The Attraction of Oblivion

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15/20
Nom du groupe Hanged Ghost
Nom de l'album The Attraction of Oblivion
Type Album
Date de parution Novembre 2013
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Conceived in Pestilent Womb 11:20
2. Death Extraction Methodology 13:20
3. Disastrous Lithomancy 10:36
4. S.I.D.A. 09:29
Total playing time 44:45

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Hanged Ghost


Chronique @ Vinterdrom

11 Mars 2014

Le malheur est revenu frapper à la porte et il a toujours aussi sale gueule

C’était un de ces matins mornes. Un de ces matins où la brume s’agrippe au paysage de ses longues phalanges spectrales et poisseuses, recouvrant la terre comme l’esprit d’un gris plombé. Un de ces matins où l’on se prend à fixer le tabouret et la poutre avec une dangereuse insistance.
Trois coups assenés sur la porte, résonnant lugubrement dans la demeure. Pour qui sonne le glas… Puis le silence, pesant…
Pas âme qui vive sur le perron. Juste ces silhouettes décharnées aux alentours, restes macabres d’une végétation mourante. Et ce petit paquet, posé à terre, tel un signe d’aussi mauvais augure qu’un corbeau que l’on aurait cloué sur le bois. Le malheur revient toujours frapper à la porte et les souvenirs qui l’accompagnent se ravivent…

C’était il y a deux ans. « Knowledge of the Occult » et ses remugles de caveau maudit. Le premier opus de Hanged Ghost.
A l’époque, on ne savait pas grand-chose de ce duo portugais. Aujourd’hui, on n’en sait pas plus de son histoire, si ce n’est l’obstination de ses deux têtes pensantes à l’écrire en encre de mystère. Une encre que le temps épaissit. La structure Bubonic, qui avait jadis suivi comme son ombre les premiers pas de Hanged Ghost, est retournée dans l’oubli jusqu’à nouvel ordre. Un nouveau pacte a ainsi été conclu avec Labyrinth, au sujet duquel aucune information ne filtre par les moyens à disposition, ni quant à la situation ni quant à la provenance. Tout ce qui entoure Hanged Ghost apparaît décidément comme un secret bien gardé. Mais qu’importe… Les personnalités s’effacent pour ne laisser parler que l’expression musicale.
L’art pur, au travers d’un doom/death tout ce qu’il y a de plus régressif, monolithique et lourd d’un pessimisme contagieux, animé par cette prodigieuse capacité à tout nous faire voir de travers. Cet indécrottable caractère que révélaient les quatre chapitres de « Knowledge of the Occult » et que l’on retrouve trait pour trait sur les quatre nouveaux constituant « The Attraction of Oblivion ». Mais si Hanged Ghost confirme l’attachement génétique qu’il nourrit envers ses racines, il n’en a pas pour autant décidé de stagner avec cette nouvelle offrande.
Le son, tout d’abord, est devenu plus clair et puissant, bien que la qualité d’enregistrement, aussi artisanale qu’authentique, demeure. La mélodie se manifeste davantage, sous la forme d’airs fantomatiques, qui tournent autour, qui dansent une valse lancinante, matérialisant l’influence du légendaire « Dance of December Souls ». L'héritage de Katatonia s'est toujours tracé en filigrane, il est désormais plus palpable, en particulier sur "Death Extraction Methodology" qui conserve néanmoins la marque ultra-rigoriste de Hanged Ghost.
D'abjects relents black metal se font ressentir, plus dans le feeling que dans la composition, mais bien opiniâtres. Une résonance dépressive, de cette mélancolie qui conduit non à l’apitoiement mais à la haine, écho des débuts de Forgotten Tomb et du terrible « Springtime Depression ». Une aversion totale et sans appel envers ce troupeau d'humains en guise de congénères, littéralement crachée à leur face dans l’ultime instant clôturant "Disastrous Lithomancy", laissant l’impression d’un épais glaviot dégoulinant sur le visage.

Si la tonalité dominante de « Knowledge of the Occult » était le noir, celle de « The Attraction of Oblivion » est le gris, ce qui ne l’en rend pas moins sinistre. Car là où les ténèbres opaques dissimulent l’horreur et laissent une grande place à l’imaginaire, la brume grisâtre ne masque rien. Bien au contraire, elle impose une vision concrète de la désolation, une image sans fard de la déchéance.
Le concept parolier abonde en ce sens. Depuis la fécondation dans un utérus infect ("Conceived in Pestilent Womb") jusqu'à la mort dans un autre fait de terre putride ("Someday I'll Die Again", l'acronyme parle de lui-même), Hanged Ghost vomit sa vision radicale du cycle de l'humanité agissant tel un virus immonde. Un cycle que nul ne peut enrayer, contaminant la surface de la planète jusqu'à son écorce et son cœur.
Un cycle infernal traduit en rythmique par la persistance d'un low-tempo implacable et entêtant. Chaque phase se développe selon un rituel de torture durant lequel les instruments s'abattent et serrent à une cadence atrocement obsédante. La pression se relâche, juste le temps qu'il faut pour laisser passer un mince filet d'air et nous faire revenir, avant de comprimer à nouveau pour nous faire voir la perspective du trépas de nos yeux exorbités. Encore et encore, jusqu'à en devenir fou d'être ainsi maintenu entre deux états d'existence. D'être balloté entre growl d'outre-tombe et hurlements de pestiféré. De basculer constamment entre sinistrose aigüe et haine pathologique.
Tout est question d'équilibre malsain et Hanged Ghost prouve son grand savoir-faire en la matière.

Le malheur est revenu frapper à la porte. Et il a toujours aussi sale gueule.

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