Tale of the Dragon Claw

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16/20
Nom du groupe Atriell
Nom de l'album Tale of the Dragon Claw
Type Album
Date de parution 12 Août 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1. A Moment of Eternity 03:03
2. The Manuscript 05:38
3. On a Long Journey 05:32
4. The Dragon Claw 04:17
5. Labyrinth of the Black Mountain 05:12
6. Living Water 03:55
7. Love and Hatred 08:33
8. Through a Storm of Fire 06:34
9. Beyond the Dream 05:44
Total playing time 48:28

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Atriell


Chronique @ ericb4

23 Septembre 2016

Un pénétrant rai de lumière jaillit de ce premier et enchanteur effort...

Nouvel entrant dans un espace metal symphonique à chant féminin déjà largement surinvesti, inspiré par les grandes pointures telles que Nightwish, Epica, Dark Sarah, Xandria, Therion, entre autres, Atriell se pose comme un outsider que d'aucuns hors de leur terre bulgare originelle n'avaient subodoré l'existence. Pourtant, mésestimer ce potentiel reviendrait à se priver de quelques traits de génie susceptibles de donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Tout comme ses compatriotes de Metalwings, et malgré une expérience scénique encore balbutiante, le quartet natif de Varna entend tenir la dragée haute à ses homologues générationnels et stylistiques. A commencer par l'ingénierie du son, particulièrement soignée sur ce premier effort. En dépit de moyens logistiques encore limités, l'honnête qualité de l'enregistrement comme celle du mixage ou encore des enchaînements compensent cette carence. Aussi ressent-on une ample et réjouissante profondeur de champ acoustique sur l'ensemble des 9 pistes de cet initial méfait sorti chez Amadea Records, distillant 48 minutes d'un ambitieux et pléthorique projet metal symphonique classique flirtant avec le metal opera.

Pour la mise en œuvre de son propos, Hristo Manolov, fondateur du groupe, compositeur et programmeur, a requis les talents de Norra Morrel (mezzo-soprano), Ivailo Chantov (basse, guitare) et Antonia Malcheva (violon). De cette collaboration émanent de fructueuses compositions à l'esthétique mélodique avérée, à la technicité aussi éprouvée qu'efficace, aux arrangements aux petits oignons, aux thématiques orchestrales variées, conjuguant parfaitement les empreintes stylistiques en présence. Parallèlement, on entre dans un espace scriptural affiné, relatant des histoires de dragons, de cape et d'épée, de batailles sanglantes, de magie, conjointement à une large panoplie de sentiments, dont l'amour, la passion, la haine ou la tristesse. Une harmonieuse combinaison qu'évoque déjà l'artwork de la jaquette, dépeignant une jeune fille romantique brandissant une massive épée sur fond de monde terne et embrumé dans sa décadence. Le décor étant planté, entrons donc dans l'action, à l'aune de l'ambiance médiévale de « Tale of the Dragon Claw »...

C'est sur un tempo mesuré que nous parviennent les premières et heureuses portées octroyées par le combo bulgare. C'est ainsi que démarre le voyage, au devant duquel un préambule s'impose. De sinueuses nappes synthétiques introduisent « A Moment of Eternity », progressif instrumental d'ouverture, classique dans ce registre, mais bénéficiant d'arrangements d'excellente facture que n'auraient pas reniés Therion ou Nightwish. Ce faisant, la marche en avant se fait altière, l'atmosphère souveraine, soutenue par des choeurs en faction qui, par contraste, cèdent le pas à un récitatif murmuré en voix féminine. Aussitôt lui emboîte le pas le vrombissant mid tempo « The Manuscript », libérant un emphatique corps orchestral corroboré par une mezzo-soprano redoutable d'efficience eu égard à la justesse et aux envolées lyriques bien amenées qu'elle délivre. Dans une mouvance nightwishienne avec un zeste de Rhapsody, on embarque pour de sémillants blasts, de fuligineuses montées en puissance, notamment sur la crête du refrain. Si le cheminement mélodique reste avenant, quelques répétitions tendent toutefois à atténuer ses effets. Enfin, une dantesque pièce en mid/low tempo nous est adressée à l'instar de la très nightwishienne « Love and Hatred », elle aussi, qui, du haut de ses 08:33, lance ses riffs crochetés, une lead guitare en liesse parallèlement à une enivrante orchestration samplée qui n'aurait rien à envier à Epica et consorts, évoluant en parfaite osmose avec les volutes oratoires de la déesse, chatoyantes, profondes et puissantes à la fois. Un solo de guitare à l'alerte picking ainsi qu'un tapping frelaté s'insinuent dans une trame épique indéfectible que rien ne saurait réfréner. Lorsque viennent en renfort les fantassins de choeurs, le spectacle est total, nous intimant de poursuivre cette randonnée musicale jusqu'à son terme. Une pépite qui verra perler une pointe d'émotion sur le refrain, immersif à souhait...

