The Bride Screamed Murder

Liste des groupes Sludge Metal The Melvins The Bride Screamed Murder
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Nom du groupe The Melvins
Nom de l'album The Bride Screamed Murder
Type Album
Date de parution 01 Juin 2010
Style MusicalSludge Metal
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. The Water Glass
2. Evil New War God
3. Pig House
4. I'll Finish You Of
5. Electric Flower
6. Hospital Up
7. Inhumanity and Death
8. My Generation
9. P.G. x 3

Chronique @ Krokodebil

24 Fevrier 2011
J'avais commencé une chronique de cet album et je m'étais aperçu que j'étais parti sur une mauvaise piste, deux musiques s'étant malencontreusement superposées sans que je ne m'en aperçoive.
Mais rien à faire, cet album me démange ! Merde quoi, Melvins, groupe très prolifique et relativement peu médiatisé et connu, qui œuvre depuis 1982 déjà, dans l'ombre des plus grands, de Nirvana à Lustmord !

Le simple fait que je n'avais pas réalisé qu'une musique tournait en boucle derrière l'album est révélateur : on a affaire ici à une musique touffue, complexe, aux arrangements lourds et chargés de tout un tas de sons qui participent de cette immense fanfare que je qualifierais de sludge-punk. Les Melvins sont des rigolos bruitistes pourrait-on dire.

La première piste dévoile l'enjeu de l'album sans trop de détours, du bruit, du fun, du lourd. Grosse guitare bien grasse, et une batterie qui martèle, jusqu'à ce que ça parte en délire total avec les membres du groupes qui nous chantent n'importe quoi avec un entrain débordant "We are ready-ready-ready !" Nous aussi, si ça débute comme ça. Jouissive cette première piste, vraiment. D'un gros riff on passe à une sorte de samba militaire puis à une série de vocalises improbables. Je vénère ce groupe et leur batteur pour une chanson pareille.
Le son claque, les voix, tout est impeccable et pourtant pas lisse, grâce justement aux arrangements et au mixage.
De délire en délire, l'album se déroule donc, sur fond de riffs ravageurs, de vocaux gueulés à la bonne franquette et de rythmique imparable, tantôt carrément punk à l'ancienne dans l'esprit (le riff syncopé, très Sex Pistols par moments, de "The Pig House", presque grolandien comme morceau), tantôt plus sombre ("Evil New War God" et ses riffs alambiqués aux sonorités graves, son break et ses claviers glauquissimes).
Quelques surprises musicales vous attendent dans un disque varié et toujours réinventé. Par exemple un délire jazzy bruitiste où l'on maltraite un piano à la limite du supportable, dans la dernière minute "Hospital Up", le bien nommé. Mais c'est ça qui est bon, ça reste toujours borderline, à la limite, donc toujours acceptable. Même quand on se dit qu'un peu plus et ça tournerait à la fumisterie, ce qui n'est jamais le cas. Les pistes sont assez longues, entre 4min30 et 5min en moyenne, avec des pointes à plus de 7min pour le fabuleux "My Generation". Non, vous ne rêvez pas, une reprise des Who, sur ce disque. Et quelle reprise ! J'ai eu beau passer le titre à mon père et ma mère, férus des britanniques de Daltrey, Moon et Townshend, pas moyen de leur faire reconnaître, même au refrain. Jamais je n'aurais pensé entendre ce classique revisité de la sorte, un morceau d'un stoner-doom écrasant, pachydermique et viscéral. Un grande réussite mais qui ferait peut-être hurler les fans des Who. Le titre claudique sur un riff lent, presque lunaire, des râles sont poussés à l'unisson, méconnaissable mais bien là le classique anglais.

Ce qui est génial aussi, c'est cette manière dont chaque chanson se retourne, change de style en plein cours : sur "The Pig House" on passe d'un punk énergique à un titre totalement épique, façon western spaghetti dans les dernières mesures, avec sifflements et ralentissement oblige. Les morceaux s'enchaînent d'ailleurs plutôt bien, formant des sortes de sous-unités cohérentes, notamment les relents d'orgues et de voix trafiquées dans "I'll Finish You off" (tout un programme), qui renvoient à la fin du titre précédent, ainsi qu'aux claviers angoissants du 2e titre. Le final parlé-chantonné claironne d'ailleurs la reprise à venir.

Un morceau a fait l'objet d'un clip officiel, il s'agit de l'entraînant "Electric Flower", qui a quelques accents des Stranglers (période Rattus Norvegicus - The Raven) dans le riff guitare/basse assez mélodique. Là encore une belle progression se développe dans le morceau, qui part dans plusieurs directions. Enchaînement presqu'invisible avec la sixième piste, le plus lent et modéré "Hospital Up", qui présente également de belles ruptures de rythme. Y a pas à dire, Dale Crover fait un sacré bon boulot. Nouvelle curiosité, une sorte de chœur déraillant et grinçant, ça ne dure que quelques secondes, mais c'est une curiosité de plus dans le musée des horreurs et des clowneries que constitue à n'en pas douter un album tel que ce "The Bride Screamed Murder". Une sorte de vaudeville un brin macabre, où des statuettes de cire font du bon gros stoner.

De la folie psychiatrique des derniers instants du titre "Hospital Up", quoi de plus logique qu'un titre dénommé "Inhumanity and Death" ? Celui-ci délivre un bon gros riff de basse assassin, et part sur des chapeaux de roue, un morceau rapide et furieux, jusqu'à la destruction sonore et le renouveau. Dur à suivre, n'est-ce pas ?

L'album est à l'image de cette déconstruction : à toute berzingue, une folie assumée jusqu'au bout, à grands renforts de cris, de cassures, de changements de tons et de rythmes, de distorsions musicales, qui d'ailleurs l'emporteront dans le titre final, "P.G.x3", une mélodie populaire (Peggy Gordon, un air canadien et irlandais) revisitée à la pédale dans un déluge d'effets. Une grande bouffonnerie, certes un brin macabre, très grinçante, bref un antique bazar de jouets cassés qui à le charme indiscret des choses pas jolies mais créatrices. 20è album du groupe, un clip sympa, une pochette crasseuse qui renvoie à ces vitrines poussiéreuses de cirque oublié... On est pas loin d'un film de Rob Zombie par moments. Un vrai souffle musical assez inédit poussé par une bande de clowns tristes, qui cachent un certain désespoir maladif ("My Generation" reste une chanson très politique, voire mélancolique, d'où le long passage planant porté par la basse dans la version ci-présente), derrière l'artifice du rire, de la déconnade. Allez putain quoi, j'vais pas m'déprimer quand même ? Même l'harmonica qui ouvre "Peggy Gordon" me fout le cafard...





5 Commentaires

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Krokodebil - 24 Fevrier 2011: De rien, je ferai Stoner Witch si j'ai la foi :)
ZazPanzer - 27 Fevrier 2011: Excellente chronique. J'ai l'impression qu'il faut, pour appréhender ce groupe qui déconstruit pour mieux recréer, soit posséder une grande culture et une ouverture d'esprit exceptionnelle, soit avoir fumé la moquette et l'aspirateur. Je ne doute pas que tu fasses partie du panel numéro 1, cher Kroko :-)==
Silent_Flight - 27 Fevrier 2011: Faîtes comme moi, buvez de l'absinthe et vous aimerez aussi bien le brutal black que Chantal Goya!
Krokodebil - 27 Fevrier 2011: Les Melvins seraient capable de reprendre à leur sauce du Chantal Goya. Ce serait même à crever de rire.
Merci Zaz, mais qui te dit que je ne fume pas mon matériel électroménager ? :D
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