Shrinebuilder, "allstar band" au partonyme plus qu'explicite (
Shrine = lieu saint), mais aussi pari ambitieux.
A première vue la collaboration entre Scott Kelly (chant et guitares/
Neurosis), Al Cisneros (chant et basse/Om,
Sleep), Scott "
Wino" Weinrich (chant et guitare/
The Obsessed, St Vitus) et Dale Crover (batterie/Melvins) aurait pu déboucher sur du grand n'importe quoi, à savoir un patchwork de leurs groupes respectifs (qui a dit que je pensais à
Kingdom of
Sorrow?).
Mais ces Américains ont plus d'un tour dans leur sac. En effet, si
Shrinebuilder peut, à la première écoute, sembler assez prévisible et peu original, l'alchimie prend d'elle même.
Oui il est facile de repérer qui a pondu quel riff, pour peu qu'on soit familier des groupes pré-cités. Mais force est de constater que l'unité est bien là, cimentée par une production béton, claire et en même temps crépitante.
Chaque morceau est une pépite (
Solar Benediction,
Pyramid of the
Moon, The
Architect sont les plus immédiates) où s'enchainent
Doom traditionnel, ronflements
Sludge, et hypnoses psychédéliques Omesques.
Trois types d'ambiances, 3 voix. Celle de
Wino est plaintive et épique, Kelly beugle comme à son accoutumé tout en murmurant/susurrant parfois, et Cisneros nous parvient d'une autre dimension spirituelle.
Le jeu de batterie est quant à lui assez complexe (qui a dit Melvins?) et se joint parfaitement aux autres instruments pour créer cette atmosphère séculaire et intemporelle.
Au final,
Shrinebuilder est lourd, épique, et spirituel à la fois (tiens tiens, 3 adjectifs qui correspondent parfaitement à nos musiciens chanteurs), pour un disque varié et aéré, plutôt facile d'accès pour l'oreille entraînée, mais néanmoins assez complexe, et qui laisse présager quelque chose de très grand.
N'essayez pas de résister, vous rejoindrez bientôt les autres fidèles dans le temple (oui monsieur, celui de la pochette...vous aimez les serpents j'espère?)!
Super album . Merci pour la chronique
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