Apparu il y a déjà quelques années, au début ou pour la plupart, au beau milieu des 80's, les représentants de cette première vague grunge dont
Malfunkshun considéré comme l'un des pères du mouvement avait d'ores et déjà su poser les fondations de ce nouveau genre. Bien que son explosion n'arrivera que deux ans plus tard, avec la sortie d'albums devenus cultes, ce jeune groupe nommé Public Affection officie depuis peu dans un registre grunge, à défaut d'avoir débuté avec des covers d'un style new wave.
Les changements de noms se sont alors enchaînés, passant de
First Aid à Club
Fungus, en passant par Paisley Blues,
Action Front (ayant donné son nom au label du groupe) pour finir avec Body Odor Boys. Il aura donc fallu que le groupe réussisse à trouver son propre style pour qu'il opte enfin pour Public Affection et qu'il sorte son premier opus intitulé "The
Death of a Dictionary" en 1989 avec l'appui du producteur Benjy
King. La formation nous crédite donc d'un album assez spirituel misant beaucoup sur la voix de son vocaliste
Ed Kowalczyk se cherchant encore sur des titres tels que "Who Put the Fear in Here?" avec son air optimiste ou encore sur la très légère "
Morning Humor" (malgré une intro assez spéciale dans un ton très grave) avec des rythmes et des mélodies finalement peu intéressants.
On reviendra cependant bien volontiers sur "Good
Pain" où le combo semble nettement plus à l'aise. Il faudra donc attendre le « Oh! » de Kowalzcyk pour que Public Affection s'élance dans une pièce et des lignes vocales groovy accompagné de claviers et de percussions apportant du dynamisme et de l'entrain à la scène. Dans un ton tout aussi groovy, on retrouve également "The
Hands of a Teacher" qui nous dévoilera cette fois-ci, des influences jazz/blues avec de nombreux choeurs qui donneront davantage de relief et de poids aux paroles du vocaliste.
Cependant, cet opus semble beaucoup souffrir de l'absence (ou du manque) de batterie qui aurait pu apporter un certain dynamisme aux titres. Les claviers tentant néanmoins de compenser ce manque sur "Good
Pain" ou sur "
Sister" par exemple. Quant à cet aspect spirituel, il repose surtout sur le ton assez relaxant que prend son leader sur "Paper Flowers" et ses quelques sifflements enfantins, sur "Raising a Man" dans une veine un peu aérienne ou encore sur "Good
Pain" où il s'exprime d'une manière assez naturelle, avec des passages plus hargneux pour un résultat bien accrocheur.
Cet album ne suit donc pas vraiment une ligne directrice et a tendance à partir un peu dans tous les sens, que ce soit en alternant des titres optimistes et donc un peu pompeux comme ceux déjà évoqués, avec des morceaux groovy et intenses ou avec d'autres plus dispensables comme "
Saviour for a Day" ou "
Libra" pour ne citer qu'eux. Et ce, même si certains morceaux tentent néanmoins de se démarquer comme "Ball and
Chain" par son rythme plutôt bien trouvé.
En conclusion, "The
Death of a Dictionary" n'est pas vraiment un mauvais album mais il se trouve très affaibli par son inégalité. Si deux ou trois morceaux se détachent réellement de l'ensemble, la tracklist manque toutefois de cohérence voire de recherche et d'expression musicale. L'instrumentation quant à elle, reste linéaire et ses jeux, quasi inexistants. Mais le quatuor a cependant, tout son avenir devant lui pour combler et atténuer ses quelques maladresses. Ce n'est après tout, qu'un premier essai...
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