Stories of a Mind Gone Astray

Liste des groupes Power Symphonique Lark Puden Stories of a Mind Gone Astray
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Nom du groupe Lark Puden
Nom de l'album Stories of a Mind Gone Astray
Type Album
Date de parution 30 Juillet 2014
Labels Self-Produced
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Silent Tears 04:06
2. Paradise’s Seekers 04:31
3. Firestarter 04:11
4. The Dark Tower 05:13
5. More Time with You 04:38
6. Between Darkness and Light 04:56
7. Underground 04:02
8. Seven Moons 05:04
9. Lady in Black 04:10
10. My King 05:00
Total playing time 45:51

Chronique @ ericb4

07 Juin 2016

Une insoupçonnée et réjouissante pièce en trois actes...

Sur une idée originale de Nicolas Farante, auteur/compositeur/arrangeur et batteur de son état, le projet d'une heureuse combinaison de la flamboyance percussive du power metal, des arrangements orchestraux orientés symphoniques et d'une coloration opéra eu égard à l'empreinte vocale requise, allait devenir réalité. Et ce, pas moins de quatre ans après les premières esquisses textuelles et les accords de base de la production entamées par l'assidu impétrant originaire de Rosario, en Argentine. Peu à peu, le line up s'est tissé et soudé, impliquant dès lors les talents conjugués de : Nahuel Nieri (guitare) et deux ex-membres d'Abrasantia, à savoir Pedro Pablo Farante (bassiste et vocaliste) et Melani Hess (émérite mezzo-soprano), artistes déjà expérimentés de la scène metal locale. De cette fructueuse collaboration naquit un initial et vitaminé album full length, sculpturale et éclectique rondelle auto-produite de 10 titres cousus sur un ruban auditif de 45 minutes. Inspiré par les vibes de Nightwish, Epica, Amberian Dawn, Xandria et Ancient Bards et non sans rappeler Elessär ou encore Escapist sur le plan vocal, formations montantes de la scène metal symphonique argentine, le collectif sud-américain nous embarque dans une œuvre solaire, teintée d'effluves et de romance. Ce faisant, il témoigne d'une excellente qualité d'enregistrement et d'un mixage équilibrant quasi parfaitement instrumentation et lignes vocales, avec un soin accolé aux petits détails qui, comme les finitions, font la différence...

La pièce proposée se diviserait en trois actes, le groupe s'étant orienté tour à tour sur une voie entraînante, voire tubesque ; offensive, voire meurtrissante ; romantique, voire sensuelle. Et ce, avec comme dénominateur commun d'équilibrer technicité et mélodicité, rigueur structurelle et liberté formelle et esthétique, passages vocaux et instrumentaux. Et cela, dans le sillage atmosphérique ou rythmique de quelques pointures du genre, tout en nous octroyant un sceau qui en fonderait son identité artistique.

