Quand on regarde de près le continent australien, rien ne laisse à penser que ce pays recèle pourtant de véritables pépites de la scène
Metal… Regardez par vous même!
Psycroptic, avec son Death Technique bourrin et ultra efficace, nous vient de Tasmanie. Deströyer
666, entité Black Thrash propre à K.K. Warslut (et qui avant, jouait dans
Bestial Warlust), nous venait de Melbourne avant de déménager à Eindhoven (aux Pays-Bas pour les nazes en géographie), de même pour
Abominator et son
Black Death furieux (mais qui lui, est resté en Australie)! Convaincus, ou bien? Vous en revoulez encore? Eh bien dans ce cas, je ne citerais pas
Pestilential Shadows et son Black aux relents mélancoliques sublimes, ni même des tarés déjantés de
Sadistik Exekution…
Le groupe auquel on va s’intéresser aujourd’hui se nomme
Sorathian Dawn, petit jeunot prometteur de la scène Black (formé en 2009). A l’instar de la plupart des groupes, on ne se retrouve pas avec une pelleté de démos sorties en un temps record, mais directement avec un album, éponyme qui plus est. Simple, efficace, direct, le trio de Sydney ne semble pas vouloir perdre de temps. Oui, j’ai bien dit trio. Voyez plutôt : à la guitare et au chant, Shea Cramer, officiant également dans le groupe de Death Mélodique
Bane Of Isildur; à la basse et aux backing, Michael Conti; et enfin à la batterie, David Horgan. Je pense qu’il est utile de préciser que ces deux derniers jouent dans l’étoile montante du Death Thrash Australien se nommant
Ouroboros. Les présentations étant faites, approchons nous alors de la bête…
Selon les dires de Shea, le terme Sorathian fait référence au principe solaire de la voie de la Main Gauche, à l’essence même du
Soleil Noir. Petit rappel pour les absents, qu’est ce que la voie de la Main Gauche? En réalité, celle ci est utilisée avec son homologue, la voie de la Main Droite et toutes deux se réfèrent à une dualité entre deux types distincts de religion. La voie de la Main Droite a pour lignes de conduite des sens moraux très stricts (entre autre), alors que la voie de la Main Gauche a pour finalisation l’accomplissement de buts personnels. Cette dernière est souvent utilisée à tort pour désigner une religion dite « illégitime », voire « immorale », usitée pour la première fois par Helena Blavatsky, l’une des membres fondateurs de La Société Théosophique. Il me reste à préciser ce que l’on trouve comme religions dans cette voie de la Main gauche : le Luciférisme, le Satanisme, le Sethianisme, ou encore la Magie Du Chaos. Arrêtons-nous là pour le cours d’histoire et de culture générale.
Le groupe s’éloigne des clichés et des stéréotypes du Black classique, celui ci abordant le thème de la Magie du Chaos Noire au lieu des habituels appels à aimer
Satan et la Bête Cornue. Intéressons maintenant de quelle manière le groupe a décidé d’aborder son sujet. Après le fond, laissons place à la forme.
Quoi de plus normal, pour aborder le thème occulte de la Magie Noire, que d’utiliser le Black… Seulement,
Sorathian Dawn n’est pas du genre à copier ces énièmes groupes de Black qui parsèment le monde, et qui au final se ressemblent tous… Au pire, bien que le groupe ne balance pas quelque chose de franchement original, il a le mérite de bien le faire et de nous gratifier d’éléments Death du plus bel effet! Le groupe a eu la bonne idée de laisser les parties Death instrumentales, sans aucune pose de chant. Ce qui laisse le plaisir de les savourer, car elles sont ô combien délicieuses. Que dire de la gratte lors du titre d’introduction Ascension
Into Darkness, aux forts accents Suédois, qui met tout de suite dans la bain?
Fort de cohérence, le trio mélange avec maestria un Black fort, puissant, très riche musicalement, à des éléments Death. Certains passages me font même penser à du
Dissection (…and the World Was
Washed in Black, Invocation of Promethian
Fire), c’est pour dire! Le groupe n’oublie pas cependant de balancer des riffs mélodiques à souhait (le couple basse/riff mélo dans Enter
Armageddon est tout simplement une bouffée d’air frais et jouissif, …and the World Was
Washed in Black, Crowned in Angels’ Corpses et son léger côté arabisant), et de nous balancer une petite intro acoustique (Enter
Armageddon, qui enchaine directement sur une violence assez démentielle…), qui permet de souffler un peu dans ce déluge de haine et d’incantations…
Avant que j’oublie, les éléments Death, ne sont là que lors des breaks (Anthems Of
Annihilation, avec son gimmick entêtant et son riff absolument headbangant, tout comme
Born in the
Blood of
Kings, ou encore
Venom Of Typhonian Might, …and the World Was
Washed in Black, Crowned in Angels’ Corpses et son final dantesque, et cette rapidité sur Enter
Armageddon..), et sont juste présents pour vous rappeler que
Sorathian Dawn est désormais à vos portes, et qu’ils sont bien décidés à dominer la planète… Mention spéciale à Invocation of Promethian
Fire, qui est la chanson la plus Black de l’album (bien que
Born in the
Blood of
Kings est pas mal dans son genre non plus..), et la plus « Dissectionnienne » également, avec son petit riff faisant penser à
Night’s
Blood par endroit, et son break fracassant.
Au final, l’Australie n’aura finalement jamais son dernier mot à dire, pas mal de groupes tirant leur épingle de ce vaste jeu qu’est la scène
Metal :
Sorathian Dawn fait partie de ceux-là. Mélanger un son très « Swedish » avec un Black teinté de mélodies, voilà qui n’est pas pour me déplaire! Un excellent cru, qui prouve que le pays de Crocodile Dundee a de la ressource, et pas qu’à moitié…
La note du gaillard : un 17/20, parce que la perfection n’existe pas… Et un grand merci à Shea Cramer pour les quelques précisions qu’il a pu m’apporter.
« This world is dead, and all hail
Sorathian Dawn. Open the gates of
Hell, we destroy and conquer all »
Chronique également visible sur : http://www.metalphizik.com/
Par contre, tu veux certainement dire que la scène australienne "n'a jamais dit son dernier mot", et en celà, tu fais un amalgame avec l'expression "ne pas avoir son mot à dire", qui signifie au contraire le fait de ne pas avoir l'autorisation, les moyens (ou ici, en l'occurrence, le potentiel) de s'exprimer!
Chro trés agréable à lire.Merci.
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