Vous voulez encore du sludge ? Il suffit de demander.
Deadbird, signature du label Codebreaker (que j’affectionne particulièrement, mais je crois que vous avez compris, non ?) est le nouveau groupe originaire d’Arkansas signé sur la boîte anglaise. Ce premier album ne change en rien l’optique du label, à savoir nous fournir un déluge de sludge, genre peu reconnu faut bien avouer (mis à part
Isis et encore), mais d’une efficacité démentielle.
Alors, "
The Head and the Heart", ça donne quoi ? Qu’on se le dise,
Deadbird répond à nos attentes avec brio. C’est sombre, rageur et bourré de petits détails qui mettent un sourire béat à la bouche de l’auditeur. Cependant, la force de ce disque, c’est la large touche stoner qui parcoure les huit titres de l’album. C’est gras, très gras même, lourd et pesant, on se croirait en plein cœur de la Louisiane,
Eyehategod en tête.
Deadbird sait nous appâter en jonglant entre les deux styles. Ce qui n’enlève en rien l’ambiance maussade et d’une certaine manière assez triste de cet objet. On ressent un côté très dépressif, typique des combos tels
Crowbar et autres, en plus furibard toutefois, rehaussé par des passages acoustiques du meilleur effet, cassant le rythme et instaurant par là une mélancolie chaude et poisseuse. Ceci étant dit, la touche sludge renforce l’aura noire qui se dégage du disque sans pour autant enlever une apparence particulièrement entraînante de l’ensemble. Car, oui, les riffs de guitares sont entêtants, très accrocheurs et cette allure grasse de la production fait que cela suinte la passion d’un groupe qui a manifestement quelque chose à prouver.
Et là, on peut dire que le contrat est largement rempli, car si le contenu de cet album ne propose rien de vraiment innovateur, déjà il est tellement bien fait qu’on en oublie ces menus défauts. Le premier contact est peut-être hésitant mais c’est surtout le fait que ces accents "sludgy" imposent un véritable point de vue assumé, agressif, accrocheur (je me répète peut-être, mais des riffs risquent de vous rester un bon moment dans la tête) et glauque. Et pour ça, le groupe saura surprendre par quelques apparitions de blasts sur la fin du disque, bien placés et sacrément défouloirs. À ce propos, certains morceaux sont gravement jouissifs, principalement le dernier titre, "
The Head and the Heart", avec cet excellent passage à la
Darkthrone qui colle néanmoins parfaitement à la structure d’ensemble du disque.
"
The Head and the Heart" est au final est excellent album de sludge/stoner, incisif, belliqueux, efficace et doté d’une ambiance bien noire et graisseuse qui prend plus de saveur à mesure des écoutes. Un disque épatant et jubilatoire, ni plus, ni moins.
Vivement la suite !
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