Comme il fallait s’en douter «
Ardenne Heavy » nous provient des Ardennes et produit du heavy metal.
Plus sérieusement, il s’agit d’un assez jeune groupe belge, originaire de Bastogne, produisant un style défini hard n’ heavy. Les membres prennent leur musique, influencée par les étendues ouest-américaines et sentant le bourbon, avec une certaine légèreté et autodérision. Ce qui pardonnerait presque l’amateurisme qui transparait de leurs compositions. Après avoir édité deux démos, en 2011 et en
2012, le groupe veut passer à la vitesse supérieure en éditant son tout premier EP. Le nom de ce cinq titres n’est pas dénué d’humour puisqu’il s’appelle «
The EP With No Name ». À l’écoute de ce mini, enregistré à l’Ear We Go Studio d’ Aubange, en Belgique, il n’est vraiment pas dit qu’«
Ardenne Heavy » se fasse un nom.
On commence l’ouvrage avec un instrumental intitulé « The Man With
No Name » faisant référence avec le titre de l’engin à « L’homme sans nom » incarné par Clint Eastwood sur la trilogie dit « du dollar » de Sergio Leone, regroupant les westerns « Pour Une Poignée de Dollars », « Et Pour Quelques Dollars de
Plus », « Le Bon, la
Brute, le Truand ». Cette introduction s’avère assez plaisante au départ, les riffs grondants nous immergent dans un milieu assez proche du stoner US. Seulement, cela va se gripper assez rapidement et on prend assez vite conscience que nous n’avons pas affaire à de purs professionnels, même si on perçoit facilement toute l’envie de la bande. On enchaine rapidement sur le concret avec « 37 in the Box !». «
Ardenne Heavy » s’essaye à une musique un peu plus nerveuse, mais montre aussitôt ses limites. Le jeu n’y est pas véritablement développé, trop souvent répétitif.
Les guitaristes parviennent à élaborer quelques sorties intéressantes, plus souvent au niveau de l’entame comme nous l’illustre notamment le déchainement lors des prémices de «
Big Whisky », mais la structure édifiée s’effondre par des riffs secs et extrêmement poussifs. Le chant de Simon Gaudron ne vient pas leur arranger la situation. Les guitares produisaient un travail plus percutant, plus heavy metal en raison des riffs salvés, sur « The Unknown Hero », mais le chant désordonné et la batterie en mode automatique viennent tout faire capoter. Il faut dire que Simon a une bonne voix virile, qu’il souhaitait sans doute approcher à celle de Matt Pike du groupe «
High On Fire ». Toutefois, cela nécessite aussi de maitriser bien l’anglais. Ce qui n’est d’évidence pas le cas de notre chanteur wallon. Ça va constituer un des handicaps insupportables d’un «
Wild Prison » frénétique, brulant, assez inspiré par le «
Metallica » post-black album, mais maladroit et redondant au possible.
Il n’y avait pas grand espoir de toute façon. Je sais que ce n’est pas bien d’avoir des à priori dès le départ, mais dans le cas du très modeste «
Ardenne Heavy », on peut appeler ça de la prémonition. Cette formation voudrait être en quelque sorte le «
Down » de Belgique. Leur musique s’oriente vers un heavy metal légèrement hard et stoner, qui mériterait un travail conséquent pour s’avérer potable et distrayant. Le chant est le point essentiel à retravailler. C’est vraiment lui qui plombe tout l’ensemble et nous fait ressentir immédiatement un réel manque de sérieux de leur part. Certains auront l’indulgence de considérer cet Ep comme un brouillon, mais cette mini galette n’annonce rien de bon pour la suite des événements. Ces cowboys devront s’entrainer intensivement à la gâchette s’ils ne veulent pas creuser la tombe d’«
Ardenne Heavy ». « Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. » - (réplique de Clint Eastwood, Le Bon, la
Brute, le Truand).
09/20
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