13-Digits est un quatuor de trentenaire parisien officiant dans une large sphère progressive, englobant essentiellement du Rock et du
Metal. À l'origine projet solo de
Sebastien Hue, il finit vite par attirer dans ses rangs trois autres musiciens afin de pouvoir concrétiser cette petite entreprise. Un an après leur formation, le groupe sert donc en 2009 «
Static Motion », premier EP entièrement autoproduit, pour une durée sympathique de 33 minutes et doté d'une très belle pochette, semblant montrer un monde moderne, prisonnier sous l'ère glaciaire.
Pour une autoproduction d'un premier essai, le son est quand même très propre même si plusieurs fois, un manque de profondeur (notamment de la batterie) se fera sentir. Il est difficile de faire du progressif sans s'inspirer des maîtres du genre que sont
Dream Theater ou
Tool. Il y a bien d'autres groupes également, mais ces deux-là sont particulièrement intéressants, car il semble évident que ce sont eux qui reviennent le plus souvent comme inspirations des Franciliens.
« Broken Destinies » introduit l'album. L'introduction est très Ambiante et délicate, la guitare se faisant à peine frôler, la batterie cognant délicatement sur ces fûts. Et puis les accords se font plus puissants, de plus en plus oppressants. La basse rentre en jeu. Mais la ... Cette guitare bien trituré, ce rythme de riff, cette façon de cogner la batterie... Du pur
Dream Theater, eh oui. Lorsque
Sebastien se met à chanter, la ressemblance est encore bien plus frappante tant son chant semble se rapprocher de celui de
James LaBrie, la différence étant bien sûr dans la prononciation,
Sebastien semblant avoir parfois du mal et les paroles en devenant quelquefois incompréhensible. Néanmoins, l'apport du chant
Death de Fabrice permet de varier quand même le tir. Le mixage global de l'album a semble-t-il privilégier les guitares, qui ont tendance à dominer l'ensemble, empêchant une écoute attentive d'une batterie manquant quelque peu de puissance et de variété et noyant également légèrement le chant. Quant aux solos, typique du progressif, ceux-ci sont quand même bien plaisants et agréables à l'oreille.
Autre petite touche
Dream Theater, la double chanson «
Uncanny ». La première partie impose un rythme plus délicat, mais la guitare très aiguë a tendance à faire saigner l'oreille. Puis les riffs un peu saccadé et morcelé rappellent encore une fois le grand maître américain. Cette façon de chanter sur le refrain, essentiellement. Mais le tout se révèle quand même très agréable à l'écoute, car même si on ressent les inspirations, elles restent très bien interprétées bien qu'on puisse également faire les mêmes reproches concernant le son de la guitare. Ce défaut, d'ailleurs, se transformera en avantage sur la seconde partie, entièrement instrumental. Car sans paroles, le fait que les instruments soient ainsi mis au premier plan nous fera mieux ressentir les émotions d'une très belle ballade aux accents un peu sudistes. Même si les accords trop aigus de la guitare agaceront, cette basse grondante qu'on ressent enfin clairement sera un vrai plaisir, tout comme cette montée en puissance du morceau. Le seul regret ? Sa durée, trop courte...
«
Figure of Speech » fait plus penser à
Tool au niveau de la voix de
Sebastien, bien que cette fois-ci, le chanteur impose une patte un peu plus personnelle. Le break ambiant du milieu est également somptueux (inutile de répéter le principal problème de la guitare). Les variations du chant de
Sebastien sont également un bon point positif, avec ces passages plus énervées sur la fin. « Hyperbole » est la pièce maîtresse, explorant toutes sortes d'expérimentation. Le chant
Death y est d'ailleurs somptueux de puissance et de profondeur. Pour le reste, on peut également noter l'apparition du passage vocal quelque peu rappé et virulent est original sur la fin. La musique reste fidèle à elle-même, les guitares sont tantôt délicates et atmosphériques, tantôt plus massives, mais pour le coup un peu trop sèche. La batterie sort très bien par contre et c'est une bonne chose. « Anticlimax » clôture efficacement l'album, toujours sur la même alternance douceur-massive. Mais les riffs sont plus aériens et la basse s'autorise quelques passages bien construits en passant devant les grattes. Le chant n'hésite pas à explorer de nombreux coins jusque-là uniquement frôlé sur le reste de l'EP, une diversité bienvenue donc. Les riffs et les solos sont diablement efficaces.
Pour un premier essai, le contrat est rempli sur le contenu. Sur la forme par contre, le groupe gagnerait davantage à proposer sa propre identité. Quant au son, il est fait avec les moyens du bord, évidemment. Mais la guitare est trop assourdissante par moment tellement elle est aiguë et ça fait bien mal aux oreilles parfois... Malgré ça, «
Static Motion » est un EP vraiment sympathique qu'il convient d'écouter à tête reposer. Le rendez-vous avec leur premier véritable album, "The Rise of Souls", est pris !
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