Starbridge

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14/20
Nom du groupe Starbridge
Nom de l'album Starbridge
Type Album
Date de parution 15 Novembre 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Days of Fire
 06:02
2.
 I'm Not Alone
 04:51
3.
 Reborn
 03:41
4.
 March Strong
 03:25
5.
 In Memories Together
 04:35
6.
 Road of Ages Pt. 2
 06:57
7.
 D Day Is Calling
 06:52

Durée totale : 36:23

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Starbridge


Chronique @ ericb4

12 Avril 2025

Un premier élan à la fois magmatique, intrigant et romanesque...

Parmi les rares formations originaires de Bosnie-Herzégovine à se lancer dans le foisonnant espace metal symphonique à chant féminin, s'immisce ce discret et néanmoins talentueux quintet, sorti de terre en 2014. Conscient des risques courus à chercher à essaimer ses riffs coûte que coûte, et aux fins d'un travail de longue haleine en studio, le jeune combo n'accouchera de son introductif et éponyme album que cinq longues années plus tard. Ce faisant, les sept pistes que compte cette auto-production constitueront-elles un arsenal défensif suffisamment efficace pour faire de nos valeureux gladiateurs de redoutables opposants face à leurs homologues stylistiques, toujours plus nombreux à affluer ? Plus encore, les 36 minutes de ce premier élan seraient-elles à même de hisser la nouvelle recrue parmi les sérieux espoirs de cet environnement metal ?

A bord du navire, nous accueillent : la mezzo-soprano aux chatoyantes inflexions Dejana Hrsum, Daniel Grahovac aux guitares et au chant additionnel, Darko Hrgić à la basse, Dragan Grahovac à la batterie et Svetozar Canić aux claviers. Le groupe ainsi constitué nous plonge au cœur d'un propos rock'n'metal symphonique aux relents heavy mélodique et rock progressif. Se dessine alors une œuvre à la fois volontiers énergisante, un tantinet complexe et romantique à ses heures, harmonisant des sources d'influence aussi éclectiques que Nightwish, Imperia, Epica, Dream Theater, Symphony X, la petite touche personnelle en prime. Bénéficiant d'une production d'ensemble de bonne facture, à commencer par une qualité d'enregistrement difficile à prendre en défaut, d'où ne s'échappent que d'infimes sonorités résiduelles, l'opus garantit au chaland un confort auditif suffisant pour lui assurer une traversée sans escale prématurée. Tous les voyants seraient donc au vert afin que la croisière soit des plus agréables...

Quand il nous projette sur des charbons ardents, le collectif bosnien trouve sans mal les clés pour nous aspirer durablement dans la tourmente. Ce qu'atteste, en premier lieu, « Days of Fire », tonique effort heavy mélodico-symphonique et progressif, à la confluence de Nightwish et Dream Theater. Sous couvert de riffs acérés, d'une basse éminemment vrombissante et de sanglants coups d'olives, tout en sauvegardant une sente mélodique des plus enivrantes, où semblent danser les poignantes envolées lyriques de la sirène, le saillant méfait ne se quittera qu'avec l'indicible espoir d'y revenir sitôt l'ultime mesure évanouie. Et ce ne sont ni les sémillantes rampes synthétiques qu'il renferme ni, par effet de contraste, le final investi d'un guitare acoustique/voix tout en délicatesse qui nous débouteront de cette pièce d'orfèvre, loin s'en faut. Dans cette mouvance, le frétillant up tempo « I'm Not Alone » dévoile, lui, ses riffs épais adossés à une frondeuse rythmique ; ne relâchant pas son étreinte d'un iota, décochant un vibrant solo aux claviers suivi d'un fin legato à la lead guitare, se calant parallèlement sur de seyantes séquences d'accords, l'impulsif manifeste poussera à son tour à un headbang bien senti et quasi ininterrompu.

Lorsqu'elle en vient à varier ses phases rythmiques à l'envi, c'est d'un battement de cils que la troupe nous happe. Ce à quoi nous sensibilise, tout d'abord, « March Strong », mid tempo progressif au carrefour entre Symphony X et Imperia ; pourvu d'un entêtant refrain mis en exergue par les fluides oscillations de la déesse et recelant une inattendue et galvanisante accélération à mi-morceau, et en dépit d'une mélodicité certes agréable mais déjà courue, le tonique et engageant mouvement génère une énergie aisément communicative. Dans cette dynamique, l'opulent et complexe « Road of Ages Pt. 2 » égraine ses quelque 6:57 minutes d'un parcours parsemé de moult péripéties, sans pour autant y perdre de son rayonnement mélodique. Instillée d'un passage reggae que nul n'aurait imaginé dans ce registre mais relevé de main de maître par nos acolytes, de deux flamboyants soli de guitare et s'achevant sur de lipidiques mais poignants gimmicks guitaristiques, cette fresque demeure une belle surprise de ce set de compositions. Plus tortueux et révélant un ample et ésotérique passage techniciste qui ne s'imposait pas, mais infiltré d'une chatoyante touche orientalisante et variant opportunément ses séquences rythmiques, l'orgiaque et ''symphonisant'' « D Day Is Calling » pourra, aux fins de quelques passages circonstanciés, requérir l'adhésion du chaland.

Au moment où ils nous mènent en de plus intimistes espaces, nos compères parviennent là encore à nous retenir plus que de raison. Ce qu'illustre, d'une part, la ballade progressive « Reborn » eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'elle nous invite à suivre et à ses insoupçonnés et grisants changements de tonalité. Instillé de sensibles gammes pianistiques, d'un fin picking à la guitare acoustique et d'une basse caressante, conjointement inoculée d'un refrain immersif à souhait mise en habits de soie par les pénétrantes modulations de la maîtresse de cérémonie, la ''xandrienne'' aubade ne saurait être éludée par le féru d'instants tamisés. Dans le sillage d'un Epica des premiers émois, « In Memories Together » se pose, elle, telle une ballade progressive pétrie d'élégance. romantique jusqu'au bout des ongles, la douce ritournelle n'en recèle pas moins une truculente montée en puissance du corps orchestral ; livrant en prime deux soli – l'un, sous l'égide d'un caressant piano ; le second, exhalant d'une lead guitare en furie, la soyeuse offrande n'aura pas tari d'armes pour asseoir sa défense et se jouer des nôtres !

En définitive, le combo bosnien nous livre une œuvre aussi pulsionnelle et solaire que complexe, dont on ne prendra la pleine mesure qu'au fil de plusieurs écoutes approfondies. Bénéficiant d'une ingénierie du son plutôt soignée, d'arrangements finement esquissés, d'arpèges d'accords savamment échafaudés et des plus enveloppants, cet opus se suit de bout en bout sans encombre. D'aucuns, pour se sustenter, auraient peut-être souhaité davantage de variété en matière d'exercices de style et des sources d'influence mieux digérées qu'elles n'apparaissent. Fort d'une technicité instrumentale maîtrisée, d'une signature vocale aisément identifiable et des plus ensorcelantes, et de quelques prises de risques consenties, l'inspiré quintet reposerait néanmoins sur de solides assises, lui autorisant dès lors l'accès au rang de sérieux espoir de cet espace metal. Bref, un premier élan à la fois magmatique, intrigant et romanesque, annonciateur d'une aventure au long cours pour nos acolytes...

Note : 14,5/20

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