À mon tour d'ajouter ma pierre à l'édifice de cet incontournable du genre
Hard FM. En effet, par ma chronique, tout en y apportant ma propre analyse, je voulais décrire et détailler un peu plus les titres présentés sur l'opus en étant le plus objectif possible. J'espère que ces détails vous donneront envie de redécouvrir ce fabuleux album.
Nous sommes en 1985. Après un premier essai aux influences marquées de groupes tels que
Foreigner,
Saga entre autres, et très bien accueilli par la presse spécialisée, le groupe
Honeymoon Suite revient battre le fer encore chaud, avec un deuxième album intitulé:
The Big Prize.
Celui-ci se trouvera être la réponse directe aux groupes de
Hard FM américains de sa génération et s'imposera sans difficulté parmi les outsiders du moment. C'est au fameux Little
Mountain studio de
Vancouver que l'album sera produit sous la direction du producteur canadien Bruce Fairbairn (RIP).
En effet, ce sont dans ces mêmes studios que furent enregistrés des classiques des années 80, comme par exemple le multi-platine "
Slippery When Wet" de
Bon Jovi paru en 1986, ou les albums de ses compatriotes du groupe
Loverboy,
Aerosmith avec la doublette "Permanent
Vacation" et "
Pump", "The Razors Edge" d'AC/DC, etc. Et cela, pour un résultat et un son forcément à la hauteur, pour l'époque naturellement.
Le line-up sera composé des mêmes musiciens qu'aux débuts du groupe, c'est-à-dire: Johnnie Dee au chant, Derry Grehan à la guitare (tous deux fondateurs du groupe), Ray Coburn aux claviers, Gary Lalonde à la basse et Dave Betts à la batterie. Le groupe aura même le privilège d'inviter
Ian Anderson, flutiste et leader du groupe Rock Progressif Jethro Tull qui, pour l'occasion, viendra greffer sur le morceau "All Along You Knew" quelques arpèges et un solo de flûte dont lui seul a le secret.
La pochette de l'album, à l'esthétisme saisissant et évocateur, fait un petit clin d'œil au nom du groupe (Honeymoon signifiant lune de miel en français) en mettant en scène un couple de mariés se faisant photographier devant les chutes du
Niagara. Pour la petite histoire, depuis des décennies elles sont devenues le lieu de prédilection des jeunes nouveaux mariés nord-américains qui y fêtent leur récente union.
Rentrons sans plus attendre dans le vif du sujet.
L'album débute par le titre "
Bad Attitude", hit parmi les hits puisqu'il sera sélectionné comme premier single de l'album et sera aussi utilisé pour un épisode de la série à succès des années 80 "Miami
Vice". Le deuxième hit de l'album sera "Feel It
Again", superbe morceau au couplet et au refrain à la mélodie immédiate. Il hissera par la même occasion le groupe à la 34ème place des charts US et à la 16ème dans leur pays d'origine, le Canada. Et pour ma part, il se distinguera parmi les meilleurs morceaux de l'album.
Avec
The Big Prize, le groupe signera d'autres pépites dignes d'intérêt, où les guitares se feront un peu plus présentes et aiguisées: "Wounded" qui démarre sur un riff estampillé
Hard Rock, "
Lost and Found" aussi, avec sa mélodie de claviers et son refrain qui fait mouche, ou encore l'entrainant "
Once the Feeling" où Derry Grehan nous décoche un solo de guitare cristallin et efficace.
Les titres restants, quant à eux, seront à classer dans un répertoire plus Rock américain et
AOR. Les claviers y seront assez prédominants et les compositions influencées par des groupes, dont
Honeymoon Suite fit l'ouverture tels que leurs compatriotes de
Saga ou les Américains de
Journey et
Heart.
Nous commencerons par l'excellent mid tempo "One by One" et sa petite intro de claviers. Dans une rythmique plus appuyée, le tubesque "All Along the Knew" nous interpellera par son duel de flûte / guitares s'étirant jusqu'à sa fin, ou encore "
Lost and Found" et ses cascades de claviers, mais aussi l'étrange "World is the
Wind" avec ses batteries électroniques aux sonorités New Wave. Mais ces titres pourraient rebuter le plus exigeant des fans de guitare.
Au registre des ballades, nous trouverons la très émouvante "What Does It take" qui fit un tabac sur les radios US en 1986 et qui sera sélectionnée pour la bande originale du film de Steve
Holland "One Crazy Summer" avec Demi Moore et John Cusack. La deuxième est l'aérienne "Take My
Hands" soutenue par un rythme lent et une douce mélodie. Le chant langoureux de Johnnie Dee tout en émotion transcende cette chanson qui clôture admirablement ce petit chef d'oeuvre de
Hard FM.
Si vous êtes féru de mélodies finement ciselées aux arrangements délicatement travaillés, vous serez séduit par cet incontournable des 80's, interprété par un groupe à l'originalité certaine, servi par des compositions riches, intelligentes, interprétées avec brio.
Par la suite, le groupe continuera à surfer sur la vague du succès, jusqu'en 1988, avec l'excellent "Racing After Mindnight" avec des guitares au propos plus agressif et urgent, tout en gardant cette identité qui lui est propre. La suite sera moins glorieuse avec une traversée du désert de 20 ans pour revenir timidement sur le devant de la scène en 2008. Mais cela est une autre histoire...
Et même si Johnnie Dee, n'avais pas une voix exceptionnelle il savait donner de l'émotion aux morceau du groupe dont de sublimes ballades. Moi aussi je l'écoute toujours avec autant plaisir.
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