Ah ! Le heavy metal d’autrefois. Tous ces vieux vinyls que l’on ressort des cartons dans le grenier. Ce vieux son que l’on croyait réservé aux vieilles croutes attire de plus en plus leurs enfants. On a ainsi vu émerger un heavy metal dit « revival » avec en tête du mouvement l’Amérique du Nord et la Suède. L’ Amérique du Sud ne paraitrait pas non plus épargnée. Mais contrairement aux «
White Wizzard » et autres «
Steelwing » ils sembleraient s’intéresser davantage à l’authenticité du son des années 80. Ce choix a son lot de revers comme nous le démontre les brésiliens de «
Clenched Fist » pour leur second opus. Le groupe originaire de Sao Paulo se définit comme groupe de « true heavy metal », influencé par «
Manilla Road » et le bien moins connu portugais «
Ironsword ». En toute évidence, les deux formations citées ne sauteront pas aux oreilles de ceux qui se seront d’aventure engouffrés dans les catacombes de ce «
The Gift of Death ». On devine ce que la mort peut offrir, et ce n’est pas pour tout le monde un cadeau.
Petite surprise dès le début. L’auditeur passionné de films avec Schwarzie reconnaitra sans se tromper toute la puissance tragique de «
Gift of
Fury » de Basil Poledouris, tiré du film «
Conan le Barbare ». Ne vous étonnez pas de voir l’introduction de l’ouvrage sous le titre erroné de «
Gift of
Death » sur d’autres sites. Un aura fait l’erreur, les autres se seront simplement contentés de la copier sans plus de vérification. Après cet emprunt épique au grand Basil «
Clenched Fist » nous révèle enfin sa vraie musique. On enchaîne donc avec les foudroiements d’un heavy metal ampoulé sur «
Codex Gigas ». Tout se met difficilement en marche. Surtout la batterie, perdue dans le tintamarre de ses propres cognements. Le groupe aura cru bon d’ajouter quelques tintements de cloche qui font l’effet de cheveux tombés dans la soupe. Bref ! Rien de très appréciable à première vue, si ce n’est la maîtrise du chant de Vagner Fidelis qu’il faut souligner. Celui-là aurait d’ailleurs une forte ressemblance avec celui de
Blaze Bayley. Le personnage joue en tout cas un rôle décisif et sauve quelques meubles de la fournaise.
Le constat est identique sur «
Medieval Land ». Le groupe pourra remercier l’admirable prestation de Vagner. Son timbre appréciable et la résonnance de sa voix camouflent les décombres occasionnées par les différents instruments. Ils auront en plus collé des bruits de batailles sur la piste pour lui donner de la stature. Si on excepte notre chanteur, tout ceci parait grossier et mal ficelé, d’autant que la batterie est totalement dépassée au niveau rythmique. Nous atteindrons un sommet de la pénibilité avec l’insupportable «
Hate of Dogmas ». On jurerait une constipation musicale, tellement cela peut paraitre poussif. « The
Signal » s’effondre également dans un heavy lourdingue et indigeste. Ici, c’est plus la mauvaise qualité de production qui compromet la musique de «
Clenched Fist » et surtout son chant. L’atout essentiel du groupe n’en est plus un, il souffre également d’un handicap. Celui-ci arrive à peine à se faire entendre entre les pétarades de mitraille et la chaîne de conserverie qui fait office de batterie.
Tout n’est cependant pas à jeter dans cet album, comme l’illustre un assez emballant «
Asgard », qui se singularise par son côté thrashy et un surprenant dynamisme. Malgré la faiblesse de la qualité de production et un chant mis en retrait, le morceau s’avère loin d’être désagréable. De même la formation ne s’en tire pas trop mal sur le tout aussi énergique « Speed
Metal Attack ». Bien entendu, il faudra de nouveau faire abstraction de ce jet continu de conserves en provenance de la batterie. Pour compenser nous aurons un duel intéressant organisé entre les deux guitaristes au début du dernier tiers piste. Ceux-là préfèrent exprimer toute leur dextérité sur des titres épousant pleinement le style heavy metal britannique. Pour exemple le plus frappant, «
Spirit of the
Death » dans l’esprit maidenien des premiers albums, mais aussi le vibrant «
Burning the Holy
Gates » qui pioche ses riffs chez «
Judas Priest ». Concernant «
Burning the Holy
Gates », l’acoustique et le bruit du feu fermeront la marche de l’offensive la plus réussie de «
Clenched Fist » sur cet opus. Son atmosphère se voudrait ombrageuse et énigmatique, comme l’est en proportion celle de «
Old School Avenger ». Ce dernier peinerait en revanche par sa trop grande modestie. Il est à la fois répétitif et frugal en mélodies.
Tourné vers l’international en signant chez le français Infernö Records et en reniant totalement avec la langue portugaise présente sur quelques titres du premier opus «
Tribute to the Brave Ones », ce groupe de Sao Paulo risquerait de rester pourtant longtemps dans l’ombre. Il est impossible de faire abstraction de défauts à la fois récurrents et gênants dans l’écoute d’un produit qui vise à remettre au goût du jour le heavy metal des années 80. «
The Gift of Death » ne réunira aucunement les foules. Par contre, il démontre d’étonnantes capacités de la part du chanteur. On pourrait ainsi croire qu’une meilleure production et un jeu convenable de batterie seraient suffisants pour retenir l’attention de nombreux curieux. Pour le moment, nous ne garderons de ce second volume qu’un goût amer, une déception comme celles que nous avions pu connaître petits en déballant certains cadeaux au pied du sapin.
10/20
Aucune méchanceté dans ma remarque, juste quelque chose qui me gène toujours un peu pour la lecture de tes chroniques.
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