Un peu partout dans l’Univers, il existe des planètes dont les conditions à leur surface sont pour le moins apocalyptiques. C’est le cas de la lointaine
WASP-76b, une exoplanète géante où le fer, présent dans son atmosphère, y est successivement vaporisé et condensé. En clair, quand il y pleut, c’est du fer brûlant qui vous coule sur la tête. Une destination de rêve en somme…
Eh bien, je dois avouer qu’à l’écoute de ce tout premier essai de Force Of
Destruction, j’ai eu l’impression que nos amis varois avaient pour habitude de prendre régulièrement un billet en aller-retour en navette SpaceX pour ce petit coin de paradis, tant leur musique m’a évoqué ces conditions extrêmes… Pourtant, ce n’est pas de leurs souvenirs de vacances passées à plusieurs centaines d’années-lumière de la Terre dont nous parle FOD, mais bien de l’enfer terrestre, ici-bas, celui provoqué par la folie des hommes.
Avec un artwork signé de l’indonésien Arie Sattan (ça ne s’invente pas…) et un logo en forme de pentagramme inversé qui s’intègre parfaitement au bleu nuit d’une pochette représentant
Baphomet et ses serviteurs, le packaging donne tout de suite le ton : le propos de l’album tournera autour du mal démoniaque qui contribue à la destruction de l’être humain.
Musicalement, FOD, c’est du direct dans le foie, ça fait mal et c’est fait exprès ! A l’instar des deux clips dantesques, gracieusement déposés sur la toile par Mourad Bouselsal, fondateur et compositeur du projet, apprêtez-vous à subir les assauts répétés de 7 missives d’un death metal particulièrement compact et brutal. Soutenu dans son projet par Nils Moliner (guitare, batterie, production) et le studio Sevengates de
Marseille, FOD s’inscrit dans les traces de groupes violents comme
Hate Eternal,
Vital Remains ou
Immolation.
Après une introduction annonciatrice du carnage à suivre, le terrible « Knight Of
Disorder », monstrueusement mis en image sur YT, a été fait pour nous convaincre de la puissance dévastatrice de ce skeud. La folie meurtrière des hommes y est bien décrite et on s’apercevra qu’il n’est nullement nécessaire de traverser la galaxie pour trouver des endroits où un déluge de feu et de métal pourrait si facilement s’abattre sur nos têtes...
«
The Destructive Evil », le titre éponyme, n’adoucira pas le propos, bien au contraire. On continuera donc sur la lancée avec un death metal sans fioriture, qui démarre pied au plancher pour ne jamais ralentir. Apparemment, aux alentours de
Marseille, les cédez-le-passage et les feux rouges, on ne connaît pas trop. Il en ira de même avec «
Invocator of
Evil » et son riff immédiatement mémorisable et délicieusement malsain. Bien magnifié par Nils, il fait tout le charme de ce troisième titre. Dans une interview donnée au magazine Metallian, Mourad disait être fan de
Krisiun. Ecoutez ce titre et vous constaterez qu’il n’a pas menti.
Ce triptyque gagnant est suivi par deux autres titres forts, « Malicious
Voice » et « Idolatry », qui fleurent bon le dernier effort en date de
Malevolent Creation. Aucune surprise par rapport au début de l’album n’est à attendre mais, ces morceaux, un tantinet plus aérés, montrent que FOD n’est pas maladroit lorsqu’il tente de ralentir la cadence.
L’avant-dernier titre de l’album, « The Malefic
Horde », est le moins convaincant selon moi, la faute à une batterie frénétique qui part dans tous les sens et finit par éclipser les lignes de guitares, rendant difficile à mes oreilles la perception d’ensemble du propos musical. Je fais néanmoins l’hypothèse que les amateurs de grind trouveront leur compte dans ce morceau.
L’album se clôture sur une note que je n’attendais pas spécialement, avec le presque dansant "
Eternal Damned", dont le riff de départ vous donnera l’impression de sautiller pieds-nus sur un parterre de charbons ardents. Si comme moi, vous pensiez que la vie sur Terre était encore un tant soit peu agréable, écoutez donc ce skeud et vous pourriez facilement changer d’avis.
«
The Destructive Evil » est donc bien un album pour pur deatheux, sans artifice ni compromis et nul doute qu’après avoir trouvé un véritable batteur, FOD pourra alors chercher à diversifier et aérer un peu plus son jeu pour un avenir certainement prometteur.
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