Pour quiconque se souvenant encore des derniers épisodes concernant les dernières prises de positions radicales des Suédois de
RAM, l'arrogance avec laquelle ces musiciens affirmaient vouloir, et pouvoir, rendre toutes ses lettres de noblesse à un Heavy
Metal traditionnel dévoyé par d'impurs représentants est sans aucun doute resté prégnant. En revanche, pour quiconque aura été au-delà de cette impertinence, par exemple en jetant une oreille attentive sur l'excellent
Death, dernier album en date du groupe, les indéniables talents de cette formation ne pourront être occultés. En effet, ses capacités étaient manifestes dès lors qu'il s'agissait de composer une musique tantôt très directe, dans l'immédiat sillon des
Judas Priest et
WASP, tantôt plus lourde et passéiste, avec d'évidents relents à la
Black Sabbath, et tantôt plus travaillée et construite, dans l'étroite continuité des
Mercyful Fate et
King Diamond. En d'autres termes, non contente de nous faire de prétentieuses promesses, a contrario de tant d'autres à l'arrogance démesurée, la formation originaire de Göteborg, elle, les honorait. Et de quelle manière !!!
En cette année 2015, soit trois ans après son dernier coup d'éclat, et afin d'échafauder son nouvel édifice intitulé
Svbversvm, les musiciens de
RAM ont été piocher dans certaines de leurs notes griffonnées, de leurs idées oubliées et de leurs concepts de jadis. Du matériel datant de la période 1999/2001 qu'à l'époque ils avaient jugé insuffisamment bon pour apparaître sur leurs premières productions. Bien évidemment nul, mis à part les membres de cette formation eux-mêmes, ne peut dire à quel point cette matière première a été façonné et retravaillé mais, quoi qu'il en soit, le résultat est séduisant à bien des égards. Pour s'en convaincre évoquons donc le remarquable The
Usurper dont certaines séquences nous rappellent immanquablement les travaux d'autrefois de Blackie
Lawless et de sa créature (période The Headless
Children (1989)). Ce titre aux riffs terriblement efficaces, aux refrains splendides et aux rythmes plus posés, contraste singulièrement avec l'entame plutôt dynamique et nerveuse de cet opus. Parlons aussi du somptueux Enslaver aux cadences effrénés, à la furie dévastatrice et délicieuse. Ou encore de l'excellent The
Omega Device (MI III) dont les prémices aux riffs gras mènent nos esprits conquis droit au cœur d'ères définitivement révolues durant lesquelles Tony
Iommi et ses comparses nous enchantaient. Et que dire de l'instrumental
Temple of the
Void aux forts parfums d'ésotérisme et de magie noires se clôturant sur quelques incantations aux voix aigues plus coutumière du Black
Metal que du genre qui nous intéresse ici?
Une liste d'excellentes pistes à laquelle pourraient assurément s'ajouter le vif
Eyes of the
Night. Mais aussi les plus complexes, toutes proportions gardées bien sûr, Forbidden Zone et
Svbversvm. Ce dernier contient d'ailleurs quelques passages, et notamment un break, sublimes qui, une fois encore, nous plongent dans l'occultisme et dans l'ambiance de ces films d'épouvantes de naguère.
En définitive, difficile de dire si ce disque est meilleur ou non que son immédiat prédécesseur. En revanche, aucun doute ne subsiste quant au fait que ce Svbversvum ait suffisamment de qualités pour séduire aujourd'hui ceux qui s'étaient laissés charmer hier par ce
Death. Fort de ces atouts il permet aussi à
RAM de continuer à s'exclamer en des discours emplis d'une insolente morgue puisque son immense talent l'excuse sans peine. Du moins, pour l'instant...
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