Le groove ou le swing, appelez ça comme vous voudrez, sont des armes d'une redoutable efficacité qui distinguent assurément un groupe lambda d'un autre. Aussi lorsque, par le truchement de ces réseaux sociaux où je fréquente essentiellement des gens hautement fréquentables, j'ai découvert
Doomsday Machine et ce titre Bring You
Pain exhalant cette délicieuse sensualité si propre à ces années 70 et à ce
Hard Rock où se mélangent Blues, Boogie et Rock (
The Answer,
Koritni,
Flayed,
Gotthard (dont l'esprit plane un peu partout sur ce disque) et même
The Black Crowes pour ne citer que ceux-là), un titre extrait de l'album
Suffer More, je croyais déjà, avec ce morceau, cette formation et cet opus, avoir découvert le Saint
Graal. Des pistes telles que Fallback et ses riffs chaloupés, le bluesy
All That I Have et son final où l'on peut entendre quelques notes d'harmonica et un For A Phantom
Limb au préambule très roots, que n'aurait sûrement pas renié Muddy Waters, et au déroulement très Blues Rock, celui-là même que savait si bien nous offrir le regretté Steve Lee et ses petits camarades, ne viendront certainement pas entamer mon enthousiasme.
Pas plus d'ailleurs que I've Been Found et ses claviers Hammond ou que ce Tales of a Broken Man, une fois encore, très inspirés par le
Hard Rock et le Blues. Ni même par Saltwater ou par la ballade Standing Tall.
Louons aussi les qualités de ce chanteur, Phil, à la voix tantôt suave, tantôt plus aigue nous proposant un résultat qui sera une sorte d'expression à mi-chemin entre celle de Lex Kortni et de
Jean Beauvoir. Evidemment les autres musiciens à l'origine de ces 15 chansons n'ont rien à lui envier tant ils seront, eux aussi, brillants.
Mais au-delà de ces titres, de cette magie et de cette réussite, il y a autre chose. Une volonté manifeste de la part de ces Britanniques d'explorer des mondes divers et variés. Voire même exotiques si l'on continue à penser qu'il est affilié à ce monde
Hard Boogie Blues Rock pour lequel il aura démontré tant de talents ici. Pour ce faire il n'hésitera pas à s'aventurer en des terres inconnues comme, par exemple, celles d'un propos aux accents plus "Grunge", plus tourmentés, plus modernes et, ou, les trois à la fois (
Wait Until Tomorrow,
Jericho Cane ou par exemple Walk on Water). Parfois même, il va encore plus loin et franchit des frontières peu communes comme par exemple sur le véloce, court et furieux
Pandemonium que si j'osais je qualifierais presque de Heavy Speed
Metal.
Cette partie de sa personnalité est celle que, personnellement, j'aime le moins. Alors je ne dis pas que ces moments où le groupe anglais s'évade en des horizons plus lointains, voire insolites, font de ce disque un disque raté. Non, je dis juste que, pour ma part (et j'insiste sur le "pour ma part"), je n'aurais absolument rien eu à redire si la formation originaire de la perfide
Albion s'était cantonnée à cette expression plus "traditionnelle" qui est, aussi, et surtout (ces expérimentations étant moins nombreuses que le reste) la sienne et qui reste ma préférence à moi (comme le dirait si bien Julien). Cela dit c'est vrai aussi que, ce faisant, il n'aurait sans doute pas réussi à se distinguer aussi brillamment de ses autres petits camarades avec lesquels il partage ces inspirations plus classiques.
En tous les cas, malgré cela, ce
Suffer More de
Doomsday Outlaw est une excellente découverte qui vous ravira sûrement si vous êtes un adepte convaincu des formations évoquées dans la première partie de ce (trop) long article.
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