Alors qu'il s'agira de se prononcer concernant l'univers créatif que les autrichiens de
Desert Sin auront voulu défendre sur leur premier effort intitulé
The Edge of Horizon, les esprits les plus inutilement polémistes pourront facilement dénoncer le fond profondément conventionnel de cette expression. En effet, ici ces musiciens se seront contentés, au fond, d'emprunter les sentiers connus d'un Heavy,
Power Metal d'obédience certes essentiellement européenne mais aussi anglo-américaine. Bien évidemment, il serait totalement dérisoire de tenter de contredire ces analystes critiques, professionnelles de l'avis incisif et de l'argument creux, en niant l'évident lien de parenté. Néanmoins le procès aprioriste, mené à l'encontre de ces fils de la civilisation de Hallstatt, seraient proprement inique si l'on omettait de dire qu'au delà de caractéristiques stylistiques évidemment communes, contrairement à la majorité de ses frères, sœurs, cousins, cousines et autres compatriote de genre,
Desert Sin cultive quelques différences suffisamment intrigantes pour donner un surcroit d'intérêt à ce premier pas.
L'une des disparités les plus fondamentales qui distinguent
Desert Sin de certains de ses camarades, demeure, indéniablement, ce soin avec lequel il s'emploie à nous proposer une musique qui ne sombre pas toujours dans la facilité d'atmosphères désespérément identiques, désespérément épiques et désespérément communes d'un genre qui peine à trouver de nouveaux chemins d'évolutions. Sans réellement bouleverser un environnement aux références connues, et apparemment immuables, le quintette nous offre donc quelques délicieux instants aux climats obscurs et tourmentés, ou du moins à l'émoi sensiblement plus grave et tangible que celui de nombreuses autres formations incapables de nous proposer une interprétation un tant soit peu crédible dès lors qu'il faudra impliquer dans son propos une certaine dose de sincérité plus ou moins jouée. Ainsi paré de ce fardeau de noirceur, d'intégrité ou de conviction, appelons cela ainsi, certains des morceaux de cet opus trouveront un supplément d'âme attachants (
Shadow Queen,
Temple of
Shadow, Edge of
Horizon, Tears in a
Prophet Dreams ou encore, par exemple,
Pharao).
Cette prédisposition remarquable à l'émotion plausible unis pour le meilleur à ce désir ténébreux de scruter parfois au fond des abymes, sont d'autant plus attractif que ce sont des vertus que
Desert Sin aura eu la sagesse de conjuguer à un bien devenu rarissime actuellement: un chanteur talentueux. Cette voix incroyablement expressive aux teintes changeantes, peu encline à s'égarer systématiquement en des hauteurs coutumières où certains vocalistes actuels se cantonnent sans grandes nuances, parvient à peindre sur cette toile sombre toutes sortes d'émotions.
Outres ces excellentes vertus qui donnent une identité propre à cette formation, il faudra aussi noter que
Desert Sin est, lui aussi, habile dans la composition de mélodie certes plus classiques mais toutes aussi efficaces. Une musicalité qui a, de surcroit, le bon gout de ne pas être excessivement envahissante, comme elle peut l'être parfois dans les mains de compositeurs qui use de ces artifices mélodiques pour masquer leur manque d'imagination.
Un premier effort enthousiasmant que nous offrent là les autrichiens de
Desert Sin. Un album sincère et touchant qui s'il n'a pas réellement vocation à révolutionner un genre à l'immobilisme fatiguant, aura, néanmoins, suffisamment de qualités pour convaincre.
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