Si parler de l'Allemagne hardcore évoque immanquablement à certains
Ryker's, il y a fort à parier que le nom de
Spermbirds ne rappelle aujourd'hui malheureusement plus grand chose à qui que soit. Et pourtant, faut il rappeler que les alcooliques de
Tankard ont repris sur leur album
The Morning After (par ailleurs excellent) la très punky Try
Again? si cela n'est pas un gage de qualité...
Formé en 1982 à Kaiserslautern, au pays de la bonne bière et de la saucisse qui va avec (Mmm...attention aux mauvaises allusions...),
Spermbirds s'articule autour de Lee Hobson Hollis, Mattias Götte, Frank Rahm, Roger Ingenthron et Markus Weilemann. Puisant ses influences majoritairement dans le punk hardcore américain,
Minor Threat,
Black Flag et évidement
Dead Kennedys(ce qui s'explique notamment par le fait qu'Hollis était un ancien G.I stationné en Allemagne, yes sir, to your orders sir!),
Spermbirds débarque en 1986, avec son premier album,
Something to Prove, édité chez We Bite, jeune label allemand indépendant. Contestataire, rapide, furieux et surtout marqué du sceau des jeunes années. Voilà ce qu'on retiendra en premier lieu de cet album. Mais ne retenir que cela serait occulter la capacité des jeunes allemands à proposer un punk hardcore de qualité (si, si), aux accents mélodiques marqués mais pas niais et aux riffs variés.
Dès
Something to Prove, les
Spermbirds ne font pas dans la demi mesure ; guitare qui s'approche sournoisement, break d'intro, un "Go!" et Vlan in your face. Sur des rythmiques lancées à cent à l'heure, les allemands balancent ainsi leur punk hardcore aux relents thrashy à l'aide de structures simples tel What A
Bitch Is ne durant guère plus qu'une minute où Lee Hobston Hollis s'égosille à en perdre la voix, débitant des propos on ne peut plus misogynes. Les propos sexistes étant d'ailleurs la marque de fabrique des
Spermbirds.
Mais, contrairement à ce que l'on est souvent tenté de penser (et moi le premier), agressivité et sens de la mélodie en matière de punk hardcore peuvent parfois faire bon ménage. Et ce n'est pas You're Not A Punk et ses solos électrifiants qui me contrediront. Tout comme Playboy Suscriber d'ailleurs, sur laquelle le groupe se permet une intro Ska jazzy délirante. Preuve que les allemands sont capables de diversifier leur musique au risque parfois de déconcerter totalement l'auditeur, lui qui n'attendait qu'une décharge vindicative de notes furieuses.
Cependant tout rentre très vite dans l'ordre avec les
Kill Me Quick, What Do You Want ou la très culte Americans Are Cool (bullshits!) et son intro chevaleresque, véritables défouloirs, où, basse cavalière, chant rageur et batterie sauvage vont de concert pour faire de cet album une véritable machine à pogos.
Les puristes nourris à coup de
Discharge et autres Chaos UK regretteront en revanche un chant parfois nasillard, jeunesse oblige et des mélodies omniprésentes et, rajouté à cela, la force de frappe un peu légère de Beppo ( Matthias Götte). Cependant la rage, toute juvénile soit elle, qu'insuffle Hollis et ses hurlements complètement déjantés, l'aspect varié de leur punk et cette vitesse folle gomment aisément ce que l'on serait tenté d'appeler des défauts. Le tout dans une ambiance bon enfant.
S'inscrivant dans la lignée des
Out Of Step (
Minor Threat) Fresh Fruit For
Rotten Vegetables (
Dead Kennedys) et autres
The Crew (
7 Seconds) et dégageant une bonhomie certaine,
Something to Prove est avant tout destiné aux fans de punk hardcore ensoleillé et délirant .
Et comme ils le disent si bien, My
God Rides A Skateboard.
Barback
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