Formé en 2003, il aura fallu 8 ans à OneLegMan pour finalement sortir ce premier opus. Le temps pour les musiciens de Reggio d'Emilie (Italie) de trouver un label (Buil2Kill) et... quelques bonnes idées.
Il suffit d'écouter ne serait-ce que les deux premiers titres de l'album pour être frappé par l'éclectisme de cette galette. Et aussi, il faut l'avouer, une maîtrise des différents styles et inspirations abordés plus ou moins grande. On débute sur "See that truth", un peu plat, aux "riffs septentrionaux" comme ils les qualifient, et on enchaîne avec la piste éponyme à l'album, tout de suite plus grave et aérienne.
Malgré ces différences, les transitions se font sans heurs, et une cohérence ce dégage de cet LP. On continue sur un "Naked
Heart", au riff agressif et au solo de qualité, mais légèrement moins original que ces prédécesseurs. Avec ENN, on reste dans du lourd, façon nu/metalcore.
C'est là que surgit "Black Lamb", toujours plus brutal, et nettement plus complexe. La guitare surprend à la suite des titres précédents (se rapprochant plus du progressif), et la grosse caisse n'est pas sans nous rappeler notre Mario Duplantier national. Et, grand bien leur en fasse, pas le temps de s'ennuyer, on enchaîne avec "
Dream On". Synthé céleste, percussions tribales, basse entraînante. L'ambiance est posée, c'est un titre plus psychologique, plus long (plus de 5mn, titre le plus long de l'album, qui s'écoute très vite) pour prendre plus aux tripes. Et le riff de guitare avant le refrain complète la recette de cette gourmandise musicale. "Prisons" suit, pulsé et vif, efficace s'il en est. Ne comptez pas sur OneLegMan pour vous laisser dormir.
Pour conclure, "
Vortex", mêlant avec brio rythmes chaloupés (officiellement inspiré des musiques gitanes) et riffs bien lourds, rappelant que l'originalité est le maître-mot, et finalement, "Tomorrow
Morning Impression". Sorte de final soft, mainstream, qui reste bien en tête. Sympathique, mais un poil décevant devant la créativité qu'on a pu trouver sur certaines pistes.
En bref, pas de quoi susciter des vocations, mais assurément de quoi passer 31 bonnes minutes. Un groupe à surveiller de près, s'ils trient le bon du mauvais, car il sera sans doute difficile de rester "touche-à-tout" comme ici s'ils veulent s'améliorer.
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