Equinox Anthems est un split réunissant deux groupes teutons,
Hands of
Fate et
Epitaph Opera, qui possèdent deux point commun, Zigor qui chante dans le premier et assure la batterie dans le deuxième, mais surtout un style franchement convaincant avec un chant de tueur.
C’est d’abord
Hands of
Fate qui ouvre les hostilités avec un death mélodique technique et énergique teinté d’influence black de haute qualité qui se place à mi chemin de
God Dethroned et du
In Flames des premiers albums et nous donne une violente claque avec quatre chansons d’une efficacité redoutable grâce aux deux facettes complémentaires du groupe.
Tout d’abord
Hands of
Fate possède un côté très mélodique qu’il soit plutôt doux et envoûtant comme sur les couplet de « Fear,
Hate,
Pain, Pride » avec le passage magistral mêlant voix claire assurée par Jan B et guitare accoustique , ou plus entrainant et rapide comme dans « Mirror » (sans parler du solo mélodique au cœur de «
Escape into
Silence »). Dans un cas comme dans l’autre,
Hands of
Fate trouve des mélodies très justes qui ne se contentent pas d’être jolies mais de marquer dès la première écoute, comme le refrain de « Mirror ».
A ce côté mélodique,
Hands of
Fate ajoute un côté extrêmement péchu. D’abord, la majeure partie du chant est assuré par Zigor avec une voix black franchement agressive et un chant très incisif rythmiquement. De plus,
Hands of
Fate ne se cantonne pas au mi-tempo ni même au speed mais ne rechigne pas à aller jusqu’au grind sauvage comme dans « Shells » et à relancer ainsi les morceaux avec la douceur et l’efficacité d’un coup de hache. Mais c’est surtout avec ses multiples cassures et ses rythmiques techniques de batterie que le groupe trouve un côté hyper accrocheur qui nous tient en haleine du début à la fin des morceaux.
Pour ajouter à tout cela, on ne peut pas ne pas parler de la maîtrise du chant qui s’adapte à chaque passage des morceaux, de la voix death de «
Escape into
Silence » à la voix black omniprésente en passant par le chant clair et les voix graves qui apportent une dimension particulière à chaque passage.
La qualité de ses quatre compositions fait assurément de
Hands of
Fate un groupe à suivre pour sa maîtrise excellent de son death mélodique de haute voltige et il est bien dur de résister à une nouvelle écoute des quatre premières chansons en écoutant la douce interlude instrumentale mêlant piano et violons.
L’instrumentale se termine et c’est
Epitaph Opera qui prend le relais et nous emmène sur la voie d’un black metal symphonique dont l’influence des Piliers du genre, Cradle of
Filth pour les voix et l’ambiance générale et
Dimmu Borgir pour les passages claviers se fait clairement sentir. La première démo du groupe formé par le chanteur, Salgoth, remonte à 5 ans, temps qu’il a fallu au groupe créé par Salgoth, le chanteur, pour solutionner des problèmes de line up. Deux des cinq chansons proposés par le groupe, « The Birth of Art Psychopathia » et «
Morbid Dreams of a Phantasm Concealed » était d’ailleurs déjà présentes sur cette première démo.
Les morceaux d’
Epitaph Opera sont assez homogène à l’exception de «
Morbid Dreams of a Phantasm Concealed » qui possède un fort côté true notamment sur le long passage avec le riff de gratte répétitif de la première minute et des passages purement death complètement délié du reste du morceau qui tranche avec l’intégration totale de la voix death dans les autres morceaux et sur le troisième minute de ce dernier. Ce morceau reste assez inégale, surtout comparé aux autres, même s’il recèle de bons moments.
Sur les autres morceaux, notamment sur «
Ashes Soil the
Morning Wine » et « The Birth of Art Psychopathia »,
Epitaph Opera parvient à créer des ambiances très intenses grâce à des passages mi tempo et surtout l’utilisation d’une remarquable voix mi-grave mi-death bien posée idéale pour une atmosphère de romantisme sombre. Ces ambiances sont d’autant plus efficaces lors des enchaînement avec des passages beaucoup plus violent supporté par la voix black tout en puissance de Salgoth comme dans le grind apocalyptique de « The Birth of Art Psychopathia ». Les passages de synthé, notamment au piano, apporte une légereté occasionnelle à des composition tout en intensité et en gravité et renforce également les enchaînement d’ambiance. Côté intensité, on notera d’ailleurs l’excellente montée en puissance de Winterblossom’s
Serenade qui débute en orchestration de cordes avant d’être rejoint peu à peu par les autres instruments du groupe dans une progression exemplaire.
Une autre force d’
Epitaph Opera est sa grande variété rythmique notamment sur « Latent
Stigmata Possession » qui se distingue par ses excellentes relances des premières minutes, même si celle-ci sont suivies d’une cassure de synthé plutôt maladroite et douteuse, et ses multiples changement de tempo. A l’intérieur de chaque morceau, on explore tour à tour les grinds les plus brutaux, les mi tempos les plus envoûtants et les speeds entraînants sans se lasser.
Malgré quelques petites imperfections mineures du clavier,
Epitaph Opera se hisse sans problème à un très haut niveau et montre un impressionnant potentiel grâce à l'excellent chant de Salgoth et à l'intensité des ambiances des compositions.
On attend plus que les albums !
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