Kimaera aura subi de nombreuses mutations. Que ce soit un changement de nom et de style au début de sa carrière (le
Chimera heavy metal se transformant en
Kimaera doom/death) ainsi que de nombreuses allées et venues au niveau du line-up, faisant que le chanteur/guitariste JP Haddad est le seul membre fondateur…le groupe libanais a eu du mal à trouver une stabilité. La preuve encore cette année, puisque le batteur Erce Arslan a rejoint ses rangs. Pourtant, ses albums ont tous attiré l’attention : le premier et maladroit «
Ebony Veiled » en 2006 et le mature «
Solitary Impact » en 2010.
Kimaera se distingue par l’intégration de claviers aux sonorités dramatiques et d’un véritable violon aux notes mélancolique, faisant de lui une entité originale dans le paysage doom/death moyen-oriental. Rien à voir avec les Jordaniens de
Bilocate et de
Chalice Of Doom.
Kimaera met en avant les parties death et les touches atmosphériques de sa musique.
Cela se ressent toujours avec le nouveau méfait, «
Harbinger of
Doom », quelque part entre
Anathema,
Paradise Lost et
My Dying Bride, avec les touches orientales et les instruments traditionnels en plus. Enivrant de profondeur, de mélancolie, mais aussi de beauté, les Libanais montrent qu’ils ont une forte personnalité. « Ancien
Serpents » le prouve avec son introduction très accrocheuse, menée par des riffs lourds, ces chants arabes et ces claviers atmosphériques. Le growl de JP a beaucoup de charisme et mène de bout en bout un titre variant les moments épico-symphoniques à la
Aeternam et les moments les plus portés sur les ambiances. L’auditeur goûte aux douceurs de l’orient et s’embarque à la fois dans un ensemble agressif où les riffs mènent la danse, avec des claviers et un rythme soutenu.
Même si le death est souvent mis en avant, le doom et sa mélancolie apparaissent toujours à un moment ou à un autre. « Daugther of Eve » nous offre un passage superbe, claviers, violon et chant féminin en tête, de même pour « Castual
Stray », débordant de lumière. Bien que les riffs et les growls ne soient jamais loin, ils ne détruisent en rien la beauté des moments les plus tristes et dramatiques. Ils les relèvent, en apportant cette touche d’agressivité. Le côté oriental y fait beaucoup aussi, la gamme mettant souvent en avant des instants touchants. Ou au contraire épiques, lorsque le rythme s’accélère, comme sur l’excellent et sombre « Claim the
Dark », avec ses mélodies typiques à la guitare et aux claviers. Incisifs, sur le féroce «
Blood of Saints », un des meilleurs morceaux.
«
The Harbinger of Doom », c’est une connexion de très grande qualité entre doom et death, entre lumière et ténèbres, entre Est et Ouest, entre atmosphères et agressivité, un album aussi touchant que rageur, montrant un groupe très mature et en passe de devenir une des références du Moyen-Orient, que l’on parle de death/doom ou de metal en général. Désormais,
Kimaera ne nous montre plus son potentiel, mais son talent.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire