En Lituanie, il existe très peu de groupes, et ceux qui officient dans le death metal se comptent sur les doigts de la main. Les pays baltes ne semblent pas très enclins à jouer dans ce style de musique et pourtant, il y a bel et bien des formations qui tentent de se mettre en avant, en dépit des préférences des uns et des autres.
Originaire de Vilnius,
Awakening Sun est fondé très récemment par Ernestas, désireux de développer ses idées à plus grande échelle. Finies donc les mélodies composées dans son salon ainsi que les bribes d'idées. Le jeune multi instrumentiste s'accroche à ses rêves et s'entoure de musiciens pour enfin compléter son line up au mois d'août dernier et jouer au
Metal Music Festival « Giedfest » dans le même temps. Ce n'est qu'en automne 2011 que le processus s'accélère.
Le
Phoenix Studio accueille le quatuor pour seulement neuf jours d'enregistrement et met au monde ce premier album, «
Sold Out ». Si la très bonne production permet à Ernestas de signer un coup de maître, la qualité des compositions en apporte un autre.
Awakening Sun, comme l'indique son nom, ne fait pas dans le morbide ou le spirituel mais s'embarque dans quelque chose de dramatique et de pré-apocalyptique. Sans doute soumis à l'influence
2012 pesant sur nous tous depuis quelques années, le jeune homme nous offre un concept très pessimiste basé sur la destruction de la Terre et notre annihilation. Le soleil en est quelque peu le responsable, ainsi que le réchauffement climatique, la destruction de la couche d'ozone ou le réveil des volcans. Les actions de l'homme font aussi partie de cet engrenage maléfique, leurs désirs et rêves ne devenant plus que des illusions.
Ernestas et son groupe essaient donc de nous désillusionner avec un opus lourd et à l'atmosphère pesante. Tout est fait dans la délicatesse et une certaine finesse, car l'agressivité n'est pas réellement au rendez-vous. Les morceaux sont particulièrement lents, sans non plus atteindre les caractéristiques du doom. Toutefois, cet aspect « mou » peut d'un côté renforcer le concept, mais d'un autre côté, il peut être le vecteur d'un certain ennui ou de certains passages à vide. Manque de punch oblige, les dix titres n'emballent pas plus que ça, même si un «
Brutal War » ou un « Own
Master » restent mélodiques et écrasants avec leur rythmique imposante.
Presque chaque titre comporte son solo et sa sauce bien perturbante. « Tomorrow Might
Never Come » embarque l'auditeur dans un océan de désespoir et de lucidité grâce à des riffs maîtrisés et hypnotiques et un growl bien grave, bien que trop peu modulé. «
No More Blood » rappelle le melo death suédois avec sa rythmique bien caractéristique, proche des
In Flames fin 90-début 2000. Bien sûr, la prise de risque n'est pas des plus conséquentes, sachant que les guitares restent traditionnelles, tout en imposant ce côté vraiment lourd et pesant. Cependant, «
Chimera » propose une facette plus progressive et plus variée, avec des breaks mélancoliques, une voix saturée et parfois un déferlement de riffs à l'efficacité contagieuse.
On aurait pu, finalement, se rapprocher des Néo-Zélandais d'
Ulcerate sur leur dernier opus dans cette façon de coupler les atmosphères froides à des riffs très tranchants, mais il manque cette fougue, ce côté tortueux et dérangé ainsi que de la technique. Ce qui n'empêche pas
Awakening Sun de nous faire un album tout ce qu'il y a de plus correct, bien que parfois linéaire et mou, mais avec une certaine identité tout de même.
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