The Dark Winter

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18/20
Nom du groupe Aäkon Këëtrëh
Nom de l'album The Dark Winter
Type Demo
Date de parution 1997
Labels Self-Produced
Style MusicalBlack Ambient
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. Untitled 03:17
2. Untitled 05:12
3. Untitled 01:45
4. Untitled 02:26
5. Untitled 03:16
6. Untitled 01:04
7. Untitled 01:41
8. Untitled 01:49
9. Untitled 01:00
10. Untitled 03:04
11. Untitled 01:22
12. Untitled 01:24
13. Untitled 01:12
14. Untitled 01:17
15. Untitled 03:45
Total playing time 33:34

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Aäkon Këëtrëh


Chronique @ Stille

26 Mars 2011

Cette démo s'avère finalement travaillée et construite, malgré son apparence bancale

La batterie et la basse ont toujours été deux des trois piliers du metal, et même dans un champ musical plus large, et ce pour des raisons on ne peut plus évidentes, permettant d'articuler les riffs de guitare et de donner un corps à celle-ci.

Mais, en 1992, Burzum sorti son album éponyme, contenant le morceau "The Crying Orc", n'utilisant que le troisième élément de la trinité 'de base', la guitare, avec des riffs toujours black ; et inspira-t-il certains groupes dont Belketre...

Aussi, Aäkon Këëtrëh se détacha de l'entité Belketre, mené par son second guitariste, reprenant cette formule, et s'inspirant d'une poignée de morceaux originellement composés pour cet autre groupe ("Despair", par exemple).

Pour "The Dark Winter", troisième et dernière démo, Këëtrëh s'est légèrement éloigné de la formule précédemment jouée, pour se diriger vers une forme plus proche du black dépressif, ceci donnant des riffs plus lents qu'avant (la première partie montrant bien cette direction) ; un ajout plus récurent de la guitare acoustique est également à signaler, renforçant cet aspect ; du chant, aussi, alors que la démo précédente était presque instrumentale : un chant allant du cris black classique à des murmures, voire des soufflements ou même sifflements, plus ou moins forts, presque silencieux, parfois - et à noter, la présence de Meyhna'ch (Mütiilation) sur la deuxième partie de cette démo.
Quelques passages se montreront plus énergiques, même si gardant toujours le sentiment mélancolique inhérent au projet.
Du côté de la musique à proprement parler, l'influence de Burzum est évidente sur certains riffs ; d'autres évoquent encore le spectre de Belketre, mais au lieu de la haine et du rejet de tout de celui-ci, l'ambiance se veut plus triste que son compère, comme la description au dessus le laisse deviner.

"The Dark Winter" se constitue de quinze parties ; toutes se suivent avec une grande cohérence ; exemple : un passage se constitue de trois parties acoustiques se suivant les une les autres, assez semblables, avec des riffs proches, et une même approche des compositions.
Cela étant dit, précisons tout de même qu'AK ne se lance pas simplement dans l'art de l'auto-plagiat continu parfois servi dans ce genre d'essai, mais bel et bien des choses différentes à différents points donnés, et malgré certains chapitres proches et avec une même approche comme dit plus haut ; prenez donc, au hasard, les parties I, VI, XII et XV, et vous aurez, à chaque fois, des choses bien différentes, allant d'un black lent, à du plus rapide, à des arpèges ou riffs de guitares acoustiques.
De ce fait, la démo peut-être considérée comme constituée d'une seule composition divisée en plusieurs chapitres, à la fois cohérents et différents. Cela vaut mieux, puisque la courte durée (parfois une minute) de certaines parties les rendraient inintéressantes prises une à une.

Cette démo s'avère finalement travaillée et construite, malgré son apparence bancale au niveau de l'exécution et de sa grande simplicité

Stille

5 Commentaires

5 J'aime

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valentheris - 26 Mars 2011: Une formation sur laquelle je ne me suis jamais penché malgré que je connaisse son nom depuis un long moment.

J'aime bien Belkètre donc ça m'intéresse pas mal, faudra que j'y jette une oreille au final, il serait temps.

Merci pour la chro Stille.
adrien86fr - 27 Mars 2011: Jamais ô grand jamais je n'aurai pensé un jour lire une chronique d'Aäkon Këëtrëh sur Spirit Of Metal.. Well done
enthwane - 27 Mars 2011: Très bonne chronique pour une très bonne réalisation. L'un des meilleurs groupes qu'ait compté les Légions Noires (il y en a tellement peu que les exceptions sont d'autant plus appréciables). Quelle note donnerais-tu à "Dark Winter" ?
 
