The Aftermath

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14/20
Nom du groupe Meei
Nom de l'album The Aftermath
Type Album
Date de parution 08 Juillet 2022
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Intro
Ecouter00:50
2.
 The Condescending Scribe
Ecouter03:34
3.
 The Dune
Ecouter04:02
4.
 Guilt
Ecouter04:52
5.
 The Aftermath
Ecouter04:43
6.
 Gilgamesh
Ecouter00:52
7.
 Hatshepsut
Ecouter03:49
8.
 Alexandria
Ecouter05:09
9.
 Aquelarre
Ecouter03:23
10.
 Isfet and Maat
Ecouter04:44
11.
 Doom (Guilt II)
Ecouter07:52
12.
 Tesseract
Ecouter04:12

Durée totale : 48:02

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Meei



Chronique @ ericb4

19 Janvier 2023

Une chatoyante et troublante entrée en matière...

Nouvel entrant dans un registre metal symphonique à chant féminin aujourd'hui encore en proie à une féroce concurrence, ce jeune trio espagnol caresse cependant l'espoir, comme nombre de ses homologues générationnels, de faire entendre plus largement sa voix. Ne s'agit-il pas là d'un ixième clone de Nightwish, accouchant alors d'un méfait lambda répondant stricto sensu aux codes du genre ? Ne nous offrirait-il pas plutôt une heureuse alternative aux classiques de ce registre, voire une œuvre originale que deux ou trois écoutes circonstanciées ne sauraient condamner à l'oubli ? De quelles armes se dote-t-il précisément pour espérer nous rallier prestement, et surtout, durablement à sa cause plutôt qu'à une autre ?

Créé à Madrid sur les cendres de The Aftermath, en 2018, le combo se différencie de moult de ses pairs par un projet metal symphonique gothique à chant lyrique parsemé d'orientalisantes sonorités et mâtiné d'un filet de death mélodique. Aussi, les influences d'un Epica estampé « The Divine Conspiracy », d'un Xandria millésimé « India », de Tristania et de Draconian se font-elles tour à tour sentir, que ce soit à l'aune de leur discrète « démo », sortie l'année même de leur fondation, de leurs deux singles (« Guilt » et « The Aftermath »), écoulés quatre ans plus tard, ou encore de leur premier et présent album full length, « The Aftermath ». Etat de fait qui n'a pas empêché nos compères d'apposer leur sceau artistique et technique sur nombre de portées de ce set de partitions comme de ses initiales mesures.

Si ses premières compositions ont été auto-produites dans leur intégralité, c'est chez le jeune et dynamique label espagnol Maldito Digital que le collectif ibérique signe les 12 pistes de sa dernière galette. Indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos belligérants. Aussi effeuille-t-on un propos à la fois pulsionnel, un tantinet rageur, parfois énigmatique, empreint de délicatesse, un brin romanesque et teinté d'une once d'originalité ; tel est l'univers dans lequel nous immergent María J. Barrios Naharro (soprano), Miguel González de Lope (guitare, bouzouki et chant) et Josué Eleazar Bonnín Martínez (guitare rythmique). Qu'en est-il alors de la qualité de production de la rondelle ? Si le mix s'avère bien équilibré et l'enregistrement de bonne facture, un manque de profondeur de champ acoustique et des finitions encore lacunaires s'invitent également à la danse. Mais suivons plutôt nos compères dans leurs pérégrinations...

Quand il nous projette sur des charbons ardents, le trio trouve sans mal les arguments pour nous retenir plus que de raison. Ainsi, passée la brève mais troublante entame instrumentale infiltrée de percussions tribale, « Intro », les sables brûlants de cette terre d'Orient n'auront de cesse de nous assaillir. Ce qu'atteste, tout d'abord, « The Condescending Scribe », intrigant mid/up tempo aux riffs roulants aux faux airs d'Epica ; mis en exergue par les magnétiques oscillations de la sirène et recelant d'insoupçonnées montées en régime du corps orchestral, le tempétueux manifeste ne saurait être éludé. De plus virulents coups de boutoir encore nous attendent sur « Hatshepsut » ; un luxuriant up tempo aux relents power symphonique, dévoilant par là même un enchanteur paysage de notes sur lequel semblent danser les chatoyantes impulsions de la déesse. Enfin, les riffs crochetés comme l'infernale cadence imposée par sa frondeuse batterie, alors secondée d'un tam-tam en liesse, joueront en la faveur du diluvien « Isfet and Maat » ; en découle un headbang bien senti et quasi ininterrompu.

