--- EN COURS DE RÉ-ECRITURE ---
Le grunge est une longue histoire. Il faut remonter jusqu'au milieu des années
1980 pour se rendre compte que ce genre, très en vogue à l'époque, est issu du rock alternatif, et décrit comme une fusion du heavy metal, du punk-hardcore et du rock indépendant. Alors qu'à la même période, des groupes mythiques arborent fièrement la bannière du grunge en sortant leurs premiers succès, comme "
Ten" de
Pearl Jam ou encore le cultissime "Nevermind" de
Nirvana - d'autres se formeront tout juste et connaîtront leur plus grande popularité dans les années 1990.
Si une formation a bien marqué les fans de grunge à cette époque, c'est bien celle du supergroupe
Temple of the Dog en 1990, de Chris Cornell. Né d'un hommage à son ami et colocataire, Andrew Wood (mort d'une overdose la même année) chanteur du groupe
Mother Love Bone, ayant sorti un unique, mais néanmoins remarqué album du nom de "Apple" - la tristesse causée par sa mort inspira largement Chris Cornell à l'écriture et à l'interprétation de nombreux morceaux de cet album éponyme (notamment "Say Hello 2
Heaven" et "Reach
Down"). Car ce qui fait aussi la force du grunge, ce sont les textes particulièrement expressifs retraçant les histoires de ceux qu'ils les ont vécus, des souvenirs d'enfance mais aussi l'émotion dégagée par chacun des morceaux.
Il n'y a plus qu'à enfiler votre chemise bien large, votre pull décousu, votre jean usé, vos baskets usagés et à vous coiffer comme
Kurt Cobain pour vivre pleinement l'apogée du grunge comme dans les années 1990. Et si jamais on vous regarde l'air de dire que ça n'est plus à la mode de se fringuer ainsi, vous n'aurez qu'à ressortir votre bon vieux disque et à lui donner une véritable leçon de grunge avec ce "
Temple of the Dog".
Pour ceux qui découvrent tout juste les essentiels du grunge, ils leur faut à tout prix connaître la composition de ce supergroupe américain né à Seattle. Les vocaux sont donc assurés par le très charismatique Chris Cornell (
Soundgarden, ex-
Audioslave) tandis que les backings vocals et le chant sur "Hunger
Strike" par Eddie Vedder de
Pearl Jam. Les musiciens sont, quant à eux, tout aussi expérimentés puisqu'ils font ou faisaient partie de
Mad Season,
Green River,
Mother Love Bone ou encore,
Pearl Jam ou
Soundgarden.
Vient ensuite le mystère autour du nom du groupe. Loin d'être anodin, il nous provient naturellement d'un morceau de
Mother Love Bone intitulé "Man of Golden Words" où nous tâcherons de jeter un coup d’œil sur les lyrics pour s'apercevoir de la présence d'un
Temple of the Dog.
« Wanna show you something like
The joy inside my heart
Seems I've been living in the
Temple of the Dog »
L'album démarre alors avec une première partie des plus alléchantes, s'arrêtant au troisième morceau phare de l'album, la ballade-single "Hunger
Strike" où le duo Cornell/Vedder s'exprime dans un grunge atypique et suscite évidemment, de grands moments de nostalgie pour une époque tout aussi grandiose : celle de l'âge d'or du grunge. Mais cette chanson a bel et bien une signification, puisqu'elle traite de la grève de la faim et du vol des plus pauvres afin de se nourrir.
Du fait qu'il se soit fortement engagé dans ce projet, la voix de Chris Cornell atteint parfois des sommets comme sur "Say Hello 2
Heaven". Ainsi, il peut aussi bien passer d'une voix posée et mélodique à une performance vocale touchant des notes plus élevées. Mais reste la remarquable "Reach
Down" et ses onze minutes particulièrement éprouvantes aux fortes influences blues-rock : groovy sur les couplets, tandis que les guitares laissent place à des solos endiablés.
Parfois, et c'est le cas sur cet album, la simplicité peut avoir du bon puisque des mélodies plus fines comme sur "Your Savior" ou "All
Night Thing" avec une instrumentation plus discrète savent mettre à l'honneur autant d'émotions, voire même plus, que sur un titre plus technique mais dont la voix est mise de côté.
On y retrouve aussi des influences de hard-rock très présentes sur cet album, et notamment sur la très douce mais néanmoins magnifique "Call Me a Dog" et ses refrains entêtants, et ce, au contraire de "Pushin Forward Back" misant plus sur la puissance de l'instrumentation et sur le côté plus heavy du groupe où l'on découvre un Chris Cornell plus énervé que jamais, dont le chant n'a à présent aucune limite.
Parfois, la tristesse nous rassemble. Elle nous rapproche. Nous apprend même, des choses sur la vie courante. Bien loin des codes commerciaux, cet hommage sombre et émouvant a su unir l'expression artistique du sextet, discours d'adieux et paroles intenses pour un résultat bien au-dessus des productions de rock alternatif actuelles. S'il est simple de dire que cet unique opus est une référence en matière de grunge, ne serait-ce que pour "Reach
Down" et "Hunger
Strike" - ce disque vaut le détour.
tout simplement magnifique de A à Z.
Cornell, un de mes nombreux chanteurs fétiche est vocalement hallucinant comme toujours et véhicule une émotion passionnée d'une intensité rare.
On sent au travers de ce disque la puissance du lien fraternel qui liait ce panel d'artistes de talent. Un must.
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