The Crimson Corridor

Liste des groupes Metalcore Zao The Crimson Corridor
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16/20
Nom du groupe Zao
Nom de l'album The Crimson Corridor
Type Album
Date de parution 09 Avril 2021
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Into the Jaws of Dread
 04:19
2.
 Ship of Theseus
 04:00
3.
 Croatoan
 04:18
4.
 The Final Ghost
 04:24
5.
 R.I.P.W.
 04:56
6.
 The Crimson Corridor
 05:11
7.
 Transitions
 03:07
8.
 Nothing's Form
 07:03
9.
 Creator/Destroyer
 05:20
10.
 Lost Star
 03:56
11.
 The Web
 10:23

Durée totale : 56:57


Chronique @ JeanEdernDesecrator

24 Juillet 2021

...au bout du chemin de croix

Le rock est la musique du diable, à fortiori lorsqu'il s'agît de metal, mais peu de groupes ont osé jouer cette musique en assumant une chrétienté au dessus de tout soupçon. C'était le cas de Zao, particulièrement à ses débuts. S'il ne se définit plus comme un groupe de métal chrétien depuis longtemps, ses thèmes et son imagerie y font régulièrement référence, avec moult signes religieux ou croix non renversées sur ses pochettes et vidéos. Le cheminement de Zao depuis sa formation en 1993 a été marqué par de nombreux changements de Line up, de labels (Tooth&Nails, Solide State, Ferret Music,… ), et autres imprévus. La formation est stabilisée depuis six ans autour de ses vétérans Scott Mellinger (guitare), Russ Codgell (guitare), Dan Weyhandt (chant), et de la section rythmique composée de Jeff Gretz (batterie) et Martin Lunn (basse).

Musicalement, hormis le hardcore de leurs premières années, Zao pratique un metalcore/sludge abrasif, sombre et torturé, qu'on pourrait comparer à Norma Jean, ou Converge (sans hardcore ajouté)... Sauf que Zao était là avant. S'il fait partie chronologiquement des pionniers du genre, on ne peut pas dire qu'il ait directement influencé les scènes concernées, si ce n'est par capillarité, en tournant avec les groupes au fil des tournées. Sur leurs onze albums en date, on remarquera surtout "Liberate Te Ex Inferis" (1999), "The Funeral of God" (2004) et son successeur "The Fear is What Kept Us Here" (2006), ainsi que le dernier "The Well-Intentioned Virus" sorti en 2018, assurément un de leurs efforts les plus extrêmes et expérimentaux.

Zao sort mine de rien son douzième album studio "The Crimson Corridor", maintenant sa date de sortie en avril 2021 malgré la pandémie, en espérant tout de même pouvoir tourner quelque peu si les conditions le permettent. Comme "The Well-Intentioned Virus", il a été sorti sur leur propre label Observed/Observer Recordings. On retrouve le sludge/metalcore âpre dont il est coutumier, intransigeant avec sa ligne de conduite : une musique d'une noirceur totale, spirituelle et introspective, avec ce chant si particulier, à la fois fry scream et growl, très saturé, qu'on croirait éructé par des cordes vocales en toile émeri grain de 40. "Ship of Thesus", avec son riff dissonant et sa rythmique déconstruite pilonnée de double grosse caisse, nous plonge dans un univers claustrophobique où aucune lumière divine ne viendra vous sauver. Comme il le fait depuis plus de vingt ans, Zao est presque aussi lourd et malsain qu'un Gojira, dispensant des riffs monolithiques abusant des dissonances graves, en accélérant au besoin à la manière d'un Dillinger Escape Plan pour concasser les colonnes vertébrales ("The Final Ghost", "R.I.P.W"). Des notes désespérées et plaintives viennent serrer votre petit cœur ("Transitions"), dans une ambiance réverbérée qui tranche avec la froideur abrupte des guitares rythmiques.
Pour ceux qui connaissaient déjà le groupe, rien de nouveau en apparence, mais il se trouve que Zao a développé une facette qui était jusque là minoritaire et intermittente. Ainsi le morceau d'introduction "In the Jaws of Dread", débutant avec un strumming de guitare claire intimiste qui monte lentement vers une poignante puissance toute métallique, ferait presque penser à The Ocean.
Ainsi sur "Croatan", le groupe ralentit franchement, devient plus mélodique, et Dan Weyandt fait découvrir un très beau chant clair, mélancolique et posé qui donne une ambiance proche de Poison The Well. Par moments, il y a presque des accents cristallins d'un Corey Taylor lorsqu'il va dans les aigus ("Creator/Destroyer", "Lost Star"). C'est surtout sur la fin de l'album que Zao s'aventure le plus loin, vers l'avant-garde, voire le prog 70's, avec en point d'orgue la pièce finale "The Web" qui fait plus de dix minutes.

Autant leur album précédent était expérimental dans sa brutalité, autant ce "The Crimson Corridor" l'est dans le sens littéral du terme, en repoussant ses limites et en explorant des territoires musicaux plus variés. Je ne vous cache pas qu'il est, comme tous les albums de Zao assez difficile d'accès, un peu comme un pèlerinage en chemin de croix, et ne révèle ses richesses au fur et à mesure des écoutes. Mais Zao est un groupe attachant, intègre dans son attitude créative, et cela fait plaisir de le voir persévérer dans sa carrière avec ce qui pourrait être considéré comme son meilleur disque.

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