Dans la première salve, se bousculent des pistes formatées pour les charts, les riches et inspirées compositions ne manquant pas à l'appel et n'ayant, en l'état, rien à envier aux sources d'influence du valeureux combo argentin. Bref, un premier acte placé sous le signe de plaisirs authentiques aisément accessibles.
On entre rapidement dans la danse sur l'entraînant « Silent Tears », souriante piste power sympho mélo dans l'ombre d'un Nightwish de la première heure, disséminant ses riffs écorchés vif et sa rythmique enjouée. Surtout, on ne tarde pas à être infiltré par le rai de lumière oratoire de la déesse qui, sans l'ombre d'une difficulté, nous renvoie à nos souvenirs émus de son groupe d'origine, tout en s'autorisant de plus amples envolées lyriques encore, flirtant avec quelques notes haut perchées avec grâce et naturel. Un joli solo de guitare vient parachever d'enrichir une toile rutilante, aux arrangements de bonne facture, aux allures d'un hit. Sillonnant de saisissants couplets et d'immersifs refrains, aux habiles accords et calés sur un tracé mélodique ensorcelant de bout en bout, l'envie de remettre en selle la bête nous taraude. Dans cette logique, l'invitant morceau metal symphonique « Firestarter », non sans renvoyer à Escapist, ne rate pas moins sa cible, celle de nos émotions les plus enfouies. On se laisse volontiers envahir par un imparable océan de saveurs mélodiques, enjolivées par les sculpturales patines oratoires de la belle. Résister à l'emprise du grisant refrain serait ainsi une bien vaine entreprise, celui-ci répondant parfaitement aux critères requis par le registre d'appartenance du combo argentin. Un jouissif solo de guitare interrompt un instant les frasques de Melani, avant que l'instrumentation n'achève son parcours crescendo. De même, l'engageant « Between Darkness and Light », jovial morceau power sympho, se cale lui aussi dans la droite lignée des premiers Nightwish, concernant les arrangements et le tracé mélodique, réservant de jouissifs instants. Non sans rappeler Amberian Dawn, on se sent emporté dans un tourbillon de saveurs exquises relatives au cheminement harmonique, disséminées au gré des pérégrinations lyriques de la mezzo-soprano, puissantes et limpides à la fois. Un ralentissement permet de reprendre ses esprits, prestement relayé par une sculpturale et envoûtant reprise sur le refrain. Au solo de guitare à l'expert délié de fermer la marche corrélativement à des nappes synthétiques qui, à pas feutrés, nous offre une sereine clôture de l'acte. Dans cette mouvance, le mid tempo progressif « Underground », dans la veine de Dark Sarah, avec une touche d'Elessär, déambule dans une dense et solaire plaine instrumentale, au sein de laquelle la redoutable séductrice use de ses charmes pour lover le tympan, qui sera conquis d'un battement de cil. Et, ici comme ailleurs, la sauce prend, assurément. Rejointe par son comparse, le titre y gagne même en relief acoustique, nos tourtereaux suivant une ligne mélodique mêlant flamboyance et luxuriance, l'orchestration étant devenue conjointement emphatique, l'ensemble finissant crescendo.

Mais, le combo ne s'est pas contenté de nous séduire par quelques tubesques pistes savamment concoctées en coulisse pour remporter la palme. Il a oeuvré ardemment en studio pour livrer également certains moments plus enlevés, souvent frétillants, parfois cinglants, pour le moins vivifiants. Un second acte haut en couleurs, en quelque sorte...
Ainsi, sur une véloce assise rythmique et des riffs acérés, « Paradise’s Seekers » emprunte une rayonnante ligne mélodique dans le sillage de Rhapsody Of Fire avec des relents d'Amberian Dawn et une touche d'Elessär. Quelques séries de notes orientalisantes dans la veine de Xandria nous sont octroyées sur un break opportun, prestement balayé par une reprise sur la crête du refrain, la maîtresse de cérémonie par ses angéliques volutes généreusement et distribuées ne pouvant être esquivée. Parfois timidement rejointe par son comparse masculin en voix claire, elle ne dédaigne pas partager le micro mais paraît l'ensevelir de sa présence. On comprend alors que rien ni personne ne semble pouvoir entraver sa marche en avant, ravissant le tympan à chacune de ses apparitions. Même topo pour le poignant et énergique « The Dark Tower », titre power sympho aux riffs frondeurs et à la rythmique resserrée dans le sillage d'Ancient Bards, nous plongeant dans une mer houleuse à l'intense agitation intérieure. Tout en évoluant de fait sur un élément déchaîné, on garde le cap, le collectif ne perdant jamais le fil mélodique de vue, ni une technicité instrumentale éprouvée aux élans bien marqués mais aux débordements maîtrisés. Une fois encore, la sirène se plait à distiller ses puissantes et claires inflexions, en phase avec le cortège orchestral se déployant en filigrane, avec une présence violoneuse, conférant une ambiance surannée à la pièce. Enfin, le frétillant « Lady in Black » dynamise l'atmosphère mordorée du skeud, de la même manière, eu égard à la sèche et ravageuse rythmique. Un solo de guitare enflammé s'invite au bal, contribuant à enorgueillir une épique pièce metal sympho, où les éléments synthétiques brillent de mille feux. Dans ce dédale instrumental s'immisce la maîtresse des lieux, qui jamais ne baisse la garde, loin s'en faut. Elevant d'un cran ses impulsions et sa tenue de note, témoignant d'un large spectre vocal, elle ne mettra pas longtemps à nous convaincre d'accepter cette danse.

Troisième acte, et non des moindres, celui consacré à la communication de ses mots bleus, la troupe livrant ainsi quelques instants fragiles, éminemment authentiques, parfois sensuels, pour le plaisir ultime de nos sens.
D'une part, on est accueilli avec les honneurs par la chatoyante empreinte vocale de la douce sur « More Time with You », délicieuse power ballade aux airs d'un slow qui emballe. Un titre qui, sans encombres, saura charmer, sinon envoûter bien des cœurs frileux. Couplets délicats et refrains quasi hypnotiques alternent et progressent avec légèreté et finesse dans un bain orchestral aux doux remous. Et toujours notre hôtesse pour nous accompagner, n'ayant de cesse d'octroyer de fondantes gourmandises, à l'instar de sémillantes variations accolées à un vibrato effilé, pour nos tympans en quête d'extase. Bref, l'émotion nous gagne à chaque mesure. On ne résistera pas davantage aux saveurs du gemme « Seven Moons », féérique ballade où les délectables couplets nous arrivent droit dessus, telle une lente et impondérable déferlante, précédant de véritables rouleaux-compresseurs, à l'intar de voluptueux refrains glissant littéralement dans nos tympans alanguis sans qu'on ne puisse s'en extraire sinon avec quelques regrets. On entre véritablement en lévitation lorsque la sirène émergée de son élément aquatique s'empare du micro et qu'elle lance ses liquoreuses volutes, qui sont autant de flèches décochées destinées à fendre les cœurs pour mieux s'en emparer. Que dire de plus... Ce n'est pas l'outro de l'opus qui démentira ce sentiment. De doux et jolis arpèges au piano nous accueillent sur « My King », délicate ballade progressive imprégnée par le magnétique cristal de voix de la maîtresse de cérémonie. Une recherche approfondie sur les accords transpire par tous les pores de cette radieuse pépite, conférant à la pièce son caractère propre et un supplément d'âme rarement atteint, y compris par les cadors de ce registre metal. Tout en subtiles nuances, le flot ininterrompu des séries de notes pénètre l'épiderme et l'on se surprend à esquisser un léger headbang empreint d'entrain et de romantisme.

Au final, on a l'agréable sentiment de détenir la première pépite d'un projet au long cours pour le combo argentin. Il s'est laissé le temps nécessaire à la maturité de ses gammes et de ses arpèges, de souder son équipe au point de créer une véritable symbiose entre instrumentistes et vocalistes, d'affiner les détails logistiques et techniques pour nous offrir une solaire ronde des saveurs, le nectar de ce que peuvent actuellement nous octroyer ses compatriotes de cette scène metal si convoitée. A condition de bien digérer ses sources d'influence et de varier encore les exercices pour compléter sa palette, il aura une belle carte à jouer pour faire partie des valeurs montantes du metal symphonique à chant féminin à l'échelle internationale. Certes, les lignes mélodiques restent classiques et l'ensemble témoigne de peu de prise de risques, mais le potentiel affiché pourra leur permettre de dépasser ces rassurantes portées pour nous conduire en des espaces encore peu courus pour nous rallier tout autant à leur cause. C'est dire que les aficionados de power sympho lyrique pourront déjà se laisser sustenter par le présent opus, recelant bien des trésors d'ingéniosité. Selon votre humble serviteur, il se pourrait bien qu'une fois le délectable parcours arrivé à son terme, l'irrépressible désir monte de réenclencher la lecture de la totalité du skeud, œuvre susceptible d'éveiller et de réalimenter d'authentiques plaisirs...

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