Plus souvent, les riffs se font plus incisifs, les blasts et l'énergie plus manifestes, au fil d'une cadence plus offensive, avec quelques belles pièces à la clé. Ainsi, le frondeur et épique « On a Long Journey », dans la veine instrumentale d'Epica, offre la magnificence de ses arpèges tout en nous immergeant dans une mer démontée, le navire évitant chaque esquif avec brio. Un break apaisant s'impose, se faisant aspirer par la déferlante, pour disparaître sous les flots de l'hurlante houle. De plus, on ne restera pas insensible à l'appel de la sirène sur cette scène opératique qui, de ses magnétiques et amples impulsions, affronte les éléments avec aplomb et panache, séduisant au passage ceux qui se seront aventurés dans cet océan de contrastes. La cavalerie continue sur sa lancée à l'aune du sculptural « The Dragon Claw » qui, non sans rappeler Dysrider, avec un soupçon de Xandria (seconde mouture), parvient à nous imprégner de son odeur suave, à nous cueillir dans ses jeux d'ombre et de lumière mettant en regard un angélique chant clair et d'indicibles murmures. Un joli solo de guitare s'extirpe de l'oscillant serpent synthétique au moment où l'orchestration s'épaissit, pour ne plus nous lâcher d'un iota, tout comme la maîtresse de ces lieux, jusqu'au souffle ultime. Dans cette mouvance, tel un générique d'une production hollywoodienne, « Labyrinth of the Black Mountain » nous plonge dans les limbes d'un océan organique, surplombé par les saisissantes inflexions d'une déesse fort investie. Sur un tempo enjoué, avec des riffs acérés, le brûlot se joue des codes du genre pour feindre de nous perdre dans sa toile. Insécurisant à l'aune d'un sillon mélodique peu convenu, l'instant peut sembler froid, distanciateur, et donc, peu propice à l'adhésion. Cependant, les harmoniques tout comme les gammes livrées dévoilent des trésors de subtilité qu'une seule écoute pourrait occulter.

Par ailleurs, corpulent et chevaleresque, le convoi instrumental nous conduit vers « Through a Storm of Fire », brûlot up/mid tempo d'obédience heavy symphonique calé sur de fringantes harmoniques et un chemin mélodique judicieusement oscillatoire, dans l'ombre de Therion. Un break opportun interrompt cette embardée qu'une sautillante reprise vient souffler, le tout calqué sur de convaincants enchaînements et témoignant d'une cohésion instrumentale et vocale inaliénable. Enfin, comment oublier le vitaminé « Beyond the Dream » qui, dans une même veine therionienne des premiers temps, fend l'air comme un seul homme, au gré des pérégrinations de la princesse, d'un virevoltant violon et des harmoniques effilées déployées le long du périple ? Difficile de rester en retrait de cette piste plutôt engageante de par son tracé mélodique et rayonnante eu égard aux séries d'accords déversées sur une sente musicale lumineuse.

Lorsqu'il se lance dans l'écriture de ses mots bleus, s'il est plus rare, l'art semble ici plus naturel qu'ailleurs. Leur restitution témoigne de la forte charge émotionnelle investissant leur auteur, tout comme l'auditeur, happé par la délicate lueur crépusculaire transpirant dans ces portées. Aussi, de soyeux arpèges au piano surmontés d'ondulantes vagues synthétiques nous accueillent sur « Living Water », touchante et romantique ballade a-rythmique mise en habits de lumière par une princesse habitée. Sans réelles modulations ni relief percussif, cet instant fragile n'en demeure pas moins riche en nuances mélodiques, misant sur un harmonieux paysage de notes pour nous séduire. Et, à l'issue de plusieurs passages, la sauce finit par prendre, nous poussant même à y revenir pour goûter une fois encore à ce profond moment de félicité.

Au final, on découvre une œuvre complète dans son schéma compositionnel comme dans son jeu d'écriture, livrant des gammes et des arpèges certes classiques, voire empruntés à leurs maîtres inspirateurs, mais témoignant d'une rigoureuse mise en musique de portées toutes passées au crible, répondant à un cahier des charges des plus exigeants. Un sens inné de la cohésion groupale, le souci d'une constante harmonie d'ensemble, d'un soin de tous les instants apporté à la production, lui conférant une réjouissante netteté, sont autant de qualités transpirant de cette offrande. Un travail minutieux en studio qui a pour corollaire une subtile fusion des talents et qui nous fait comprendre que le combo peut déjà espérer faire partie des valeurs montantes d'un registre metal déjà richement doté. Et ce, même si l'on aurait pu espérer une pointe d'originalité, de caractère, quelques prises de risques ainsi qu'une diversification des atmosphères et des joutes oratoires. Mais le collectif bulgare a bien le temps d'affuter ses armes pour les rendre plus tranchantes encore. Et ce, d'autant plus qu'on peut y percevoir d'ores et déjà les stigmates pré-programmant le début d'une longue aventure pour nos valeureux guerriers...

4 Commentaires

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Castou - 24 Septembre 2016: Belle découverte. Merci pour cette chronique.
ericb4 - 24 Septembre 2016: Mais de rien...
Flandre - 25 Septembre 2016: Merci Ericb4. Un groupe remarqué également pour ma part grâce à ta chronique.
Une voix mezzo-soprano imposante aux touches dramatiques qui colle parfaitement aux thèmes de l’album et aux compos bien épiques et symphoniques du combo. A suivre de près!
ericb4 - 25 Septembre 2016: Merci à toi! Ce groupe m'a aussi touché tant par la qualité de ses compos que par la finesse de ses arrangements. Sans oublier la présence vocale de la talentueuse mezzo-soprano. Une oeuvre pléthorique qui ne manque ni d'allant, ni de panache que nous propose le combo bulgare...
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