Crusard - 30 Mars 2011: Très bonne chronique réussie d'une demo qui se pose pour moi comme la consécration des sorties précédentes. The Dark Winter aide à se rapprocher de la solitude et de faire un retour nostalgique sur des épisodes lointains de notre vie désormais enterrés et révolus. (Cf le dernier track qui est absolument transcendant) Écouter Aäkon Këëtrëh, c'est se sentir léger et libre en s'affranchissant du poids écrasant de l'espoir. Comme tu l'as dit, Ak ne sombre par ici dans l'auto-plagiat mais immortalise une dernière crise d'angoisse sur demo avant de s'enfoncer dans son propre néant. C'est clairement une œuvre incontournable dont l'écoute restera dans tous les cas une quête individuelle.
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Chronique @ Crusard

23 Avril 2011

Eine Symphonie der Einsamkeit

Ultime demo dédicacée au Lord Meyhna'ch de Mütiilation, Lord Aäkon Këëtrëh scelle ici la grandeur de son art noir avec The Dark Winter avant que le projet ne disparaisse à jamais dans le sombre hiver de son existence, ne laissant derrière lui qu’une série de mystérieuses demos attestant d’un mal-être incurable. Et pour cause, cette demo d’adieu concentre en elle tous les sentiments de nostalgie que peut éprouver le moribond sur son grabat.

La pochette confirme l’obsession du Lord Aäkon Këëtrëh pour les forêts. Nébuleuse et teintée de couleurs noires et blanches dans son impalpabilité, elle reflète un certain penchant expressionniste digne des films de Murnau. Les arbres espacés recouvrant le ciel d’une voûte de feuillage touffu invite l’auditeur à l’apaisement, au repli sur soi loin de l’extérieur. Car il n’est point question de désespoir suicidaire ici. La forêt devient en fait un havre de solitude nullement menaçant et qui contribue pour l’auditeur à se remémorer des images d’un passé de sa vie jadis riche et beau, remplacé désormais par une existence futile sans futur.

Le timbre de la production, au même titre que de nombreuses autres formations hexagonales mille fois citées (devinez lesquelles), est typiquement champêtre, étalant d’un bout à l’autre de la demo une rusticité à toute épreuve. La première écoute m’a tout de suite évoqué la musique maléfique du film «La nuit des traqués » du réalisateur très franchouillard Jean Rollin, ainsi que dans une moindre mesure celles de « Suspiria » composée par Goblin.
La recette est toujours la même, à savoir l’utilisation dominante de riffs acoustiques soutenus par des plaintes saturées. Ce qui fait néanmoins la différence par rapport aux demos précédentes, c’est la très grande diversité des 15 morceaux qui s’enchainent sans jamais se ressembler malgré leur apparente simplicité. D’une obédience Black Metal purement atmosphérique, la demo atteint pour la première fois des sphères strictement ambiante. En effet, le spectre vocal ne peut être comparable à rien de rationnel, frissonnant et pleurnichard sans l’être, c’est comme si la forêt nous dévoilait ici ses secrets intimes à travers cette voix éthérée, triste comme les soupirs d’un chêne, et s’écoulant comme les larmes d’un saule pleureur. La nature se voit enveloppée d’une aura mystique où chaque plante et arbre se voit attribuer une intelligence propre à l’homme, pouvant ainsi confier silencieusement sa sagesse séculaire à l’auditeur parvenu à une symbiose avec son environnement. Une rumeur présente en arrière plan s’élève sur les seconds et derniers titres, sourde et murmurée comme émis par un cercle d’animaux composé de loups, lièvres, renards, hiboux, et écureuils réunis ensemble dans une clairière baignée par la clarté lunaire et participant ensemble à l’immense symphonie de la solitude orchestrée par lord Aäkon Këëtrëh.
Malgré le calme insufflé par le silence ambiant, les cinquièmes et dixièmes titres se révèlent plus agressifs de par leurs rendus abrasifs et saturés qui présentent déjà à l’état latent le germe de l’inspiration aux formations futures telles que Drowning the Light ou Moloch.

The Dark Winter se pose comme la consécration de la maturité d’Aäkon Këëtrëh. Ce dernier parvient à affirmer sa personnalité propre, désormais palpable dans sa quintessence la plus noire et isolatrice. Explorant pour la première fois la musique ambiante, il fait la synthèse des points forts des deux demos précédente pour parachever sa discographie avec une œuvre plus sincère et aboutie que jamais.

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