Réédité en cet été 2014 sur les bases de l'autoproduction sortie en 1986 par
Shadow Kingdom Records, "
The Awakening" de
Powerlord fut un album de speed metal tombé dans l'oubli. High Vaultage Records, le défunt label allemand tenta bien de ressortir ce disque sans succès, mais égara les quelques enregistrements qui eurent pu servir de bonus aujourd'hui. C'est donc sans bonus, photos d'époque, et autres réjouissances que sort aujourd'hui cet enregistrement re-masterisé des Américains.
Directement issu des masters d'époque, "
The Awakening" propose une musique inspirée par les groupes ayant été engloutis par la vague thrashmetal de 1986. Comprendre, les
Exciter,
Savage Grace,
Raven,
Anvil et autres formations de speed metal qui, faute d'avoir su durcir leur musique au moment opportun, ont été ringardisés dès la sortie de "Reign In
Blood", "
Pleasure To Kill" et autres albums fantastiques sortis en cette même année. Il faut dire qu'en cette époque, les fans, avides d'agression sonore sans cesse poussée dans ses formes les plus extrêmes, avaient tôt fait de faire et défaire leurs idoles. Ce fut l'apogée du règne du thrashmetal, avec leurs chefs de file des deux côtés de l'Atlantique. L'album, sorti originellement en 1986, donc, avait déjà à l'époque au moins deux ans de retard.
Penchons-nous donc sur le contenu, unique héritage de
Powerlord. Doté d'un son que n'aurait pas renié le
Manowar de 1984, brut, et délicieusement analogique,
Powerlord évolue dans des tempi assez rapides ("The
Invasion Of The Lords"), avec moult soli, plus ou moins inspirés, un débit vocal accéléré, un peu à la manière de Dan Beehler (
Exciter), et des cris d'un autre temps (ah, les gueulantes heavymetal bien Halfordiennes !). Tout au plus sort du lot "
Master Of Death" et ses riffs pêchus et entraînants, sans conteste le meilleur titre.
Pas mauvais pour autant, les riffs, assez convenus, se taillent la part du lion et peu de breaks aèrent les compositions. Les morceaux paraissent ainsi assez mono rythmiques, bien que ceux-ci puissent parfois faire mouche ("
Silent Terror", écrasant et épique).
Nous retrouverons ainsi, tout au long des six compositions, des cavalcades chères au Iron Maiden de la grande époque, sans, bien évidemment, en percevoir le génie, même ponctuellement. Les morceaux, tous assez bien construits, mais peu mémorables et considérablement datés, font comprendre immédiatement que ce genre de réédition s'appuiera uniquement sur une vague purement nostalgique des années 1983/1985. A réserver donc à ces fans, ou à ceux qui voudraient percevoir comment était le metal dans la première moitié des années
1980.
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