Sthoopa

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12/20
Nom du groupe Dhwesha
Nom de l'album Sthoopa
Type Album
Date de parution 01 Septembre 2014
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Sattva Bali
2. Sthoopa
3. Dhwesha
4. Hoy! Sala
5. Ugra Narasimaha
6. Sabhe
7. Yuddhabhumi
8. Kapala Haara

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Dhwesha


Chronique @ cm91

24 Juillet 2018

Une plongée macabre et horrifique dans les ténèbres de l'Inde médiévale

Le Moyen-Âge, cette période de violence exacerbée de partout, une époque de quasi-anarchie où seule règne la loi du plus fort. Une page sombre de l'Histoire où tout n'est que mort et destruction, avec parfois des vents de peste et d'épidémie en tous genres pour venir occire ces misérables êtres qui peuplent les terres souillées par tant de maux. A cela s'ajoute un fanatisme religieux utilisé à outrance pour justifier d'innombrables déclarations de guerres, se soldant toutes par un bain de sang en guise de prière envers Dieu. C'est du moins l'image que l'on se fait du Moyen-Âge en Occident. Qu'en est-il des contrées lointaines comme l'Inde ? C'est ce que nous allons voir aujourd'hui avec Dhwesha.

Dhwesha est originaire de Bangalore en Inde du sud ; le groupe est formé en 2008 par le chanteur/guitariste Ajay Nagaraj avec pour particularité de parler de l'histoire du Karnataka, l'état indien d'où sont originaires les musiciens. Visiblement, la composition semble avoir subi pas mal de contre-temps puisque, bien que formé en 2008, le groupe ne sort son premier album qu'en 2014. Mais bon, l'attente en vaut la chandelle, et nous sommes désormais prêts à entendre les légendes du Karnataka. La première vue sur la pochette avec ces soldats sur un arrière-fond très sombre représentant un temple indien nous promet surtout une chose : ce disque nous réserve une plongée macabre et horrifique dans les ténèbres de l'Inde médiévale.

Avant de dévoiler la musique, un certain rappel historique s'impose pour comprendre le disque : Nous sommes en l'an 1336 du calendrier chrétien ; en Inde du sud, la survie de l'empire Hoysala ne tient plus qu'à un fil, celui-ci étant menacé au nord par le Sultanat de Dehli en pleine expansion sur toute la péninsule indienne, et au Sud par le Sultanat de Madurai né des cendres de feu l'empire Chola, et qui a gardé de son ancêtre la haine des Hoysala. Le seul espoir de salut de l'Empire Hoysala est son souverain Veera Ballala III, épaulé par ses armées fanatisées par des prêtres hindouistes comme jaïnistes qui exaltent ces guerriers sans peur à massacrer les envahisseurs pour défendre leurs terres, et à offrir leurs ennemis en sacrifice à Shiva.

Voilà pour l'introduction, maintenant passons à la musique. Pas de piste introductive, on rentre dans le vif du sujet dès le premier titre "Sattva Bali" qui commence par une mélodie inquiétante, le tout étant accompagné d'un son death metal très lourd et pesant. Pas de doute, nous avons-là droit à du vieux death metal old school à la Bolt Thrower qui se reconnait beaucoup dans la lourdeur des chansons comme sur l'éponyme ou "Dhwesha", et à des ambiances morbides à la Dead Congregation, avec ce sentiment de malaise que l'on ressent dans des morceaux comme "Sabhe". A préciser que, par rapport aux Anglais, notre trio privilégie la guerre médiévale plutôt que les deux guerres mondiales, mais ça vous l'aviez sans doute déjà compris.

Le groupe ne se contente pas de narrer des histoires anciennes, il va même jusqu'à affirmer ses racines indiennes avec des textes entièrement écrits en kannada, la langue officielle du Karnataka (en Inde du sud, la langue officielle n'est pas la même d'un état à l'autre), et même les titres sont des références à la mythologie kannada comme par exemple "Hoy ! Sala" qui reprend le mythe fondateur de l'empire Hoysala où un jeune homme nommé Sala aurait défié un lion pour sauver un moine qui aurait crié "Tue-le Sala" ("Hoy Sala" en kannada ancien) pour l'encourager. Le nom du trio est lui-même un exemple, puisqu'il signifie "vengeance" en Kannada.

On retrouve aussi des influences indiennes dans les mélodies comme par exemple l'intro très glauque de "Kapala Haara" ou des pistes instrumentales à la cithare. Seulement, tout cela ne peut cacher deux défauts : le manque d'originalité et le manque d'accroche. Pour le premier, la seule originalité est au niveau linguistique. Pour les sonorités indiennes, il ne faut pas oublier qu'elles ont déjà été introduites par leurs compatriotes de Demonic Resurrection, du coup on se retrouve vraiment en terrain connu. Pour le manque d'accroche, ça se retrouve particulièrement sur les pistes "Sabhe" et "Yuddhambhumi" où l'on ressent une certaine longueur qui ne donne pas vraiment envie d'aller jusqu'au bout. Heureusement que le groupe se rattrape avec le dernier titre "Kapala Haara". Le meilleur pour la fin, comme on dit.

Donc voilà, du death metal old school mais entièrement chanté dans une langue dont je suis sûr personne n'a entendu parler avant de lire cette chronique. Aussi, si vous voulez réviser un peu votre histoire, jetez-vous sur ce disque qui exaucera sans doute vos envies d'ailleurs, mais prenez garde à Shiva qui veille et dont le désir de sang est aussi grand que celui du Malin chez nous.

1 Commentaire

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tormentor - 26 Juillet 2018:

Très belle Chro. Elle donne envie de se pencher sur ce groupe. Belle découverte pour moi merci.

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