. Il y a bien les suédois de Misth, les américains de Mindmaze ou encore les autrichiens de Siren's Cry, mais il reste encore rare de voir une femme à la tête d'une formation de ce style, et encore plus tenant à la fois le micro et la basse. C'est bien dommage quand on voit quelqu'un comme Ida Haukland et les qualités qu'elle dévoile avec Triosphere. En plus d'être une très bonne bassiste, elle montre des capacités de chant étonnantes, allant d'une voix hargneuse (The Heart's Dominion, Relentless) et puissante à un chant très doux et posé (le magnifique final Virgin Ground). Peu chantent comme elle, et la seule concurrente que je lui vois serait la belge Magali Luyten (Beautiful Sin, Epysode).

Tout cela donne donc des compositions simples, sans être basiques, qui privilégient l'efficacité mais qui restent finalement sympathiques et entraînantes sans plus. My Fortress et Relentless en sont les exemples typiques, accrocheurs bien réalisés, mais manquant de l'étincelle qui nous ferait dire "Wouah" ! C'est pour cela que le quatuor a essayé de se surpasser sur plusieurs morceaux pour proposer des variantes plus poussées de son power progressif. En témoigne un très bon Departure, alternant avec brio le puissant et le doux, avec un solo tout en douceur rappelant celui de Marionette sur l'opus précédent. Breathless joue la carte de l'émotion avec un chant vraiment très beau, en plus d'un très bon jeu de batterie, très prog. Le final de ce titre est somptueux, flirtant avec l'atmosphérique très saturé à la Anathema. Remedy enfin se tourne vers un Heavy mélodique très entraînant, qui se termine sur de délicates notes de piano. À ce propos il est dommage que ce ne soit pas Virgin Ground qui suivent directement, car la présence du plus lourd Storyteller entre deux passages calmes casse un peu l'émotion présente.

Bien composé, bien interprété et bien produit : ce troisième Triosphere a tout pour plaire. Le talent de ses musiciens n'est plus à prouver, et The Heart of the Matter pourrait bien être ce qu'on appelle dans le jargon l'album de la confirmation. Onwards montrait des bases déjà solides, The Road Less Travelled dévoilait tout le potentiel des norvégiens et ce millésime 2014 devrait je l'espère les imposer une fois pour toute comme une étoile montante du style. Ce qui nous fait une réussite de plus pour le compte de la scène progressive norvégienne, qui a décidément de beaux jours devant elle.

18 Commentaires

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LeLoupArctique - 07 Janvier 2015: Oui, mais il y a toujours des idiots pour dire que les voix féminines et le metal ne peuvent pas aller ensemble. Je vous mets le lien, attention c'est une perle : http://www.spirit-of-metal.com/album-groupe-Eths-nom_album-Soma-l-fr.html
Dreamer77 - 07 Janvier 2015: Excellent album, je ne m'en lasse pas. Pas de titre "faible", que du bon, voir très bon. Merci pour ta chronique, un petit bémol pour la note, perso j'aurai tapé un peu plus haut.
LeLoupArctique - 07 Janvier 2015: La note est subjective, mais personnellement je trouve qu'il y a quand même des morceaux moins bons que les autres (As I Call, Relentless, My Fortress ...), et la folie de The Road Less Travelled en moins. 15/20 reste une très bonne note, et je ne suis pas partisan de mettre des 18 et des 19 à tout bout de champ.
Dreamer77 - 07 Janvier 2015: Comme tu le dis une note est forcément subjective et j'aurai bien poussé jusqu'à 17/18. Après de nombreuses écoutes, je ne zappe pas un morceau. D'ailleurs j'aime beaucoup relentless :) .Tout est relatif et question de sensibilité propre à chacun.
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