Tout aussi éruptives mais assorties d'une touche death, d'autres portées pourraient bien à leur tour nous assigner à résidence. Ce que prouve le single « Guilt », ''tristanien'' up tempo aux riffs acérés adossés à une sanguine rythmique, où un duo mixte en voix de contraste en parfaite osmose se fait jour, les cristallines inflexions de la belle donnant le change aux growls ombrageux d'une bête que l'on croirait réveillée en sursaut d'un profond sommeil. Et la sauce prend.

Dans une visée progressive, la troupe ne s'est guère avérée plus malhabile, tant s'en faut. Ainsi, variant ses phases rythmiques à l'envi, « The Dune » se plaît à nous bousculer comme pour mieux nous retenir dans ses filets, in fine. Semblant échappé d'un conte des Mille et Une Nuits, ce ''xandrien'' low tempo progressif investi des sensuelles ondulations de la princesse poussera à une remise en selle dès l'ultime note évanouie. Mais le combo a complexifié son message musical d'un cran supplémentaire ; une tentative menée à bien à l'aune de l'instrumental « Tesseract » qui, pour sa part, témoigne d'un réel potentiel technique, au demeurant judicieusement exploité. Inscrivant de seyants gimmicks guitaristiques ainsi qu'un martelant tapping dans sa trame, le torrentiel essai se dote, en prime, d'arrangements de bonne facture, rendant la houleuse traversée magnétique. Dans cette perspective, à l'image de« Doom (Guilt II) », le groupe nous livre une fresque épique et romanesque déroulant fièrement ses quelque 8 minutes d'un parcours aux multiples coups de théâtre. Mise en habits de lumière par les envolées lyriques de la diva, pourvue d'une violoneuse assise, de délicates gammes au piano, et d'un gracile xylophone pour clôturer le chapitre, l'opulente offrande ne se quittera qu'à regret.

Quand la cadence se fait un tantinet plus mesurée, le trio trouve encore quelques clés pour maintenir l'attention constante. Ce qu'illustre, d'une part, « The Aftermath », ''xandrien'' mid tempo où de suaves notes échappées d'un enivrant bouzouki interpelleront le chaland. Encensés par les hypnotiques modulations de la maîtresse de cérémonie, couplets finement esquissés et refrains immersifs glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis. Peut-être bien l'une des pépites de cette offrande. Dans ce sillage se glisse également « Alexandria », un mid tempo aux riffs grésillants, empreint de mystère et égrainant un refrain d'une rare élégance, dont on pourra toutefois regretter la tenace répétibilité de ses schèmes d'accords.

Lorsqu'ils en viennent à nous mener vers des espaces ouatés, nos compères s'y adonnent avec une infinie sensibilité. Ainsi, le délicat instrumental « Aquelarre » se pose tel une touchante ballade a-rythmique aux reflets hispanisants ; mise à l'honneur par un fin picking à la guitare acoustique et agrémentée d'un poignant récitatif en voix féminine à mi-morceau, la tendre aubade s'assimilerait à une véritable invitation au voyage en d'oniriques contrées.

Au final, le combo ibérique nous immerge au cœur d'un message musical des plus engageants, variant ses ambiances et ses phases rythmiques à l'envi ; aussi corrosif qu'enivrant, surmonté d'une séduisante coloration orientale, égrainant de séduisantes lignes mélodiques et jouissant d'une technicité instrumentale et vocale dores et déjà maîtrisée, ce premier essai renseigne donc sur la couleur des intentions du trio madrilène. D'aucuns auraient sans doute souhaité une ingénierie du son plus affutée ainsi que l'une ou l'autre prise de risque pour se sustenter. Témoignant néanmoins d'une heureuse cohabitation de styles et n'accusant pas l'ombre d'une frustrante zone de remplissage, cet introductif effort se suit de bout en bout sans encombre. Bref, une chatoyante et troublante entrée en matière, qui pourrait bien propulser le collectif espagnol parmi les sérieux espoirs de cet espace metal. Wait and see...

Note:14,5/20

2 Commentaires

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MetalSonic99 - 19 Janvier 2023:

Les références sont là! Tristania Epica Xandria! Ça me donne envie de l'écouter!

merci pour cette Chronique! Elles sont toujours plaisante à lire 

ericb4 - 21 Janvier 2023:

Merci à toi! Ayant su harmoniser les styles et proposant une oeuvre plutôt bien produite et somme toute agréable, je pense que ce groupe devrait faire son petit bonhomme de chemin dans ce registre metal. Une affaire à suivre, donc...

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