Supplication

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Nom du groupe Akhlys
Nom de l'album Supplication
Type Album
Date de parution 14 Octobre 2009
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album3

Tracklist

Limited to 100 copies.
1. Supplication 37:06
Total playing time 37:06

Chronique @ Icare

07 Octobre 2019

Et vous pensiez que le black metal était la musique la plus sombre et effrayante jamais composée ? Pauvres de vous !

Les amateurs de black metal connaissent sûrement déjà Akhlys, l’un des nombreux projets de Naas Alcameth, tête pensante de Nightbringer, Bestia Arcana et Aoratos entre autres. En 2015, The Dreaming I avait laissé son empreinte dans l’underground américain, mélange insidieux d’ambiant et de black ésotérique, et la prochaine livraison de la formation est d’ores et déjà très attendue dans le petit monde du black metal.
Ce que certains ne savent peut-être pas, c’est que l’artiste fait aussi de l’ambiant (Temple of Not) et qu’Akhlys avait déjà sorti un premier album en 2009, entièrement ambiant lui aussi. C’est d’ailleurs autant pour satisfaire la demande d’une fanbase toujours grandissante que pour fêter les dix ans de ce premier full lenght qu’Annapurna réédite ce Supplication et lui donne une seconde vie...

... pour notre malheur à tous, n’en doutez pas : car ce Supplication à la pochette saisissante rappelant étrangement la galerie des visages de la demeure du Noir et du Blanc dans Games of Throne, délivre un dark ambiant glacial, sombre et horrifique. Mêlant bruit diffus, chuchotements, souffles fantomatiques et démoniaques, grincements infernaux en une cacophonie savamment millimétrée, les sons s’enchaînent ou se superposent, tantôt en sourdine, tantôt hurlant, emplissant tour à tour ou tous ensemble l’espace sonore de manière imprévisible, et maintenant ainsi sur l’ensemble une tension palpable qui confine à l’angoisse, un peu comme la BO d’un film d’horreur où on ne sait pas trop à quel moment le psychopathe va surgir de l’ombre pour frapper.

Imaginez-vous traqué par une créature sanguinaire, par une nuit pluvieuse ; à bout de souffle, vous vous réfugiez dans un immense entrepôt vide et sombre, dont la porte rouillée se referme sur vous dans un grincement atroce qui résonne comme un hurlement d’agonie dans la nuit. Là, vous essayez de vous cacher parmi les carcasses de ces immenses étagères métalliques qui semblent vous regarder de haut et vouloir vous dénoncer à votre poursuivant infernal. Vous entendez la porte rouillée s’ouvrir à nouveau et la chose qui rentre derrière vous. Vous la devinez qui s’approche, vous pouvez percevoir son souffle rauque dans la pénombre poussiéreuse de l’entrepôt, vous essayez de faire le moins de bruit possible et tentez de comprimer les battements de votre cœur qui cogne furieusement dans votre poitrine et jusqu’à vos tempes, de peur qu’ils ne vous trahissent…
C’est du moins l’impression de malaise tenace que laisse le début de la première piste, avec ces explosions sourdes et angoisantes qui se répercutent dans un néant aux relents d'indus, ainsi que ces tintements sonores et metalliques, qui résonnent comme une horloge infernale annonçant l’heure de votre mort toujours plus imminente. Puis, après les cruelles affres d’une attente qui nous semble éternelle – sont-ce des jours, des heures ou de simples minutes ? - la « musique » se fait plus tranquille, comme si nous sombrions doucement dans un sommeil contre lequel il serait vain de lutter… Pourtant, il faut résister, l’éveil est le seul rempart contre les créatures innommables de vos cauchemars, bien plus terribles encore que celle qui vous pourchassait encore quelques instants auparavant… Mais vos yeux se ferment et la torpeur vous gagne, et dès 8,48 min, vous avez sombré, et les horreurs de votre inconscient rejaillissent, vous assaillant de ces plaintes lugubres aussi terrifées que terrifiantes.

Akhlys s’amuse à jouer avec nos peurs, nous malmenant dans des montagnes russes émotionnelles avec un minimalisme saisissant durant deux longs titres de 20,50 et 16,16 minutes. Ce qui est surprenant, c’est que malgré une palette sonore très restreinte (bruits, crissements, chuintements, sifflements, voix et chuchotements, dissonances légères, le tout entouré de cette aura noire et pesante palpable qui semble se mouvoir au fur et à mesure de nos émotions), Alcameth donne vie à des tableaux d’une obscurité abyssale et d’une richesse suggestive assez incroyable, sorte de chef d’orchestre maudit de la craie qui crisse sur le tableau noir : en réalité, il semble guider nos névroses et nos phobies et finalement les images d’horreur qui nous assaillent ne sont que la partie inavouable de notre propre imagination. La Part II se termine exactement comme la Part I avait commencé, avec le bourdonnement sourd du néant qui semble vouloir nous rappeler à lui et ce glas funèbre dont le message est irrévocable…

Moins contemplatif que Trist, moins mélancolique et plus impitoyable qu’Atrium Carceri, plus extrême, désolé et minimaliste qu’In Slaughter Natives dans son iconoclasme sonore, ce Supplication ne propose que ténèbres et angoisses d’un bout à l’autre de ses 37 minutes, sans temps mort. Et vous pensiez que le black metal était la musique la plus sombre et effrayante jamais composée ? Pauvres de vous ! Il ne vous reste qu’à supplier cette grande ombre indistincte là tout au fond des ténèbres que ce Supplication consente à ne pas hanter votre esprit malade jusqu’à la fin des temps et accepte de vous relâcher de son empreinte délétère… Bonne chance...

2 Commentaires

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tormentor - 07 Octobre 2019:

Ta chronique donne vraiment envie ! En plus c'est ce genre de zik que je recherche en ce moment.

Je vais aller découvrir ça au plus vite.

Ghul - 07 Octobre 2019:

Je possède cet album sans jamais m'y être sérieusement plongé. Ta chronique me donne envie de le faire. Merci !

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