The Orne est l’un des projets parallèles de Kimi Kärki (Peter Vicar), guitariste de
Reverend Bizarre. Pour enregistrer ce premier album, Peter s’est entouré de sept musiciens dont Albert Witchfinder et Jay Lovely (
Void) respectivement bassiste/chanteur et batteur de
Reverend Bizarre. C’est en 2006, après trois longues années de gestation que sort enfin ce «
The Conjuration by the Fire » doté d’une belle pochette s’accordant parfaitement avec la musique du groupe. Justement parlons-en de cette musique, contrairement à
Reverend Bizarre, il ne s’agit pas ici de «
Doom » mais de «rock progressif » assez sombre (rehaussé de nombreux instruments non estampillés « rock » tel la flute et le saxophone qui apportent une touche folk à l’ensemble) dans l’esprit de
Black Widow ou Van der Graaf Generator, on note cependant la présence de certaines accélérations rappelant fortement les premiers albums de
Black Sabbath. Bref vous l’aurez compris, tout dans cet album rappelle les années 70.
L’album débute par la lecture d’un texte effectuée par Patrick Walker du groupe
Warning suivie d’envoutants arpèges de guitares accompagnés de nappes de clavier (rassurez vous les sons utilisés restes bien retro !). S’ensuit le premier véritable morceau «A Beginning », un début, le début d’un voyage. Il ne nous reste plus qu’a nous laissé guider par la lumière chaude, réconfortante mais aussi parfois inquiétante et dangereuse du feu qui sert de ligne directrice à l’album (il ne s’agit pas pour autant d’un concept album les thèmes abordés étant extrêmement variés). Ce titre est tout simplement excellent; il commence calmement avec des arpèges de guitare sur lesquels vient se poser la voix envoutante d’Albert Witchfinder avant de déboucher sur un passage typique de
Reverend Bizarre avec les réminiscences sabbathiennes citées plus haut.
Le morceau suivant «
Anton » est peut-être moins inspiré (arpèges assez banals) mais il reste très agréable à écouter. «
Island of Joy » est fort sympathique, exception faite de ces notes de flutes stridentes durant l’intro et qui deviennent insupportables dés lors que l’on écoute l’album au casque.
«
Frontline Dreams » nous conduit au cœur des tranchés de la première guerre mondiale, ce morceau est très mélancolique ; il n’y a pas de panique ni même de réelle inquiétude juste du fatalisme et une attente de la fin irrémédiable face a laquelle le seul refuge restant est le rêve (« Going back in dreams will help me to see the light of day... again »). Puis l’on atteint ensuite le sommet de l’album avec l’excellent « Opening by
Watchtower » où l’osmose entre les différents instruments est totale.
Le dernier titre est lui aussi de qualité, à noter la présence de vocaux malsains et presque black sur la fin ; puis l’album se termine comme il avait débuté avec une narration de Peter Walker.
Peter Vicar s’avère être un guitariste beaucoup plus polyvalent et subtil que l’on serait tenté de croire à l’écoute son travail chez RB. On sent d’ailleurs qu’il a apporté beaucoup de soin aux arrangements des morceaux. L’autre gros point positif de cet album est sans doute la voix si spéciale d’Albert Witchfinder, il réussit à lui seul à transcender les morceaux et à leur insuffler un petit coté mystique qui fait toute la différence. Pourtant son chant n’est pas parfait, loin de là, il s’avère même être assez nasal lorsqu’il lui faut tenir une note (c’est particulièrement flagrant sur le refrain de «Lighthouse »).
Il s’agit donc d’un excellent premier album, cependant cette réussite étant en partie due à l’excellente prestation vocale de Albert Witchfinder et son avenir au sein du groupe étant peu probable, on peut se demander si le groupe réussira à se passer de cette voix si particulière. Réponse sur le possible prochain album qui devrait s’intituler
The Tree of Life!
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